Une étude, publiée dans la revue médicale internationale JAMA (Journal of the American Medical Association) en 2018, a permis d'identifier 12 symptômes cliniques permettan de poser un diagnostic précoce de psychose. Une liste d'autant plus importante que plus ce trouble est diagnostiqué tôt, meilleure est la prise en charge... Ce qui permet de retarder l'évolution de la maladie et d'éviter les suicides, fréquents chez les patients.

Pour l'élaborer, les chercheurs ont analysé 11 690 adultes psychotiques et 81 793 personnes témoins (sans psychose), âgés de 9 ans et plus. Cela leur a permis de mettre en évidence leurs symptômes communs.

Parmi eux, 12 signes cliniques à haut risque ont été retenus :

  • le comportement suicidaire (y compris l'automutilation) est le plus fréquent ;
  • le mal de gorge symptôme a la plus faible fréquence avec un diagnostic psychotique ;
  • la dépression (70 % des hommes et 85 % des femmes âgés de 35 à 44 ans) ;
  • les problèmes liés au tabagisme (35 % des hommes de 35 à 44 ans et 40 % des femmes âgées de 25 à 34 ans) ;
  • les attitudes obsessionnelles (22 % chez les hommes et 26 des femmes âgées de 45 à 54 ans) ;
  • le déficit de l'attention / symptômes de troubles comme l’hyperactivité ;
  • les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif ;
  • un comportement bizarre, affect émoussé ;
  • le trouble du comportement social ;
  • l’isolement social ;
  • les troubles de l'hygiène personnelle ;
  • les troubles du sommeil.

Les femmes seraient plus susceptibles de demander de l’aide que les hommes

Les résultats cliniques et sociaux de la psychose sont assez faibles. "Environ 25 % des personnes rechutent au cours des trois premières années de traitement et les symptômes résiduels sont fréquents", explique l’étude. Une "psychose traitée trop tardivement, c’est-à-dire le délai entre l'apparition du premier symptôme psychotique et son traitement par un spécialiste est un des premiers facteurs de risque. "Plus cette période est courte, plus les traitements sont efficaces", rappelle un des auteurs de l’étude.

Cependant, il a été observé dans des études antérieures que dans un premier temps, les malades se tourneraient principalement vers les médecins généralistes qui ne possèdent pas toutes les clés pour poser le bon diagnostic et orienter les patients vers les spécialistes. Certains résultats des recherches britanniques ont présenté une prépondérance des cas chez les femmes qui pourraient montrer qu'elles seraient plus susceptibles de demander de l’aide que les hommes.

Ces informations cliniques ont été établies pour aider les médecins généralistes dans la pose de diagnostic grâce aux symptômes associés à une psychose, telle que la schizophrénie. "Nos travaux indiquent que certains patients consultent leur médecin de soins primaires jusqu'à 5 ans avant le diagnostic, ce qui leur offre une longue fenêtre d'opportunité pour une référence précoce", conclut les scientifiques.

Schizophrénie : la double personnalité

Chez les personnes schizophrènes, la double personnalité fait partie des symptômes annonciateurs. Ce sont, en effet, les troubles qui apparaissent parmi les premiers et ils sont immédiatement très problématiques pour les malades puisqu’ils posent d’énormes difficultés de socialisation. La double personnalité est donc davantage un symptôme de la schizophrénie que la schizophrénie elle-même.

Il est difficile de définir précisément l’origine de la schizophrénie et de la double personnalité. Néanmoins, on sait qu’il existe un certain nombre de facteurs de risque psychosociaux tels que la pauvreté, des conditions de vie difficiles (notamment un profond déracinement par rapport à sa culture d’origine), des stress durant la grossesse, des traumatismes durant la petite enfance ou encore le fait d’être élevée par un parent schizophrène par exemple.

> Comparez votre mutuelle et augmentez le nombre de séances en médecine douce !

Sources

Association of Primary Care Consultation Patterns With Early Signs and Symptoms of Psychosis, JAMA, 30 novembre 2018

Vidéo : Voici comment entendent les personnes schizophrènes

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.