Comment notre naissance influence notre personnalité

Les premières heures de notre vie sont déterminantes pour le reste de notre vie. Déroulé de l’accouchement, lien mère-enfant, ordre de naissance dans la fratrie, saison de naissance… Ces facteurs influent sur notre psychisme et notre personnalité. Alice Maudret, psychologue à Paris, analyse cette période si particulière qu’est la naissance pour nous aider à comprendre l’adulte que l’on devient.

Les premières heures de notre vie impactent notre psychisme

La naissance est un événement essentiel dans la construction d’un individu. Bien que l’on ne s’en souvienne pas, notre corps et notre mental enregistrent les événements qui se déroulent durant les premières heures de notre vie.

"Même si tout ne vas pas se jouer à la naissance, celle-ci fait partie des moments cruciaux de notre vie. Si le bébé souffre durant sa naissance ou souffre de l’état de sa mère, il peut y avoir de réels impacts psychologiques. D'où l'importance d'une équipe dédiée à la périnatalité dans les institutions médicales.

Le déroulement de l’accouchement

Problèmes d'endormissement, troubles alimentaires, terreurs inexpliquées sont quelques-uns des symptômes qui incitent ainsi la plupart des professionnels de la périnatalité et de la petite enfance à demander de précisions sur les conditions de l'accouchement pour y trouver une source d'interprétation.

"Si un accouchement se passe mal et si la mère ne peut pas s’occuper à ce moment précis de son bébé, le personnel prend le relais. Il parle au bébé, le rassure. C’est très important", souligne la psychologue avant d’ajouter "que de nombreux facteurs peuvent impacter la naissance d’un enfant comme un cordon ombilical enroulé autour du cou ou encore le stress du personnel".

Mais même trente ans après, la manière dont l’accouchement se déroule reste donc une piste à explorer. Des adultes qui souffrent de syndrome d'abandon ou encore d'un grand manque de confiance en eux-mêmes ont ainsi intérêt à revisiter ces premières heures de leur vie et les conditions dans lesquelles ils ont été accueillis.

Le lien mère-enfant

"Favoriser le lien mère-enfant est essentiel, et le personnel de la maternité fait tout ce qu’il peut pour l’encourager", souligne l’experte.

Malheureusement, il arrive parfois que la mère rejette l’enfant ou souffre de dépression post-partum (maladie qui touche de nombreuses femmes et hommes après la naissance de leur bébé). "Dans ce cas, le nouveau-né est rassuré et choyé par l'équipe de la maternité pour ne pas se sentir "abandonné". Rappelons que le bébé est une personne, et contrairement à ce que beaucoup d’adultes pensent, il comprend et ressent tout", précise la psychologue. Fort heureusement, tout n’est pas figé : si le bébé a vécu une situation de stress, ces angoisses peuvent se retravailler par la suite. "On ne développera pas forcément de troubles si notre naissance était compliquée, chaque cas est différent", rappelle l’experte.

Qu’en est-il des enfants nés prématurément ou par césarienne ?

Les enfants nés prématurément sont très tôt "arrachés" à leurs parents. Mais est-ce que ce début de vie si particulier influence forcément l’enfant ?

Selon Alice Maudret, encore une fois, c’est du cas par cas : "Parfois, il y a des répercussions et parfois non. Dans tous les cas, on fait en sorte que le lien mère-enfant et père-enfant ne soit pas coupé. Le personnel va limiter les dégâts et entourer le nouveau-né d’affection, de chaleur et de paroles. Il est rare que les parents soient là 24h sur 24h pour voir leur bébé prématuré, c’est pourquoi l’équipe médicale joue un énorme rôle", confirme-t-elle. Le but étant évidemment de répondre le mieux possible aux besoins vitaux de l’enfant.

Du côté de l’accouchement par césarienne, "celui-ci peut aussi bien se passer qu’un accouchement par voie basse", rappelle l’experte. Il ne faut donc pas généraliser et croire que ce dernier est forcément pire qu’un accouchement normal.

Par ailleurs, de nombreuses études conviennent à dire qu’un bébé né par césarienne aura un moins bon microbiote (l'ensemble des micro-organismes présents dans notre corps) et de moins bonnes défenses immunitaires que les autres. La raison ? En naissant par voie basse, on attraperait toutes les bonnes bactéries de la mère.

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Source(s): "Season of birth shows a significant impact on the distribution of affective temperaments in a nonclinical population", European College of Neuropsychopharmacology Congress, Berlin, Octobre 2014.
"La libération des mémoires prénatales et de la naissance", auteure Christine Louveau.
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