"Le Divan des médecins": ils violent leur serment sur Facebook et humilient leurs patients

Une atteinte 'gravissime' aux droits fondamentaux des patients. Un groupé privé, baptisé sur Facebook "le Divan des médecins", réunissant plus de 11 000 praticiens, fait polémique. Ces derniers y partageaient des photos et propos outrageants et pénalement répréhensibles. Moqueries sur le physique de leurs patients, remarques sexistes, homophobes et grossophobes et sondages indécents. L’Ordre des médecins vient de lancer une analyse juridique.

C’est l’Obs qui vient de révéler le contenu effarant de cette page Facebook. Derrière "le Divan des médecins", groupe censé favoriser l’entraide entre confrères, se cache en fait un forum immoral ou règnent humiliations, moqueries et commentaires obscènes sur leur patientèle. Plus effroyable encore : on découvre des photos des patients relayés par leurs médecins sur la page Facebook, suivies de commentaires et jeux de mots grossiers et injurieux.

Remarques sexistes, homophobes, moqueries sur les pauvres ou les personnes en surpoids

Créé en 2017, le Divan des médecins avait vocation à réunir plusieurs praticiens afin d’échanger sur leur métier et de partager des conseils pour mieux exercer. "Discussion ouverte à tout médecin francophone, diplômé ou étudiant, peut-on lire sur la présentation de la page Facebook. Tout ce qui se rapporte à la profession a vocation à être discuté dans ce cadre confraternel, bien évidemment dans le respect de chacun, le respect du secret médical et la confidentialité des publications", lit-on sur la présentation.

Mais les choses ont pour le moins dérapé. Sous les publications, les médecins humilient ouvertement leurs patients. Remarques sexistes, homophobes, moqueries sur les pauvres ou les personnes en surpoids… Les commentaires vont bon train et tout le monde y passe visiblement.

Les choses ne vont pas en rester là. L’Ordre des Médecins vient de procéder à une analyse juridique.

Les droits fondamentaux des patients bafoués

"Au-delà de l’aspect abject des propos tenus par des soignants (dont le métier, nous le rappelons est de "prendre soin"), nous soulignerons ici comment ces praticiens ont, en toute impunité, bafoué des droits fondamentaux reconnus par la loi et sont susceptibles d’encourir des sanctions disciplinaires et pénales", clame France Asso Santé (organisation de référence pour représenter les patients et les usagers du système de santé et défendre leurs intérêts).

"Quand les seins tombent comme ça, je refuse de les voir en consultation"

En effet, les membres du groupe ont régulièrement publié des photos de leurs patients, à des fins d’aide au diagnostic. Or, un rapide coup d’œil sur certaines de ces publications ne laisse pourtant aucun doute quant au caractère peu professionnel de la démarche, laisse entendre l’association de patients.

"Quand les seins tombent comme ça, je refuse généralement de les voir en consultation", peut-on lire dans les commentaires d’une photo dévoilant le décolleté d’une patiente.

"Syndrome de la fellation vigoureuse ?", plaisante un autre médecin, membre du groupe, sous une publication demandant un avis pour le cas d’un enfant de 7 ans, partiellement reconnaissable sur la photo, et atteint d’une mini-hémorragie sur son palais.

"Elle a des seins partout", écrit un autre en commentaire sous un cliché d’une patiente en surpoids.

"Bon ben là… pas très sexy je reconnais, partage un médecin. On me demande de vérifier si une phlébite ne se cache pas entre les plis ! Heureusement, j’avais un peu d’avance en consultation". "Voilà pourquoi on parle de vocation", ose rétorquer un de ces confrères.

Les exemples sont encore nombreux. "De multiples atteintes aux droits des patients et à leur dignité, ainsi que des violations caractérisées du secret professionnel, de la vie privée", s’insurge France Asso Santé.

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Source(s):

"Quand les seins tombent, je refuse la consultation". Sur Facebook, des médecins violent leur serment, l'Obs, 5 janvier 2020

Le "divan gate" ou quand des médecins exposent et stigmatisent leurs patients sur les réseaux sociaux, France Asso Santé, 9 janvier 2020