Exclusif - Laurent Ournac : "Etre trop gros au pays des gros, je me suis dit c’est humiliant"

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A l'occasion de la sortie du livre Celui que je rêvais d'être de Laurent Ournac, Medisite a interrogé le comédien sur sa spectaculaire transformation physique. Changements alimentaires, impacts sur son couple, critiques... Découvrez ses confidences exclusives.

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Medisite : Dans votre livre vous utilisez à répétitions les mots "gros" et "obèse" qui ont tendance à être encore des tabous dans notre société. Est-ce une volonté ?

Laurent Ournac : Oui c’est une décision volontairement engagée. Il faut appeler un chat un chat. Etre atteint d’obésité ce n’est pas juste être en surpoids, c’est une maladie, il ne faut pas utiliser de mot détournés pour la désigner. Un gros reste un gros. Etant donné ce par quoi je suis passé je pense avoir une légitimité pour le faire, dans ma bouche ce n’est pas du tout insultant.

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Medisite : Vous avez commencé votre premier régime à 21 ans et n’avez cessé de faire du yo-yo. Comment expliquez-vous ces échecs ?

Laurent Ournac : Mon premier régime, je l’ai fait parce que je n’avais jamais atteint un aussi gros chiffre sur la balance. J’étais jeune et j’avais envie de draguer, c’était surtout une question d’esthétique. Le problème avec les régimes, ceux des nutritionnistes compris, c'est que cela reste de la privation et de l’interdit c’est-à-dire que des choses qui ne demandent qu’à être bafouées. J ’y croyais toujours les premiers mois et puis dès que j’avais perdu ce que je voulais je me relâchais. Je pense que le corps mémorise la frustration quand on lui fait endurer plusieurs régimes. Il se souvient du manque et en demande toujours plus.

Medisite : Qu’est-ce qui vous a poussé à passer par la table d’opération ?

Laurent Ournac : La date du mariage approchait. C’est le moment où l’on prend conscience que c’est pour la vie. Je me suis vu grossir année après année et vu le poids auquel j’étais arrivé aussi jeune je me suis dit que ce serait pire en vieillissant. Ma femme ne m’a jamais rien dit sur mon physique, mais je voulais continuer à lui plaire . Je l’ai fait aussi pour ma fille, pour être assez en forme et pouvoir jouer avec elle, la suivre partout. Le nombre de mauvaises expériences a aussi joué. Un jour dans un parc d’attractions aux Etats-Unis je n’ai pas pu rentrer dans un manège à cause de mon poids, être trop gros au pays des gros je me suis dit c’est humiliant . J’en avais aussi assez de subir le mépris de certains. Vous savez, le regard de la vendeuse quand la chemise la plus grande du magasin ne vous va pas et qu’il n’y a rien d’autre.

Medisite : Le chirurgien vous a dit que vous pourriez mourir sur la table d’opération cela ne vous a pas dissuadé ?

Laurent Ournac : C’est assez cocasse. C’est un très bon chirurgien, très calme, il m’a dit cela sur le même ton avec lequel il m’a dit que c’était bien parce que j’allais perdre du poids. Mais le risque était existant et comme pour toute opération il faut le connaître. Néanmoins, le danger restait faible car cela fait longtemps que cette intervention est pratiquée maintenant et les techniques sont beaucoup mieux maîtrisées qu’avant. Si on peut se passer de la chirurgie il faut le faire mais dans mon cas j’en étais à un point où je n’avais pas d’autre issue . Au-delà d’un IMC de 40 les chirurgiens savent que c’est quasi impossible de perdre.

Medisite : Une fois l’estomac coupé on ne peut plus jamais manger autant qu’avant on est plus vite rassasié. Qu’est-ce qui a changé dans votre alimentation ?

Laurent Ournac : Mes repas sont plus échelonnés. Je prends un petit-déjeuner et une collation le matin. Pour le déjeuner je garde le fromage ou le dessert pour la collation l’après-midi et pareil pour le dîner. Pour l’instant cela ce passe bien il n’y a pas de sensation de manque puisqu’on est rassasié. Mes envies ont changé comme les portions sont plus petites je cherche plus la qualité et délaisse le gavage . J’aime beaucoup moins la viande et apprécie plus le poisson que je n’aimais pas du tout avant. Je ne digère plus du tout le pain car la mie gonfle contre les parois de l’estomac, ni les boissons gazeuses.

Medisite : Dans le livre vous racontez avoir lu les témoignages de gens qui se sont séparés après l’opération d’un des deux conjoints. Est-ce que cela a changé quelque chose dans votre couple ?

Laurent Ournac : C’est vrai qu’on a fait exactement ce qu’il ne faut pas faire, c’est-à-dire faire une recherche Internet. J’ai lu énormément d’histoires. Certains ne reconnaissaient plus leur partenaire après la transformation ou d’autres avait pris trop de confiance en eux et décidé de rattraper leur passé avec leur nouveau physique. Pour ma part j’ai eu plusieurs grandes histoires d’amour je n’ai pas ressenti ce besoin du tout, quant à ma femme je ne peux pas parler en son nom mais je crois que cela ne pose aucun problème pour elle non plus.

Medisite : Cela n’a rien changé avec la gente féminine ?

Laurent Ournac : J’aurais plus tendance effectivement à me faire draguer plus qu’avant sur les réseaux sociaux. Dans la rue aussi avant j’entendais "Ah dis donc il est sympa" et maintenant c’est plus "Ah mais t’as vu il est mignon maintenant ". Mais je suis un homme marié et je regarde cela de loin d’un point de vue amusé et ma femme aussi d’ailleurs.

Medisite : Ayant toujours assumé votre poids dans les médias vous racontez dans votre livre avoir reçu des critiques négatives sur le fait que votre transformation risque de changer votre personnalité. Comment l’avez-vous vécu ?

Laurent Ournac : Je vis mon métier d’aujourd’hui grâce à mon physique d’avant donc évidemment j’ai toujours assumé mon image, mais il y a parfois des choses qu’on ne dit pas. J’ai vécu des humiliations et j’avais envie de changer, pire même, j’en avais besoin. Du côté de mes proches tout s’est bien passé ou alors je ne suis pas au courant. Sur les réseaux sociaux il y a eu quelques critiques mais j’ai vite appris que ce monde n’est pas la réalité, ça ne veut rien dire. Du côté du public c’est normal j’ai changé d’image et je sens un peu de jalousie et d’aigreurs vis-à-vis de certaines personnes comme s’ils se disaient : "Tiens lui a réussi à accomplir ça et pas moi."

Medisite : Où en êtes-vous aujourd’hui de votre transformation ?

Laurent Ournac : J’ai atteint le poids que je voulais. Chez certaines personnes la perte excessive de poids entraîne un relâchement de la peau. Chez les hommes, c’est surtout le ventre et les bras. Moi j’ai de la chance car l’ayant fait jeune je me suis mis à faire beaucoup de sport pour éviter que la peau retombe . Il faut attendre d’avoir atteint un poids stable pendant 6 mois avant d’envisager la chirurgie esthétique mais s’il faut y passer je le ferai.

Le livre de Laurent Ournac est disponible depuis le 6 avril 2016 aux éditions Flammarion.

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