Démence : une explosion des cas d’ici 2050

Publié le 17 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Le nombre de cas de démence pourrait tripler d’ici 2050, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Celle-ci vient de dévoiler un certain nombre de recommandations, afin de limiter ce risque.
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memory loss due to dementia or brain damage side profile of a woman losing parts of head as symbol of decreased mind function© Istock

152 millions. C’est le nombre de personnes qui pourraient être touchées par la démence, d’ici 2050. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le nombre de cas pourrait tripler au cours des trente prochaines années. Une prévision pour le moins alarmante

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Vivre sainement réduirait le risque de démence

Dans un récent communiqué, l’OMS présente de nouvelles lignes directrices permettant de réduire ce risque. En effet, “la démence n’est pas une conséquence inéluctable de la vieillesse”, et plusieurs facteurs facilement contrôlables, tels que le tabac, l’alimentation ou encore l’hypertension, pourraient favoriser son développement. L’isolement social et l’absence d’activité cognitive joueraient aussi un rôle dans son apparition.

Pour l’éviter, l’Organisation recommande donc de pratiquer une activité physique régulière, ne pas fumer, éviter l’alcool et contrôler son poids en privilégiant une alimentation saine. Il faudrait aussi “s’efforcer de conserver bonne tension artérielle, ainsi que des taux de cholestérol et de glycémie peu élevés”.

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“Les données scientifiques rassemblées en vue de l’élaboration de ces lignes directrices confirment ce que nous soupçonnons depuis un certain temps, à savoir, que ce qui est bon pour notre coeur l’est aussi pour notre cerveau”, précise le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

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Réduire les cas de démence, un véritable enjeu de santé publique

La démence, dont Alzheimer est la forme la plus fréquente (60 à 70 % des cas), se caractérise par une détérioration de la fonction cognitive plus importante que dans le cadre d’un vieillissement normal. Plusieurs aptitudes en pâtissent, telles que la mémoire, le raisonnement, l’orientation ou encore la parole.

Selon l’OMS, cette pathologie constitue un problème de santé publique qui prend rapidement de l’ampleur, en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation du nombre de cas dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Actuellement, elle touche environ 50 millions de personnes à travers le monde, et on enregistre près de 10 millions de nouveaux cas chaque année.

Un problème qui a un coût, tant pour les familles que pour l’économie des pays. L’OMS estime le coût sociétal total de la démence à $818 milliards en 2015, soit 1,1 % du PIB mondial. C’est pourquoi l’Organisation invite les pays à mettre en place des plans nationaux pour lutter contre la démence.

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La lutte contre la démence passe aussi par le soutien aux aidants

Et pour le Dr Dévora Kestel, Directrice du Département Santé mentale de l’OMS, le soutien aux aidants doit être une composante essentielle de ces plans d’action. “Les aidants des personnes atteintes de démence sont très souvent des membres de la famille qui doivent procéder à des aménagements considérables de leur vie de famille et de leur vie professionnelle pour pouvoir s’occuper de leurs proches”, souligne-t-elle.

Pour les soutenir, l’OMS a créé iSupport, un programme de formation en ligne qui leur fournit des conseils sur la gestion des soins, la manière de faire face aux changements de comportement et la façon de prendre soin de leur propre santé. Pour l’instant, celui-ci n’est pas disponible en français, mais si vous maîtrisez la langue de Shakespeare, vous pouvez y accéder gratuitement sur sa plateforme anglaise.

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