Trazodone : un risque important de fracture et de chute

Publié le 27 Novembre 2018 par Bénédicte Demmer, journaliste santé
Une nouvelle étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal, met en garde contre le trazodone, médicament de plus en plus prescrit en tant qu'alternative aux antipsychotiques en cas de troubles psychiatriques ou de démence ne devrait pas être considéré sans danger. 
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Faut-il se méfier du trazodone ? Face à l'augmentation du nombre de prescriptions de ce traitement antidépresseur dans le cadre de certains troubles psychiatriques ou chez les patients atteints de démence liée à la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, les chercheurs de l'hôpital St Michael à Toronto (Canada), ont souhaité en savoir plus sur le risques d'effets secondaires. Après 6 ans d'évaluation, les scientifiques avertissent sur un risque majoré de fractures des os et de chutes chez les patients qui prennent ce traitement.

Il ne faut pas cnosidérer le trazodone comme une alternative sans danger

Pour en arriver à cette conclusion, ils ont étudié les cas de 9 463 volontaires âgés de plus de 66 ans. Parmi eux 6 588 étaient sous trazodone et 2 587 prenaient un antipsychotique. Après avoir suivi les dossiers médicaux de tous les volontaires du 1er décembre 2009 jusqu'au 31 décembre 2015, les scientifiques ont remarqué que les taux de fractures liées à l'ostéoporose, de fractures des hanches et de chutes étaient similaires dans les deux groupes. En revanche, le taux de mortalité était plus bas chez les personnes sous trazodone par rapport à ceux étant sous antipsychotiques. Des résultats, qui selon les chercheurs doivent montrer aux médecins qui prescrivent le trazodone parce qu'ils considèrent ce traitement comme une meilleure alternative aux psychotiques déjà décriés, ne doivent pas non plus le considérer sans danger.

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Antidépresseurs : faut-il s'en méfier ?

Les antidépresseurs font partie des plus prescrits en France. Pourtant, une étude menée par le chercheurs britannique Irving Kirsch, ils n’apporteraient qu’un "petit" bénéfice, voire aucun, par rapport à un placebo dans le traitement de la dépression (surtout légère). Pour le Zoloft®, autre antidépresseur très prescrit, le laboratoire Pfizer qui le commercialise indique dans ses essais cliniques (1992) que "son effet antidépresseur chez les malades déprimés hospitalisés n’a pas encore fait l’objet d’études suffisantes". Une revue Cochrane de 2010 portant sur 59 essais conclut toutefois à une efficacité supérieure du Zoloft par rapport à tous les autres antidépresseurs; mais les essais passés en revue n’incluaient pas de nombreux critères essentiels pour les patients (capacité à reprendre le travail, à retrouver un fonctionnement social normal…), ce qui limite considérablement leur portée. Enfin, selon une étude réalisée à partir de 117 essais, le Floxyfral® serait un des antidépresseurs les moins efficaces dans le traitement de la dépression modérée à sévère (par exemple par rapport au Zoloft® ou à l’Effexor®)

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