Chagrin d’amour, ennui, frustration : ces émotions qui donnent faim

Certifié par nos experts médicaux MedisiteCertaines émotions peuvent pousser à manger. Stress, ennui, solitude, déprime, peine de cœur… Dans ces moments difficiles, vous êtes nombreux à trouver un allié de taille dans votre assiette. On parle de faim émotionnelle. Quelles sont ces émotions qui creusent ? Pourquoi ? Et surtout, comment ne pas céder à la tentation ? Éclairage avec Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne.
Chagrin d’amour, ennui, frustration : ces emotions qui donnent faim

Rare sont ceux qui n’ont pas noyé leur chagrin d’amour dans un pot de glace au chocolat. C’est prouvé, certaines émotions négatives conduisent à manger, même si l’organisme n’a pas besoin de nourriture. L’explication ? Nos émotions modifient les signaux de faim et de satiété venant de notre corps. On parle alors de faim émotionnelle.

"Le mécanisme est simple : lorsque l’affect négatif nous envahit et impacte notre psychisme et nos comportements, nous cherchons une source de plaisir. Cette source à portée de main peut être la nourriture, qui viendra activer immédiatement notre circuit de la récompense par une libération de dopamine [aussi appelée molécule du plaisir, ndlr] ce qui viendra nous apaiser… momentanément !", nous explique Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne.

Tristesse, solitude, frustration : pourquoi se dirige-t-on vers des aliments gras et sucrés ?

"Au niveau cérébral, le système dopaminergique/mésolimbique participe principalement à la signalisation de la récompense et du plaisir, que l’on appelle plus communément ‘circuit de la récompense’. Parmi les stimuli qui activent ce système, figure la nourriture", poursuit la psychologue.

En effet, la sensation de plaisir suscitée par la prise alimentaire est associée à une libération de dopamine qui sera encore plus grande si l’aliment est gras ou sucré. Les aliments concentrés en sucre ou en graisses sont ainsi connus pour être consommés même en l’absence de sensation de faim !

"Rappelons que la dopamine est impliquée dans l’attention, la mémoire, le sommeil, la cognition… Elle est d’ailleurs appelée 'molécule du plaisir’ ", note encore Johanna Rozenblum.

"L'humeur ou l'état psychologique peuvent influencer ce qu'on mange"

Une personne qui vit une perte de contrôle sur le plan psychologique, de la frustration, de la tristesse ou de la colère sera également affectée sur le plan comportemental. "La relation entre alimentation et santé mentale serait d'ailleurs bidirectionnelle. Selon une étude parue en 2005, dans le Canadian journal of public health, les auteurs affirment que l'humeur ou l'état psychologique peuvent influencer ce qu'on mange, de même que les quantités consommées, tandis que l'alimentation influence également l'humeur et le bien-être psychologique", avance l’experte.

Découvrez à travers notre diaporama, ces émotions qui influencent directement notre alimentation.

Émotions négatives : comment ne pas craquer devant la nourriture ?

Selon Johanna Rozenblum, pour vaincre les compulsions alimentaires, il est conseillé de prendre le temps de s’interroger pour savoir si l’on ressent de la faim ou s’il s’agit d’un processus de compensation affectif. "Si le besoin n’est pas physiologique, la nourriture vient compenser une émotion négative qu’il faudra chercher à comprendre pour ne pas que le comportement de prise alimentaire compensatoire ne se chronicise", déclare la psychologue.

Avant de vous jeter sur la nourriture, la psychologue préconise de se poser les bonnes questions afin d’analyser la situation et se questionner sur le réel sens de son besoin de manger :

  • Ai-je vraiment faim ? De quoi ai-je envie ?
  • Est-ce que mon envie correspond à un besoin immédiat de consommer, ou puis-je différer la prise alimentaire ?
  • Si je n’ai pas faim, quelle vocation a ma prise alimentaire ? M’apaiser, me réconforter, me rassurer, me récompenser ?
  • Enfin, comment s’est passée ma journée ? Ai-je eu à traverser une situation ou un événement chargé émotionnellement ?

"En prenant soin d’identifier la situation dans laquelle on se trouve ou ce que l’on a eu à traverser durant les derniers jours, on apporte un outil de compréhension qui permettra soit de stopper le besoin de consommer, soit de manger mais en pleine conscience", détaille Johanna Rozenblum.

"Si l’on parvient à détourner son attention […], le besoin de manger s’estompera en quelques minutes"

Sachez enfin que "le craving", c'est-à-dire l’envie irrépressible de consommer ne dure pas longtemps. "Si l’on parvient à détourner son attention en sortant, ou en pratiquant une activité par exemple, le besoin de manger s’estompera en quelques minutes. Mais cela ne dispense pas d’un travail de compréhension autour de ce lien nourriture/émotion qui peut être engagé avec un psychologue spécialiste en trouble du comportement alimentaire (TCC)", conclue la psychologue.

Faites défiler notre diaporama et découvrez la liste des émotions qui peuvent générer un besoin de manger

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Source(s):

Merci à Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne