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L'homme de leur vie

"Le premier homme de ma vie"*, tel est le titre du livre de la journaliste Olivia Benhamou, qui a interviewé onze femmes célèbres sur leur relation à leur père.
Alors, tel père, telle fille ? A moins que ce ne soit le contraire... Voici quelques révélations piochées dans les témoignages de cinq d'entre elles.

* ''Le premier homme de ma vie'', Olivia Benhamou, éd. Robert Laffont, mars 2008

J'écris parce que mon père ne parle pas

Camille Laurens - un pseudonyme - est romancière.

Dans son livre "Dans ces bras-là"*, elle décrit un père qui ressemble beaucoup au sien. Aussi pudique et secrète que lui, c'est le moyen qu'elle a trouvé pour rompre le silence.

"Le papa de mon enfance était un père "à l'ancienne", assez froid, très sec avec ma mère et pas du tout expansif. J'en ai longtemps eu peur. Il y avait chez lui un mélange de puritanisme protestant, une culture d'austérité qui interdit qu'on parle de soi et en même temps un côté carabin, presque exubérant (...) Je sentais qu'il y avait des non-dits, des interdits au sens étymologique du terme, c'est-à-dire ce qui ne peut se dire qu'entre ce qui est dit. Je pense que c'est pour ça que j'écris : j'écris parce que mon père ne parle pas, j'essaie de dire quelque chose qui ne s'est pas dit."

* ''Dans ces bras-là'', Camille Laurens, [http://www.pol-editeur.fr/éd. POL], 2000

Michèle Bernier

"Mon père était un dictateur sentimental"

Michèle Bernier, comédienne, est la fille unique de Georges Bernier, alias le Professeur Choron, fondateur provocateur de ''Hara-Kiri'' et de ''Charlie Hebdo'', toujours entouré de ses potes Cavanna, Reiser, Coluche... Une école d'humour et de dérision !

"Je crois que mon père était un grand sentimental : il se faisait beaucoup de souci, c'était un homme angoissé, et en même temps il était une sorte de dictateur, il fallait toujours qu'on pense comme lui. Moi, j'avais un peu plus de chance, j'avais le droit de penser autrement. Mais c'était difficile d'exister à côté de lui. Je pense que si je m'en suis sortie face à lui, c'est parce que j'ai réussi à garder mon intégrité de femme et d'adulte : je faisais quand même ce que je voulais. Et il m'y a aidée aussi car il ne m'a jamais critiquée. (...) Je pouvais dire, faire n'importe quoi, c'était formidable. Il est venu me voir à tous mes spectacles, absolument tous."

Roselyne Bachelot

"J'ai assisté à ma première réunion politique à 9 mois dans ses bras"

En pension dès l'âge de 7 ans, Roselyne Bachelot, l'aînée de trois frère et soeurs, a vécu une enfance austère entre une mère militante féministe et un père, Jean Narquin, député gaulliste, qui lui ont transmis le virus de la politique.

"Je suis une fille aînée, et ma place dans la fratrie n'est pas indifférente par rapport à celle que mon père m'a donnée dans sa filiation politique. Je suis pour lui, finalement, un succédané de garçon. (...) Je n'ai pas l'impression que je dialoguais avec mon père ; mais plutôt que je le regardais. (...) Tout au long de mon enfance, je suis allée dans des réunions politiques, j'ai distribué des tracts, plié des journaux, mis des dépliants dans des enveloppes. (...) Sa plus grande émotion, c'est, je crois, lorsque j'ai été élue députée en 1988. (...) Il m'a emmenée à l'Assemblée nationale, il m'en a montré tous les arcanes, tous les trucs."

Brigitte Lahaie

"Il m'a dit : tu gagnes ta vie avec ton capital, tu as raison"

Ex-star du cinéma porno, animatrice d'une émission quotidienne sur la sexualité sur RMC, Brigitte Lahaie a grandi auprès d'un père distant, sévère, peu démonstratif. Tout le contraire de sa fille.

"C'était un homme très sévère, qui nous interdisait beaucoup de choses à mes frères et sœurs et moi. (...) De façon générale, il n'était pas question de lui parler directement. Ma mère faisait passer les messages. (...) J'ai évidemment souffert de ne m'être sentie ni admirée ni aimée par mon père, mais je crois que cette éducation rigide m'a structurée. (...) J'ai attendu quelques mois pour prévenir mes parents que je tournais dans des films pornographiques. Sur le coup, ma mère n'a rien dit, elle n'a eu aucune réaction. Quant à mon père, il a un peu encaissé et ensuite il m'a dit : "Tu gagnes ta vie avec ton capital, tu as raison ". Comme il était banquier, ça se comprenait... "

Anne Goscinny

"C'était un père autoritaire, très à cheval sur l'éducation"

Critique littéraire, romancière, Anne Goscinny, fille unique de René Goscinny, avait 8 ans à la mort de son père en 1977. Aujourd'hui, elle gère son œuvre et veille avec amour sur ses 2 128 créatures de papier : Astérix, Lucky Luke, Le Petit Nicolas et les autres.

"Mon père a toujours été pour moi une espèce d'icône un peu mystérieuse, qui a écrit dans des bulles. C'est un joli mythe (...) Quand je suis née, en 1968, il était vraiment au faîte de sa gloire. Mais il ne me lisait pas du tout ses bouquins. J'ai appris à lire avec ''Oui Oui'', puis la comtesse de Ségur, ''Babar'', mais pas ses livres à lui. (...) Il avait beau être une star, à la maison et avec moi, c'était un père tout à fait classique, psychorigide par certains aspects, extrêmement autoritaire. Il était fou de moi mais ça ne l'empêchait pas d'être très à cheval sur l'éducation, la conduite à l'école, les notes, et il n'était pas forcément rigolo."

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