Covid-19 : un entrepôt réfrigéré de Rungis transformé en morgue

Un entrepôt réfrigéré du marché de Rungis a été réquisitionné par la préfecture de Paris pour en faire une morgue de fortune face à la surmortalité provoquée par le Covid-19. Face à la mortalité hors normes causée par la canicule, une telle procédure avait déjà été mise en place en 2003.
Covid-19 : un entrepôt réfrigéré de Rungis transformé en morgueIstock
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Face à la surmortalité due à l'épidémie de Covid-1 9, un entrepôt du Marché de Rungis dans le Val-de-Marne (94) a été réquisitionné mercredi 1er avril 2020 par le préfet de police de la zone de défense et de sécurité d'Île-de-France.

Une morgue de fortune pour accueillir l'excès de dépouilles

L'entrepôt doit être utilisé pour en faire une morgue selon la Semmaris, entreprise gestionnaire du marché de Rungis, afin de permettre de soulager les services funéraires régionaux et d'accueillir l'excès des dépouilles.

L'Ile-de-France est actuellement la région de l'hexagone la plus touchée sachant que pour l'heure, seul le nombre de décès en hôpitaux et en Ehpad nous est communiqué. Les personnes décédées à leur domicile ne sont pas, pour le moment, comptabilisées dans les chiffres qu'indique chaque soir par la Direction générale de la Santé...

Le hangar est en cours d'aménagement par les services de pompes funèbres depuis jeudi 2 avril, selon les informations du Parisien qui évoque une capacité d'accueil de 800 à 1 000 cercueils.

Cette morgue de fortune est située "dans un hall excentré et isolé des autres pavillons" et "permettra de conserver dans les conditions les plus dignes et acceptables du point de vue sanitaire, les cercueils des défunts dans l'attente de leur inhumation ou crémation, en France ou à l'étranger", selon la préfecture. Les premiers cercueils devraient y être acheminés dès vendredi pour que les proches puissent y avoir accès à compter de lundi.

"Mise en bière immédiate (...) toilette mortuaire interdite"

"Les défunts atteints ou probablement atteints du Covid-19 au moment de leur décès font l'objet d'une mise en bière immédiate et la pratique de la toilette mortuaire est interdite pour ces défunts", selon un décret publié le 1er avril sur Légifrance.

“Ce sont des mesures appliquées en cas de maladies très infectieuses comme la peste, le choléra ou la rage, qu’on ne voit jamais”, explique Didier Kahlouche, co-président de la Confédération des Pompes Funèbres et de la Marbrerie (CPFM). Et de préciser : “Dans le cas d’un décès à l’hôpital du Covid-19, le corps est identifié par le personnel médical et la famille ne peut pas le voir avant qu’il ne soit inhumé ou incinéré”.

Une étude parue le 11 mars 2020 dans The Lancet a conclu à la contagiosité particulièrement inquiétante du Covid-19. Le rapport basé sur des cas dans deux hôpitaux de Wuhan, en Chine avaient conclu que les malades étaient tous contagieux jusqu'à leur décès... Par ailleurs "Les coronavirus survivent probablement jusqu'à 3 heures sur des surfaces inertes sèches et jusqu'à 6 jours en milieu humide. Ainsi, la transmission manuportée à partir de l'environnement ou du patient est possible. Et la manipulation d'un corps peut exposer le personnel le manipulant à des germes à transmission aérienne", détaillait déjà le HCSP (Haut Conseil de la Santé publique), dès le 24 mars 2020.

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