Comment éviter un second cancer ?

Publié le 02 Novembre 2018 par
Près de 3 millions de personnes ont un antécédent de cancer en France. Plusieurs recommandations peuvent réduire le risque d'en avoir un second, aussi appelé "second cancer primitif" ou "SCP". Sachant que le risque est élevé pour certaines localisations et inexistant pour d'autres, et qu'il varie aussi selon l'âge d'apparition du premier cancer ou du sexe.
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Une consultation d’oncogénétique

© Adobe Stock

Tandis que l’incidence des cancers augmente, la survie des patients atteints de cancers s’améliore avec pour corollaire une augmentation de la population ayant un antécédent de cancer. Cette population a été estimée, en France, à 3 millions de personnes (2008). Le risque moyen de second cancer primitif (SCP) après un premier diagnostic de cancer chez l’adulte apparaît légèrement plus élevé que le risque de cancer dans la population générale. Ce sur-risque faible lorsque l’on prend en compte l’ensemble des patients, peut s’avérer élevé pour certains ou inexistant pour d’autres.

"Lorsqu’il y a une prédisposition génétique comme risque de premier cancer, la personne concernée doit être orientée vers une consultation d’oncogénétique si elle présente certains facteurs de risque familiaux" informe Marina Touillaud, épidémiologiste, chercheur au sein du Département Cancer et Environnement du Centre Léon Bérard. Cinq à 10 % des cancers s’inscrivent dans le cadre de syndromes héréditaires résultant de prédispositions liées à un seul gène et associées à un risque oncologique élevé. Cette susceptibilité génétique au cancer peut entraîner une succession de cancers. C’est le cas par exemple des mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 chez des femmes atteintes d’un cancer du sein. La consultation d’oncogénétique permet de mettre en place une stratégie de surveillance régulière et ciblée et de prévention.

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Les localisations les plus risquées

Le risque de second cancer est variable. "Un certain nombre de facteurs liés au premier cancer permettent d’identifier les populations pour lesquelles une surveillance est nécessaire" informe Marina Touillaud. Ainsi, les personnes les plus à risque de second cancer primitif sont celles qui ont eu un cancer des voies aéro-digestives supérieures, un cancer de l’œsophage, du poumon ou un lymphome hodgkinien, celles qui étaient jeunes lors du diagnostic du premier cancer (plus la personne ayant eu un diagnostic de cancer jeune et plus le risque de second cancer primitif est élevé) et les personnes ayant reçu certains protocoles thérapeutiques, de chimiothérapie notamment. "Identifier les facteurs de risques associés est important car cela donne des indications sur le type de second cancer primitif à surveiller, les délais d’apparition probables" explique Marina Touillaud. Ces risques de second cancer sont pris en compte dans l’élaboration du programme de suivi afin de favoriser la détection précoce des seconds cancers.

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