Lunéville : le Samu ne se déplace pas, une patiente décède devant les urgences

Publié le 13 Mai 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Ce n’est pas la première fois qu’une patiente fait les frais des mégardes du Samu. A 56 ans, Maryse Rabah-Otmani est décédée devant l’hôpital de Lunéville, alors que le personnel hospitalier n’avait pas jugé nécessaire de se déplacer pour la chercher.
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Le 14 mars dernier, Maryse Rabah-Otmani, une mère de famille de 56 ans, est hospitalisée à la clinique Jeanne-d’Arc de Lunéville (Meurthe et Moselle) pour une ablation de la vésicule biliaire. A priori, l’intervention se déroule sans complication. La patiente est autorisée à regagner son domicile dans la journée, précise France 3 Grand Est.

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Mais 4 jours plus tard, son état se dégrade : Maryse souffre de nausées et sent ses forces la quitter. La mère de famille finit par alerter le 15. Le Samu l’invite alors à se rendre à l’hôpital par ses propres moyens. Véhiculée en voiture par une proche, Maryse rend son dernier souffle devant le sas des urgences lunévilloises.

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Après une plainte déposée par la famille, l’Agence régionale de santé ainsi que la justice ont ouvert une enquête. Ce vendredi 10 mai, le procureur de la République de Nancy estime qu’il est encore trop tôt pour qualifier ce drame d’homicide.

La famille de Maryse s’interroge sur la prise en charge par le Samu

L’enquête n’est encore qu’à son début. « Nous avons ouvert une procédure d’enquête pour rechercher les causes de la mort et non pour homicide involontaire, déclare François Pérain, le procureur en charge de l’affaire.

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Nous n’avons pas reçu le rapport de l’Institut Médico-légal (IML) de Strasbourg, et je ne sais pas dans quel délai il nous sera adressé. Ce n’est qu’une fois ce rapport déposé – qui n’est pas le rapport d’autopsie- que nous pourrons, au regard des conclusions ouvrir éventuellement une procédure du chef d’homicide involontaire ».

Il faudra donc beaucoup de courage et de patience à la famille de la victime avant d’avoir des réponses. Les proches s’interrogent grandement sur le choix de l’intervention proposée par le Samu. « Peut-être n’en serait-on pas là si une ambulance était venue », exprime l’un des enfants de Maryse.

La procédure a été respectée selon le Samu

Interrogé vendredi dernier, le service d’urgence de l’hôpital Jeanne-d’Arc ne semble pas remettre en question son intervention : « La procédure a été respectée et nous ne ferons pas plus de commentaires ».

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En effet, les éléments du dossier précisent que l’interrogatoire médical avait bien été effectué par l’opératrice téléphonique du Samu. De plus, la famille avait accepté de se rendre aux urgences avec Maryse par leurs propres moyens. Un drame qui n’est pas sans rappeler le décès de Naomie Musenga en décembre 2018 qui avait indigné la France entière. Cette jeune fille n’avait pas été prise au sérieux par le Samu et était décédée à son domicile.

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