Alcool : la consommation a bondi pendant la pandémie de Covid-19Adobe Stock
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Plus de 3 millions. C’est le nombre de décès liés à la consommation d’alcool dans le monde chaque année, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un nombre en augmentation dans plusieurs régions du globe, comme aux États-Unis. En particulier depuis la pandémie de Covid-19. Des données fédérales, relevées par le Washington Post, montrent en effet que la consommation d’alcool des Américains, qui était déjà en augmentation depuis des années, s’est accélérée durant la crise du Covid, notamment à cause du stress et de l’isolement.

Alcool : sa consommation est montée en flèche

Dans le même temps, le nombre de décès liés à la consommation d’alcool a explosé dans le pays : en 2021, l’alcool était la première cause de décès pour plus de 54 000 Américains, avec 17 000 décès de plus qu’en 2018 (d’après les données des agences fédérales de santé publique, les Centers for Disease Control and Prevention, ou CDC).

Rien que dans l’État du Mississippi, on a constaté une hausse de 159% du nombre de décès liés à l’alcool, la plus forte augmentation du pays. Dans cet État, la consommation d’alcool a augmenté de 10%. On peut également citer le Delaware, où la consommation d’alcool a augmenté de 25% (le record aux États-Unis), pour une hausse du nombre de décès liés à l’alcool de 73%.

Le Washington Post a pu s’entretenir avec George F. Koob, le directeur de l'Institut national américain pour l'abus d'alcool et l'alcoolisme (NIAAA), qui dépend du Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis. D’après lui, la peur de la contraction du Covid-19, mais aussi le chômage brusque, l’isolement social et le stress inhérents à cette période ont encouragé beaucoup de personnes à boire. “La pandémie a tout simplement empiré les choses”, résume George F. Koob.

Alcoolisme : la publicité et l’isolement en cause

Les experts en addictologie pointent également du doigt d’autres facteurs, comme le fait que le prix de l’alcool n’ait pas changé durant cette période, malgré l’inflation. Ils évoquent également l’accent mis sur les femmes par les stratégies marketing ou le désespoir social, qui a entraîné une véritable crise de santé mentale aux États-Unis.

Plus précisément, selon le NIAAA, la consommation d’alcool, mesurée en gallons d’éthanol vendus par habitant, a augmenté de 6,6% entre 2018 et 2021 aux États-Unis. Elle a atteint une moyenne d’environ 2,8 par personne par an, ce qui représente environ 597 verres par an pour chaque Américain de plus de 21 ans. C’est la consommation d’alcool la plus importante dans le pays depuis 1998. Il est par ailleurs important de noter que ces chiffres sont probablement sous-estimés, puisque de nombreuses personnes sont susceptibles de minimiser leur consommation.

Alcool : le nombre de décès aussi augmente

À mesure que la consommation d’alcool a augmenté dans le pays, le nombre de décès dûs à l’alcoolisme a suivi la tendance. Entre 2018 et 2021, ce nombre a augmenté dans chaque État, d’après les CDC. Rien qu’au Mississippi, le taux de décès dûs à l’alcool a plus que doublé en quatre ans, passant de 7 morts pour 100 000 habitants en 2018 à 18 morts pour 100 000 habitants en 2021.

La France n’est pas en reste : près d’un Français sur quatre consomme trop d’alcool, d’après Santé publique France. Parmi les personnes interrogées, 23,7% des 18-75 ans déclarent consommer une quantité d’alcool supérieure aux repères officiels. L’alcool est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité prématurée en France selon l'Inserm, et le ministère de la Santé comptabilise 49 000 décès dus à l’alcoolisme chaque année.

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