Fièvre de Lassa : symptômes, risques, traitements…

Certifié par nos experts médicaux MedisiteDans le seul mois de janvier, la fièvre de Lassa a tué 29 personnes au Nigeria. Face à cette épidémie, les autorités ont pris des mesures d’urgence pour endiguer la maladie. Mais existe-il des traitements pour venir à bout de ce virus ? Quelles sont les causes de cette propagation, et surtout comment s’en protéger ? On fait le point sur cette fièvre hémorragique.
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Définition : qu’est-ce que la fièvre de Lassa ?

La fièvre de Lassa a été décrite pour la première fois en 1969 dans la ville de Lassa, au Nigeria.

C'est une fièvre hémorragique causée par un Arénavirus, le virus Lassa. Elle appartient à la même famille que les virus Ebola et Marburg, mais elle est beaucoup moins mortelle.

Le virus se transmet par les excrétions de rongeurs ou par contact direct avec du sang, des urines, des selles ou d’autres liquides biologiques d’une personne malade. Une fois déclarée, la fièvre est suivie d’hémorragies.

Le virus de Lassa est endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où il infecte de 100 à 300 000 personnes par an dont 5 à 6 000 succombent.

Il n’existe à ce jour aucun vaccin contre ce virus qui représente non seulement un problème de santé publique, mais qui de plus fait partie des agents potentiellement utilisables pour le bioterrorisme (utilisation d'agents biologiques dans le terrorisme, nldr).

Fièvre de Lassa : l'actualité expliquée

La fièvre de Lassa est, actuellement, l’épidémie la plus importante jamais enregistrée dans le pays.

Cette épidémie de fièvre sévit depuis un an dans le pays et environ 170 personnes sont mortes du virus en 2019.

Selon les responsables sanitaires, il y a eu une augmentation du nombre de cas en janvier, pendant la saison sèche que connaît le pays.

Près de 90 % des cas récemment confirmés ont été relevés dans trois États du sud (Edo, Ondo et Ebonyi), mais il y a également eu des décès dans le nord du pays.

Chiffres : combien de cas ont été recensés ?

  • En janvier, la maladie a tué 29 personnes d’après le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC).
  • Au 24 janvier 2020,  195 cas de personnes infectées ont été confirmés dans 11 états dans le monde.
  • La maladie toucherait entre 100 000 et 300 000 personnes chaque année, avec jusqu'à 5 000 décès.
  • Selon l’OMS, 1 infection sur 5 entraîne une atteinte sévère de plusieurs organes comme le foie, la rate et les reins.

Illustration : 6 choses à savoir sur la Fièvre de Lassa

Illustration : 6 choses à savoir sur la Fièvre de Lassa

Crédit CC : Institut Pasteur.

Quels sont les symptômes de l’arénavirus ?

La fièvre de Lassa peut être asymptomatique ou bien se manifester par une fièvre hémorragique foudroyante. Elle dure, en moyenne, d’une à quatre semaines.

La maladie débute 6 à 21 jours après l’infection par des signes cliniques peu spécifiques : fièvre, fatigue, vomissements, nausées, douleurs abdominales, céphalées, myalgies, arthralgies, asthénie.

Dans les cas sévères, les symptômes s’aggravent ensuite, avec l’apparition d'œdèmes, de signes hémorragiques, d’épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d’encéphalites.

"En l’absence de diagnostic précoce et de traitement, 1 infection sur 5 entraîne une forme grave de la maladie, au cours de laquelle plusieurs organes sont touchés par le virus, comme le foie, la rate et les reins", explique le Dr Pierre Formenty, expert des fièvres hémorragiques à l’OMS.

Le patient peut alors décéder d’un choc hypotensif et hypovolémique (baisse du retour veineux et du débit cardiaque ndlr), et de défaillances rénale et hépatique.

La fièvre de Lassa est d’une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus.

Quelles sont les causes de l’épidémie d’arénavirus ?

La fièvre de Lassa est une “zoonose”. Cela signifie que l’homme est contaminé par des animaux infectés. L’hôte du virus est un rongeur du genre “Mastomys”, que l’on trouve dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest. Il est communément appelé “le rat à mamelles multiples”.

L’infection ne le rend pas malade, mais il excrète le virus dans ses urines et ses excréments.

Il arrive également que les humains se transmettent le virus, par le biais de matériel médical contaminé, comme avec des aiguilles réutilisées.

Selon l’OMS, un cas de transmission par voie sexuelle a été signalé.

Fièvre de Lassa : quels sont les facteurs de risques ?

Avoir récemment voyagé en Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement au Nigeria, vous rend particulièrement à risque.

Toute personne ayant été en contact avec un rat de genre Mastomys natalensis ou et qui a été contaminé par un individu malade peut contracter la maladie.

Quelles sont les personnes à risque face à cette fièvre hémorragique ?

Les personnes les plus exposées sont les habitants de zones rurales où vivent des rats Mastomys, surtout dans les communautés surpeuplées manquant de moyens d’assainissement.

Les agents de santé sont également fortement exposés s’ils soignent des patients porteurs du virus.

Enfin, les voyageurs revenant de zones endémiques, comme le Nigeria, peuvent être infectées.

