Ces maladies dangereuses qui reviennent en France

Certifié par nos experts médicaux MedisiteTuberculose, gale, rougeole, syphilis... On les croyait éradiquées mais des maladies préoccupantes font leur grand retour en France. Êtes-vous dans une zone à risque ? Quels sont leurs symptômes ?  Desquelles faut-il se méfier ? La liste nous est dictée par le Dr Paul-Henri Consigny, médecin spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales.
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La rougeole, faute d’une couverture vaccinale suffisante

a young man is showing his hands with spots and rash from hand foot and mouth disease© Adobe Stock

Depuis novembre 2017, les cas de rougeole sont en constante augmentation en France : 2646 cas ont été déclarés au 8 juillet 2018. Plus inquiétant, trois morts sont à déplorer. Une situation que le Dr Paul-Henri Consigny, médecin pneumologue spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales, juge inacceptable, d’autant plus qu’un moyen de protection parfaitement efficace existe pour lutter contre cette maladie : la vaccination.

"C’est redevenu un problème de santé publique, assure-t-il. Ce qui explique sa résurgence, c’est sa couverture vaccinale, qui est médiocre." En effet, celle-ci s’élève à 79% dans l’hexagone. On est donc encore loin des 95%, qui permettraient pourtant d’arrêter la transmission de la rougeole .

Car le problème de cette pathologie est qu’elle est extrêmement contagieuse : on estime qu’une personne qui la contracte peut en contaminer 15 à 20 autres. La rougeole, qui se transmet par voie aérienne, peut être particulièrement dangereuse chez les tout-petits et les personnes immunodéprimées, avec des risques de complications telles que des encéphalites ou des pneumonies graves pouvant entraîner la mort.

Une contagiosité et des dangers potentiels qui ont poussé le ministère de la Santé à rendre le vaccin de la rougeole (couplé à ceux contre les oreillons et la rubéole) obligatoire pour tous les enfants et adultes jeunes à compter du 1er janvier 2018, alors qu’il était simplement recommandé jusque-là.

La tuberculose, liée aux flux migratoires et à la précarité

Bon nombre d’entre nous considèrent la tuberculose comme une maladie moyenâgeuse. Que nenni. Depuis 2016, le taux d’incidence ne cesse d’augmenter. En 2017, 403 cas ont été recensés juste à Paris.

Un foyer épidémique intimement lié au nombre grandissant de migrants, qui viennent généralement d’Afrique subsaharienne, l’une des zones du monde la plus touchée par la tuberculose. Leur arrivée dans la capitale se fait dans des conditions précaires avec un accès aux soins limité, ce qui entretient la propagation de la maladie : "Le plus souvent, on observe cette pathologie chez les personnes qui ont eu un parcours migratoire important, explique le Dr Paul-Henri Consigny. Elles peuvent l’avoir développée avant, pendant ou juste après. En situation de précarité, l’accès aux soins est plus compliqué. Et même hors migration, cette notion est à surrisque de tuberculose."

Sans compter que la transmission se fait facilement : la tuberculose, dont les principaux symptômes sont une fièvre, des douleurs à la poitrine et une toux avec des crachats parfois sanglants, "se transmet de personne à personne par les gouttelettes contaminées émises lors de la toux ou des éternuements", prévient Vaccination Info Service. Et bien qu’un vaccin existe (le BCG, recommandé notamment chez les personnes nées ou qui voyagent régulièrement dans des pays où la tuberculose est fortement présente), il n’est, selon le Dr Consigny, pas la seule solution au problème : "Premièrement, l’efficacité du vaccin concerne les tuberculoses graves chez les tout-petits tandis que la protection est limitée à l’âge adulte. Et deuxièmement, le véritable moyen de prévention contre la tuberculose, c’est la lutte contre la pauvreté, qui concerne le monde entier." Chaque année, 1,5 million de décès dans le monde seraient dus à la tuberculose qui, quand elle se complique faute de traitement antibiotique, peut atteindre les poumons, les os, le système digestif ou encore les neurones.

Vidéo : Top des 3 des maladies fulgurantes… Et mortelles

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Source(s):

Remerciements au Dr Paul-Henri Consigny, médecin pneumologue spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales et directeur du Centre Médical de l'Institut Pasteur.

"Rougeole en France, données de surveillance au 11 juillet 2018". Santé publique France. 12 juillet 2018.

"Rougeole". Vaccination Info Service. Mis à jour le 21 mars 2018.

"Tuberculose (BCG)". Vaccination Info Service. Mis à jour le 15 mars 2018.

"La tuberculose à Paris en 2016 : un tournant ?". Santé publique France. 23 novembre 2017.

"La gale est-elle en augmentation en France ?". Santé publique France.

"600 000 pauvres de plus en dix ans". Observatoire des inégalités. 11 septembre 2018.

"Les maladies liées à l'eau". OMS.

"Scorbut, la maladie des corsaires toujours d’actualité". ScienceDirect. Décembre 2015.

"Baromètre Ipsos/Secours populaire 2018". Secours populaire. 11 septembre 2018.

"Surveillance de l’hépatite E en France, 2002-2016". Santé publique France. 30 mars 2018.

"La résistance aux antibiotiques oblige à actualiser les recommandations sur le traitement des infections sexuellement transmissibles. OMS. 30 août 2016.

"Summary of the latest data on antibiotic consumption in the European Union". European Centre for Disease Prevention and Control. Novembre 2017.

"Vaccin contre l’hépatite B et sclérose en plaques". OMS. 22 novembre 2002.

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