En France, 11% des jeunes âgés de 17 ans déclarent boire régulièrement de l'alcool. Un comportement qui n'est pas sans risque sur leur santé plus tard. Des chercheurs de l'université de Caroline du Nord aux Etats-Unis ont démontré qu'une consommation précoce d'alcool (entre 15 et 19 ans) serait associée à un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate de haut grade (tumeurs les plus aggressives).

L'étude a été publiée le 23 août 2018 dans la revue Cancer Prevention Research.

Une consommation d'alcool précoce = 3 fois plus de risque de cancer de la prostate de haut grade

"La prostate est un organe qui se développe rapidement pendant la puberté, il est donc potentiellement plus exposé au cancer pendant l'adolescence, explique Emma Allott, directrice de l'étude. C'est pour cela que nous voulions voir si une consommation d'alcool élevée dans la jeunesse était associée au développement d'un cancer de la prostate particulièrement agressif plus tard."

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données de 650 hommes âgés de 49 à 89 ans qui se sont soumis à une biopsie prostatique entre janvier 2017 et janvier 2018. Ces derniers, qui n'avaient pas d'antécédents de cancer de la prostate, ont dû remplir un questionnaire en précisant le nombre de verres d'alcool consommés par semaine en moyenne chaque décennie. Les chercheurs souhaitaient ainsi déterminer s'il y avait un âge spécifique pendant lequel la consommation d'alcool était particulièrement élevée et également le cumul de celle-ci sur une vie.

Au final, les scientifiques ont observé qu'une consommation élevée d'alcool (7 verres par semaine) pendant l'adolescence (15-19 ans) était liée à un risque trois fois plus élevé de cancer de la prostate agressif, comparée aux personnes qui ne buvaient pas. Même constat pour plusieurs tranches d'âge (consommation élevée entre 20 et 29 ans, 30 et 39 ans, et 40 et 49 ans). Toutefois, la consommation d'alcool des participants au moment de l'étude n'était pas associée à un tel risque.

Des résultats probants qui viennent éclaircir certaines zones d'ombre, selon les auteurs : "Nos résultats pourraient expliquer pourquoi les preuves antérieures associant la consommation d'alcool au cancer de la prostate sont mitigées. Il est possible que l'effet de l'acool vienne du fait que l'on en ait consommé toute sa vie, ou que la consommation ait commencé particulièrement jeune plutôt que de la consommation d'alcool au moment du diagnostic du cancer de la prostate."

Alcool chez les jeunes : quelles conséquences ?

En France, 10% des adultes auraient des problèmes d'alcool. Une consommation excessive peut être à l'origine de plusieurs maladies, notamment hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques mais également de certains cancers. Depuis 2017, la consommation d'alcool est limitée à 10 verres par semaine (un verre correspondant à 10 grammes).

Chez les jeunes, ce n'est pas tant la fréquence de la consommation d'alcool qui inquiète, mais la quantité : le phénomène du binge drinking(boire beaucoup dans un délai restreint pour être ivre le plus rapidement possible) peut à terme entraîner de graves conséquences, telles qu'une diminution des capacités d'apprentissage et de mémorisation, une hypertension ou encore une augmentation des risques de dépendance.

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

"Early-Life Alcohol Intake and High-Grade Prostate Cancer: Results from an Equal-Access, Racially Diverse Biopsy Cohort". Cancer Prevention Research. 23 août 2018.

"Les jeunes et l'alcool". Alcool assistance.

"Alcool & Santé - Lutter contre un fardeau à multiples visages". Inserm.

"Avis d'experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France organisé par Santé publique France et l'Institut national du cancer". Santé publique France. 4 mai 2017.

Vidéo : Pourquoi 1 seul verre d’alcool peut vous donner le cancer !

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