Fièvre de Lassa : combien de temps dure la maladie ?

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale d’une durée d’une à quatre semaines.

Attention toutefois, environ 80 % des personnes contaminées par le virus de Lassa n’ont pas de symptômes.

Microscopie électronique du virus de Lassa à côté de débris cellulaires

Microscopie électronique du virus de Lassa à côté de débris cellulaires

Auteur : CS Goldsmith. Date : 2 avril 2007. Source : CDC's Public Health Image Library Image #8700. Crédit Licence : https://phil.cdc.gov/default.aspx.

Quels sont les risques de contagion à l’arénavirus ?

Chaque année, le virus de Lassa occasionne en Afrique de l'Ouest de terribles fièvres hémorragiques.

Elle entraîne des flambées épidémiques dans différentes parties de ces régions, avec des pics annuels de décembre à juin. Actuellement, le Nigeria est le pays le plus touché par le virus.

Cette infection peut s'avérer fatale d’après les résultats d’une équipe de chercheurs basée à Montréal : “Accrochée à l'enveloppe virale, la glycoprotéine (protéine qui véhicule les mutations du virus, ndlr) à l'œuvre est redoutable, car elle permet au virus de Lassa d'infecter les cellules à son entrée dans le corps et de se répandre très rapidement dans le système en désamorçant les défenses immunitaires”.

Qui, quand consulter en cas de suspicion de contamination ?

Si vous êtes allé récemment dans un pays d’Afrique de l’Ouest et présentez les signes d’un état fiévreux, la première chose à faire est de rester chez vous et de contacter le SAMU via le 15. Le personnel vous indiquera quoi faire pour être correctement pris en charge.

Quelles complications peut entraîner le virus de Lassa ?

Le virus de Lassa peut s’avérer mortel, en particulier pour la femme enceinte et son fœtus.

Dans les cas graves et sans traitement, les patients peuvent commencer à saigner de la bouche ou du nez et leurs poumons peuvent se remplir de liquide.

Fièvre de Lassa : quels examens et analyses ?

Comme les symptômes de la fièvre de Lassa sont très variables et peu spécifiques, le diagnostic clinique est souvent difficile, surtout aux premiers stades de la maladie.

Il est d'ailleurs compliqué de distinguer la fièvre de Lassa d’autres fièvres hémorragiques virales, comme Ebola, et de beaucoup d’autres maladies provoquant de la fièvre, notamment le paludisme, la shigellose, la fièvre typhoïde et la fièvre jaune.

Le diagnostic exige alors des examens qui se font uniquement dans des laboratoires de référence.

Les échantillons de laboratoire peuvent présenter un risque biologique et nécessitent une manipulation extrêmement prudente.

Par ailleurs, l’infection ne peut être diagnostiquée avec certitude qu’en procédant aux tests suivants :

  • titrage immunoenzymatique (ELISA) ;
  • détection de l’antigène ;
  • amplification génique précédée d’une transcription inverse (RT-PCR) ;
  • isolement du virus sur culture cellulaire.

Quels sont les traitements du virus de Lassa ?

La fièvre de Lassa reste particulièrement difficile à soigner. Il faut administrer de la ribavirine, un antiviral, dans les six ou sept jours après la contamination.

Malheureusement, ce traitement ne représente pas une solution satisfaisante au problème que pose la fièvre de Lassa dans les pays endémiques : pour être efficace, la ribavirine doit être administrée très précocement après l’infection. Or, le diagnostic est rarement posé à temps.

Cependant, des recherches sont en cours afin de mettre au point un vaccin.  D’après l’Institut Pasteur, ces stratégies vaccinales s'avèrent “prometteuses”.

Quelles mesures de prévention appliquer ?

Il existe un certain nombre de mesures de prévention pour les personnes vivant ou visitant des zones où la fièvre de Lassa est endémique.

La première repose sur l’hygiène, qui se doit d’être irréprochable pour limiter la propagation du virus. Ainsi, vous devrez :

  • vous laver les mains régulièrement ;
  • cuire vos aliments ;
  • lutter contre les rongeurs ;
  • nettoyer votre habitat afin de ne pas attirer les rats à l’intérieur.

Pendant une épidémie, le personnel médical, présent dans les établissements de soin, doit toujours appliquer les mesures de lutte contre l’infection lorsqu’ils soignent leurs patients.

Les voyageurs en provenance de zones d’endémie du virus de Lassa et présentant une fièvre doivent être systématiquement inspectés par une équipe médicale. Le personnel doit alors prendre contact avec les experts locaux et nationaux pour leur demander conseil et prendre des dispositions pour les analyses de laboratoire.

Fièvre de Lassa : sites d’informations et associations

Source(s):

Fièvre de Lassa, OMS, 31 juillet 2017.

Fièvre de Lassa, Institut Pasteur, novembre 2012.

Fièvre hémorragique de Lassa, Santé Publique France, février 2012.

6 choses à savoir sur la fièvre de Lassa, Alima.org, 23 janvier 2019.

La fièvre de Lassa a tué 29 personnes au Nigeria dans le seul mois de janvier, Le Monde, 27 janvier 2020.

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