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La schizophrénie est une maladie psychiatrique de la famille des psychoses, qui se caractérise par "des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du langage, du sentiment de soi et du comportement", indique l'Organisation mondiale de la Santé. Elle concerne plus de 23 millions de personnes à travers le monde et 600 000 en France. Les hommes sont plus fréquemment touchés que les femmes.

Le terme, en lui-même, a été employé pour la première fois en 1901 par le scientifique Bleuler. En latin “schizo” signifie “diviser” et “phrénie”, “esprit”. Cette maladie mentale apparaît le plus souvent à l’adolescence, suite à un épisode psychotique inaugural, et peut durer toute une vie. Elle est classée par l’OMS comme l’une des 10 maladies qui invalident le plus parce qu’elle entraîne souvent l’isolement total des patients. Medisite fait le point sur ses symptômes, que l'on peut séparer en trois catégories :

  • les symptômes productifs (ou positifs) ;
  • les symptômes déficitaires (ou négatifs) ;
  • les symptômes dissociatifs.

Les hallucinations et les délires

Les délires et les hallucinations font partie des symptômes dits "productifs" de la schizophrénie. Ce sont aussi les plus impressionnants.

Les délires sont définis par l'OMS comme des "convictions fixes, fausses ou des suspicions qui ne sont partagées par personne d’autre dans la culture du sujet et qui sont inébranlables malgré l’existence de preuves contraires". Concrètement, ils peuvent se traduire par un sentiment de persécution (une paranoïa), une mégalomanie et des idées invraisemblables ou excentriques.

Dans leurs crises délirantes, les schizophrènes peuvent avoir des hallucinations, c'est-à-dire des perceptions auditives, visuelles ou sensorielles (olfactives, tactiles ou gustatives) qui ne sont associées à aucun objet réel. Les plus fréquentes sont les hallucinations auditives : autrement dit, le patient entend des sons ou des voix qui n'existent pas, et qui semblent provenir de l'intérieur ou de l'extérieur de leur tête. “Le sujet ne les reconnaît pas, il les attribue à un autre”, explique Bernard Granger dans son livre La schizophrénie (éditions Le Cavalier Bleu).

Le malade se sent épié, moqué, constamment observé par ces voix, qui l’empêchent de penser correctement. Pour Freud, ces hallucinations seraient un mécanisme de défense. Il attribue à ces voix des qualités ou des défauts que le patient rejette.

Le schizophrène est convaincu de ses délires

La conviction est la principale caractéristique d’un délire schizophrène. Démontrer l’absurdité de son délire ne le fera pas changer d’avis. Si la maladie est dite “progressive” les délires sont discrets. Si elle est “brutale”, les délires sont agités et se manifestent sous forme de mégalomanie, d’hypocondrie, d’impression d’avoir des superpouvoirs ou de paranoïa.

Ils peuvent pousser le malade à des gestes désespérés, comme le suicide ou l’automutilation. Certains psychologues pensent que ces délires seraient un mécanisme pour oublier les angoisses qui occupent sans arrêt la tête des malades.

La désorganisation de la pensée et de la parole

La schizophrénie se traduit également par des symptômes dissociatifs. Ceux-ci "correspondent à une désorganisation de la pensée, des paroles, des émotions et des comportements corporels", détaille l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). On croit à tort que cette maladie psychiatrique implique un dédoublement de la personnalité. En réalité, c’est l’esprit qui éprouve des difficultés à rassembler les idées, qui se brouille et empêche un comportement cohérent.

Concrètement, cela se traduit par des pensées et un discours illogiques, peu cohérents. Mais aussi des difficultés à se concentrer, à mémoriser, à comprendre ou même à planifier des tâches simples, "comme faire son travail ou des courses". On comprend donc pourquoi cette maladie est très handicapante dans la vie de tous les jours.

Les pensées du patient schizophrène peuvent changeantes et ambivalentes. “Tantôt tout semble dangereux, tantôt le patient se met en péril”, explique Bernard Granger. Selon Emil Kraepelin, fondateur de la psychiatrie, ces symptômes seraient dus à une détérioration cognitive entraînant des pertes de vigilance, des troubles de la mémoire et de raisonnement.

Le schizophrène peut inventer des mots

S'ils ne sont pas présents chez tous les patients, des troubles du langage peuvent toutefois se manifester. Les schizophrènes n’utilisent pas le langage pour communiquer, mais pour se créer un monde dans lequel ils s’échappent de la réalité.

Plus les troubles sont marqués, plus les malades ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Ils peuvent inventer des mots, leur donner un sens différent ou assembler des syllabes. Ils sont également très distraits et décrochent très rapidement d’un sujet de conversation, voire s’arrêtent de parler en plein milieu d’une phrase.

L’isolement social

Enfin, la schizophrénie entraîne des symptômes dits "déficitaires". Ces derniers "correspondent à un appauvrissement affectif et émotionnel", selon l'Inserm. L'isolement social est le plus marquant. "Le patient se met en retrait et s’isole progressivement de son cercle familial, amical et social. Il communique moins, présente une volonté limitée et manifeste une émotivité réduite".

Si les signes “positifs” (délires, hallucinations) sont associés à une forme de créativité de l’esprit, les symptômes négatifs sont plutôt liés à une passivité. Selon Bernard Granger, les patients ressentent “des difficultés à s’engager dans un monde qui leur semble hostile”.

Un malade “ne comprend pas pourquoi il faut chaque jour s’habiller ou courir au travail, faire les courses, le repas, il manque d’énergie et d’initiative” explique-t-il. Peu à peu, il se désintéresse des autres et du monde qui l'entoure, sa volonté faiblit, son état se rapproche de l'apathie. Des signes qui ne sont pas sans rappeler ceux de la dépression.

Quels sont les traitements de la schizophrénie ?

Bernard Granger, professeur en psychologie, explique que la schizophrénie peut être soignée. Cette prise en charge est globale et multidisciplinaire : elle passe notamment par un traitement médicamenteux associé à une réhabilitation psychosociale.

"Sur le plan médicamenteux, le traitement de première intention repose sur un antipsychotique de 2e génération", explique l'Inserm. Ces derniers permettent de freiner les délires, mais ils peuvent entraîner de nombreux effets secondaires. C'est pourquoi leur administration doit être accompagnée par un médecin et "instaurée progressivement jusqu'à l'atteinte d'une dose efficace".

De son côté, l'approche psychosociale repose sur des entretiens individuels avec un professionnel de santé (un psychologue, par exemple), des thérapies cognitivo-comportementales, des séances de cognition sociale ou d'ergothérapie, une éducation thérapeutique du patient, mais aussi la sensibilisation de son entourage.

D'après le Pr Granger, l’insertion professionnelle est également cruciale, car elle permet au schizophrène de se sentir comme les autres, tout en étant soutenu par sa famille. Enfin, il est également important de prendre en charge les éventuelles dépendances du patient, associées à sa schizophrénie, et notamment la consommation de cannabis.

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Sources

"La schizophrénie", Bernard Granger et Jean Naudin, professeurs en psychologie à l’Université de Paris V. 

Schizophrénie, Organisation mondiale de la Santé. 

Schizophrénie, Inserm. 

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