Poumons : le pic d'ozone actuel cumulé à la chaleur est une double peine pour vos bronches

Publié par S. Coucke-Haddad
le 27/05/2026
pollutions poumons
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Photo d'illustration
Chaleur, pollution à l’ozone, pollens… toutes les conditions sont réunies pour que notre santé respiratoire soit fragilisée. Une situation encore plus délicate pour les personnes déjà porteuses d’une maladie respiratoire. Quels (bons) gestes adopter ? Les conseils de Santé respiratoire France.
 

Nous apprenions il y a quelques jours que la chanteuse Véronique Sanson avait été hospitalisée en urgence à la suite d’une infection respiratoire. Comme elle, de nombreux français atteints de problèmes respiratoires se retrouvent fragilisés par les conditions climatiques et environnementales actuelles : la France subit en effet actuellement des températures exceptionnelles, ce qui entraîne une dégradation immédiate de la qualité de l'air sur tout le territoire.


Face à ce constat, l'association Santé respiratoire France signale une multiplication des crises d'asthme. Ces difficultés respiratoires touchent en premier lieu les enfants, les seniors et les patients chroniques.

Pourquoi l'ozone et la chaleur forment une double peine pour les poumons ?

L'ozone est un polluant secondaire dont la production augmente sous l'effet du rayonnement solaire. Les températures élevées agissent sur les polluants routiers et industriels pour former ce gaz toxique. Selon le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l'association Santé respiratoire France, la combinaison de la chaleur et de l'ozone constitue une véritable "double peine" car ces deux irritants aggravent simultanément l'inflammation des bronches. 

L'air chaud et sec induit une hyperréactivité bronchique. Cela provoque un essoufflement, de la toux et un inconfort thoracique marqué, tout en rendant l'élimination du mucus très difficile pour les patients atteints de BPCO.

Le cocktail explosif : pollution, air sec et pollens

Autre mauvaise nouvelle : en cette fin de printemps, la pollinisation des graminées atteint son apogée. La pollution à l'ozone fragilise la paroi des grains de pollen, libérant des protéines allergisantes encore plus agressives. Ce polluant altère les muqueuses, facilitant la pénétration des allergènes profondément dans l'arbre bronchique, ce qui démultiplie le risque de crise d'asthme sévère. En ville, ce mélange inédit crée un environnement particulièrement délétère. 

Une étude polonaise publiée dans Scientific Reports en janvier 2025 révèle d'ailleurs que la proximité de zones d'eau réduit de près de 20 % le risque d'exacerbation de BPCO lors des pics de chaleur par rapport aux centres urbains.

Comment protéger ses poumons durant le pic de pollution ?

Premier conseil : évitez tout exercice physique intense en extérieur entre midi et minuit, période où les concentrations d'ozone sont maximales. Aménagez votre intérieur en restant dans des pièces rafraîchies et privilégiez les sorties très tôt le matin ou tard le soir. Maintenez impérativement votre traitement de fond, incluant les corticoïdes inhalés et les bronchodilatateurs. En cas d'apparition d'un essoufflement inhabituel ou d'une respiration sifflante, consultez immédiatement les services d'urgence.

Grande enquête nationale : votre respiration face au climat

Afin de mieux comprendre l'impact des aléas climatiques sur le moral et l'organisme des patients chroniques, Santé respiratoire France et le Santé-RespiLab lancent une enquête d'envergure, à laquelle vous êtes invités à participer. Les résultats de ce grand plaidoyer, attendus pour le 20 novembre 2026 au Sénat, visent à orienter les politiques publiques. L'objectif est de mieux accompagner les 20 millions de patients souffrant d'allergies et de maladies respiratoires en France. Les personnes concernées par l'asthme, la BPCO ou l'apnée du sommeil ont jusqu'au 29 mai 2026 pour partager leur expérience via le questionnaire en ligne disponible ici.

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