Troubles musculo-squelettiques : une mauvaise santé cardiovasculaire pourrait les favoriser Adobe Stock
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Douleurs au niveau du cou, des épaules, des poignets, lombalgies… Les troubles musculo-squelettiques (TMS) empoisonnent le quotidien de nombreux Français.

Ces troubles de l’appareil locomoteur qui affectent les tendons, les articulations ou les muscles des membres supérieurs et inférieurs sont reconnus comme la première cause de maladie professionnelle en France. Un problème de santé publique qui a un coût pour les entreprises mais surtout pour les salariés : en 2015, 87 % des maladies professionnelles ayant entraîné un arrêt de travail ou une réparation financière étaient liées à des TMS, rappelle ameli.fr.

TMS : les facteurs de risque les plus fréquents

L'agroalimentaire, la métallurgie, la construction automobile et le BTP sont les secteurs où l’on observe le plus de maladies professionnelles liées aux TMS. L’excès de contraintes mécaniques, le port de charges lourdes, les gestes répétitifs, figurent parmi les facteurs connus de déséquilibres musculaires, tendineux ou articulaires, à risque de TMS.

Autres coupables désignés, le stress, les impératifs de productivité, les nouvelles formes de travail (généralisation du télétravail) et la sédentarité (temps passé assis de façon prolongée) qui pourraient jouer dans la généralisation de ces inflammations localisées à différents endroits : au poignet (syndrome du canal carpien), à l’épaule (syndrome de la coiffe des rotateurs), au coude (l’épicondylite latérale ou tennis elbow), au niveau du bas du dos (lombalgies).

Le risque cardio-vasculaire, autre coupable des TMS

Mais il semblerait qu’une santé-cardiovasculaire fragile puisse également être associée à la survenue de ces TMS. C’est le constat étonnant auquel est parvenue une équipe de chercheurs de l’Université de l’Utah aux Etats-Unis, à l’issue d’une étude de neuf ans portant sur une cohorte de 1224 travailleurs. Leurs résultats sont parus dans la revue Journal of Occupational and Environmental medicine.

En compilant un ensemble de données (questionnaires, entretiens structurés, examens physiques, mesures anthropométriques, mesures individualisées des facteurs physiques liés au travail) et sur la base de suivis mensuels, les chercheurs ont observé que les patients avec des risques cardio-vasculaires étaient plus exposés au syndrome du canal carpien ou à la tendinopathie de la coiffe des rotateurs, deux TMS fréquents.

Dans le détail, les patients dont le risque de maladie cardiovasculaire était accru de 15 % ou plus avaient quatre fois plus de risques de développer un ou plusieurs TMS, par rapport aux patients sans risque cardio-vasculaire.

Si les TMS peuvent avoir différentes origines, ignorer l’émergence des premiers symptômes fait courir le risque de laisser ces troubles s’installer insidieusement et s’aggraver.

Parce qu’un repérage précoce favorise une meilleure prise en charge, Medisite vous dresse la liste des symptômes des principaux TMS.

Les signes du syndrome du canal carpien

Les troubles musculo-squelettiques connaissent différents stades d’évolution, si rien n’est fait pour freiner leur progression. S’ils apparaissent au début uniquement pendant l’activité, occasionnant des douleurs et un inconfort, les TMS émergent progressivement au repos, entamant peu ou prou la mobilité et la force de la partie du corps concernée.

Dans sa forme avancée, les TMS sont source d’inflammations, de fonte musculaire et d’incapacité fonctionnelle.

Parmi les TMS fréquents, le syndrome du canal carpien. Localisé aux trois premiers doigts de la main (pouce, index, majeur), ce syndrome s’explique par une compression du nerf médian au niveau du poignet, compliquant le passage de l’influx nerveux. Il en découle différents effets indésirables : des difficultés à mouvoir ses doigts, une baisse de sensibilité et de la force musculaire, des fourmillements.

Les signes des cervicalgies

Si vous souffrez régulièrement de douleurs au niveau du cou ou de contractures, il s’agit peut-être des prémices d’une cervicalgie, un autre trouble musculo-squelettique fréquent. Comme pour le syndrome du canal carpien, ces TMS concernent plus souvent les femmes.
Ces douleurs peuvent prendre la forme de torticolis (contracture des muscles du cou), d’arthrose ou d’entorse cervicale.

Ces cervicalgies se manifestent couramment par une faiblesse musculaire, des raideurs dans la nuque ou les épaules, des difficultés de rotation de la tête. Elles peuvent aussi donner des maux de tête ou des acouphènes.
L’application d’une bouillotte chaude sur la nuque ainsi que des mouvements doux de rotation de la tête peuvent aider à soulager les tensions au niveau de la nuque. Une prise en charge médicale peut être indiquée.

Les signes du syndrome de la coiffe des rotateurs

La tendinite de l’épaule ou syndrome de la coiffe des rotateurs se traduit par une épaule douloureuse, qui surgit à l’effort, lors de certains mouvements du bras en élévation ou en rotation. Des gestes quotidiens comme lever le bras, saisir un objet ou s’habiller provoque une gêne plus ou moins douloureuse, selon le stade d’inflammation.

L’épaule douloureuse chronique, liée à l’inflammation des tendons de l’épaule, peut engendrer une perte de mobilité au niveau du bras et de l’épaule, une réduction de la force musculaire, accompagnée de raideurs musculaires.

Le syndrome de la coiffe des rotateurs représente 30 % des cas de TMS selon ameli.fr. Cette tendinite représente le type de TMS le plus fréquent après celui du syndrome du canal carpien (38% des cas) et devant celui l’épicondylite latérale (22%).

Les signes de l’épicondylite latérale

Une lésion des tendons des muscles de l’avant-bras sur l’épicondyle (excroissance osseuse sur l’humérus, l’os du bras) révèle une épicondylite latérale, également appelée tendinite au coude ou "tennis elbow".
Ces inflammations des tendons s’accompagnent d’une douleur intense au coude qui touche souvent un seul bras.

La douleur au coude peut devenir plus aiguë au fil de certains mouvements répétés, rendant le coude sensible au moindre contact et toucher. Des mouvements à première vue banals comme saisir un objet, déplier le bras, poser le coude sur un support, tourner l’avant-bras ou étendre le bras peuvent devenir un véritable calvaire. À noter que l’épicondylite latérale est souvent constatée chez les personnes travaillant devant un ordinateur.

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