Les champignons dans l’intestin pourraient causer des cancers du pancréas

Les champignons, présents naturellement dans nos intestins, pourraient être à l’origine de certains cancers du pancréas. En effet, ces derniers peuvent pénétrer le pancréas et perturber certaines cellules pouvant générer ce cancer.

Cette découverte pourrait bien faire progresser la prévention et le traitement du cancer du pancréas. Ce dernier est généralement fatal, car trop souvent détecté tardivement. Une nouvelle étude suggère que les champignons présents naturellement dans les intestins pourraient pénétrer dans le pancréas et provoquer ainsi certains cancers pancréatiques. Les champignons auraient tendance à perturber le fonctionnement de nos cellules.

Si actuellement, les réelles causes du cancer du pancréas restent floues, les chercheurs de l’American Cancer Society reconnaissent que les bactéries et parasites peuvent contribuer à la formation de tumeurs. Mais avant cette étude, les champignons n’avaient encore jamais été incriminés.

Il faut d’abord savoir que notre tube digestif abrite de nombreux micro-organismes, jusqu’à deux à dix fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps. Cet ensemble de bactéries, virus, parasite et champignons non pathogènes constituent notre microbiote intestinal ou flore intestinale, explique l’Inserm.

Les chercheurs tentent aujourd’hui de comprendre les liens entre les déséquilibres du microbiote et certaines pathologies. La nouvelle étude incrimine les champignons dans la survenue d’une forme particulière de cancer, appelée adénocarcinome canalaire pancréatique. Cette pathologie est, en principe, fatale dans les deux ans.

Les champignons "voyagent" de l’intestin au pancréas

"Alors que des recherches antérieures ont montré que les bactéries voyagent de l'intestin au pancréas, notre nouvelle étude est la première à confirmer que les champignons effectuent aussi ce voyage et favorisent la formation et la croissance de tumeurs", a déclaré l’un des auteurs, le Dr George Miller co-responsable du programme de recherches sur l’immunologie des tumeurs au Perlmutter Cancer Center de la New York University.

L’adénocarcinome canalaire pancréatique est un cancer du tube digestif, situé au sein du pancréas, là où les sucs digestifs s’écoulent dans les intestins.

Le "voyage" des champignons vers le pancréas peut entraîner des anomalies pouvant rendre les cellules pancréatiques malignes.

Des champignons retrouvés dans la matière fécale

Les chercheurs ont mené leur étude sur des souris atteintes de tumeurs pancréatiques. Ils ont d’abord analysé la colonisation du pancréas par les champignons. Durant leur expérience, les scientifiques ont constaté qu’un traitement antifongique était capable de réduire le poids des tumeurs de 20 à 40 % en seulement 30 semaines.

Le traitement antifongique a pour but de soigner l’infection fongique, à savoir une infection provoquée par des champignons.

En outre, les chercheurs ont analysé la matière fécale des souris. Elle comprenait des espèces de champignons, qui s’avéraient plus nombreux chez les souris atteintes de cancer du pancréas que chez les autres. Ils ont donc pu identifier certaines espèces fongiques présentes dans les selles des souris malades.

Malassezia est à l’origine de cancers du pancréas

Malassezia est l’une des espèces fongiques identifiée par les chercheurs. "Nous savons depuis longtemps que les champignons Malassezia, généralement présents sur la peau et le cuir chevelu, sont responsables des pellicules et de certaines formes d’eczéma, expliquent les chercheurs. Mais des études récentes les ont également liés au cancer de la peau et cancer colorectal".

La nouvelle étude confirme que Malassezia est également à l’origine de cancers du pancréas.

Les cancers du pancréas chez les souris ont évolué (d'environ 20 %) lorsque Malassezia s’est développée, a noté l'équipe de scientifiques. Les chercheurs suggèrent que les champignons stimulent la croissance du cancer en affectant les mécanismes du système immunitaire.

"À l'avenir, l'un des objectifs de notre équipe sera d’orienter des tentatives de ralentissement de la croissance tumorale avec des médicaments antifongiques ciblés.", conclu l’un des auteurs de l’étude.

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