Chirurgien pédophile : il viole sa patiente après l’avoir opérée de l’appendicite

Le Dr Joël Le Scouarnec est considéré comme l’un des plus grands prédateurs sexuels du siècle. Chirurgien digestif, il sera jugé en 2020 pour viols, commis sur plusieurs fillettes hospitalisées. Au total, 250 potentielles victimes ont été identifiées et 184 plaintes ont déjà été déposées. L’une d’elle raconte avoir été violée après une opération de l’appendice.

Cette histoire hors-norme pourrait bien être l’affaire de pédophilie la plus importante, jamais vue en France. Le Dr Joël Le Scouarnec, chirurgien digestif en Charente-Maritime, est incarcéré depuis mai 2017 et doit être jugé début 2020 pour agressions sexuelles et viols commis sur de nombreuses jeunes patientes.

Selon un récent communiqué de Laurent Zuchowics, procureur de la République de La Rochelle, 250 potentielles victimes ont été identifiées, parmi lesquelles 209 ont pu être auditionnées. En outre, 184 plaintes visent actuellement le chirurgien. Ce dernier avait déjà été condamné en 2005 à Vannes dans le Morbihan pour détention d’images à caractère pédopornographique.

L’une des nombreuses victimes, Amélie Lévêque-Merle, âgée de 9 ans au moment des faits, raconte avoir été violée par le Dr Le Scouarnec après une opération de l’appendicite, dans une interview accordée au Parisien.

C’est en suivant l’affaire dans la presse qu’elle comprend sa phobie des vaccins

"Depuis plusieurs années, j’avais un mal-être, une phobie des piqûres, des vaccins et généralement un malaise avec le monde médical", raconte Amélie Lévêque-Merle, aujourd’hui âgée de 37 ans et domiciliée en Indre-et-Loire. C’est en suivant l’affaire dans la presse qu’elle fait le lien avec ses angoisses. "J’ai compris qu’il avait exercé à la clinique où j’avais été opérée, ça a été une évidence".

Amélie décide alors de se tourner vers son médecin traitant pour consulter son dossier médical. Ce dernier est formel : la jeune femme a bien été opérée de l’appendicite en 1991 à Loche…par le Dr Joël Le Scouarnec.

Amélie entre alors en contact avec Me Francesca Satta, avocate en droit pénal (Barreau de Saintes et Bordeaux), qui représente toutes les victimes du chirurgien. Grâce à elle, Amélie voit ses doutes se confirmer : son nom figure aussi dans les carnets dans lesquels Joël Le Scouarnec relatait ses agressions.

"J’étais sans défense, mes parents avaient toute confiance dans ce médecin"

En 1991, Amélie a été opérée de l’appendicite alors qu’elle avait 9 ans. C’est en sortant du bloc opératoire qu’elle aurait été abusée par le praticien. "J’étais sans défense, mes parents avaient toute confiance dans ce médecin, c’est ça qui est dur", déplore-t-elle.

Comme de nombreuses victimes, Amélie avait complètement refoulé ses souvenirs. Elle parvient à se remémorer son agression grâce à des séances d'hypnose. Désormais, elle a des flashs et visualise la scène.

Amélie a pu prendre connaissance du carnet, que tenait son bourreau. "Je ne voulais pas connaître tous les détails écrits sur moi, mais il évoque des regards sur mon intimité, de choses lourdes de sens", explique-t-elle.

En déposant plainte, Amélie a pu être considérée comme victime. "C'est un sentiment étrange, poursuit l'ancienne patiente. C'est une horreur d'être consignée dans ces carnets, mais grâce à eux, j'aurai sans doute la chance que l'homme qui m'a agressé soit jugé".

"Ces enfants étaient réveillés quand je commettais ces actes"

En mai 2017, une perquisition avait été menée au domicile du médecin, situé à Jonzac (Charente-Maritime). Des images pédopornographiques, des poupées cachées sous les lattes du plancher, des perruques ainsi que des carnets contenant près de 200 noms d’enfants ont été retrouvés.

Joël Le Scouarnec y relatait les détails sordides de ses perversions sexuelles. Les titres parlent d’eux même : "avec mes petites danseuses, mes lettres pédophiles, petite fille précoce, petites filles de l’île de Ré"…

Lors d’un interrogatoire, le chirurgien avait avoué certaines agressions, commises notamment lorsqu’il exerçait à Loches (Tourraine) : sur ses nièces, sur une voisine et sur des enfants hospitalisés dans son service.

"Elles avaient 7, 8 et 9 ans. Ces enfants étaient réveillées quand je commettais ces actes. C’était après l’opération, alors qu’elles étaient alitées", a livré Joël Le Scouarnec au juge d’instruction.

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