Pays du Sud : l’accès en santé transformé grâce au numérique

La Conférence annuelle de l’Observatoire de la E-Santé dans les Pays du Sud (ODESS) vient de désigner les 6 lauréats les plus ingénieux dans l’approche numérique pour rendre l’univers de la santé accessible au plus grand nombre. Des projets intelligents et facilement utilisables adaptés à la formidable opportunité que représente la e-santé dans ces pays du Sud, plus équipés en appareils mobiles qu’en infrastructures.

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© IstockAccès à la santé : état des lieux

La téléphonie mobile est devenue la compagne incontournable de 7 milliards d’abonnés sur la Terre qui bénéficie d’une couverture cellulaire profitant à 95% de sa population. Le taux de pénétration d’Internet est passé de 6% en 2000 à 43 % en 2015, reliant 3,2 milliards de personnes entre elles, une révolution qui traduit l’adoption massive du téléphone portable y compris dans les Pays du Sud.

Ces nouvelles technologies offrent la possibilité de créer des outils adaptés, durables et soutenables pour améliorer la santé dans les pays du Sud, et particulièrement dans les zones où règne une pénurie de personnel et d’infrastructures. En participant à la réduction du coût de l’accès à la santé, en permettant de fournir aux populations des informations pour lutter contre les épidémies et en visant à améliorer la couverture vaccinale, la lutte contre les faux médicaments et l’amélioration de l’accès aux médicaments de qualité, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) se révèlent être une formidable opportunité pour la santé des populations des pays du Sud.

Il faut noter que 16.000 enfants décèdent encore chaque jour, de maladies évitables pour la plupart, bien que le taux de mortalité infantile ait diminué de plus de 50 % entre 1990 et 2015.

L’innovation numérique pour atteindre les usagers en santé du Sud

La Conférence annuelle de l’Observatoire récompense les initiatives qui transforment l’accès à la santé dans les pays du Sud parmi les projets référencés sur le site www.odess.io.

Les prix de l’Observatoire donnent accès à un appui technique et financier de 12 mois par la Fondation Pierre Fabre afin de favoriser le développement des innovations e-santé en Afrique et en Asie.

Les lauréats 2018 sont :

- AFRICA CARDIAC CARE : Conçu pour les Africains à faible et à moyen revenu, ce programme offre aux abonnés la possibilité de bénéficier de quatre type d'examens cardiovasculaires complets, de manière illimité annuellement (un électrocardiogramme, la prise de la tension artérielle, la glycémie et l'oxymétrie) pour 48 dollars par an dans les hôpitaux, ou 60 dollars pour des soins à domicile. Ce service est disponible dans de nombreux hôpitaux des zones rurales et péri-urbaines. Une fois que le patient a souscrit en ligne ou dans un des centres, il reçoit une carte à puce qui lui permettra de bénéficier d'un suivi cardiaque complet dans tous les centres d'hébergement du service AFRICA CARDIAC CARE, pendant 12 mois. Chaque examen effectué est interprété à distance par un cardiologue affecté au patient, qui le suit tout au long de l'année.

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- BIPODEY AMRA - TRAUMALINK : Les blessés de la route représentent un fléau important et grandissant dans les pays en voie de développement. Le Bangladesh est l’une des nations les plus touchées par ce fléau, comme le montre une récente enquête nationale à grande échelle, estimant à 23 000 morts et plus de 3,4 millions de blessés les victimes sur les routes nationales chaque année. L’utilisation étendue et croissante de la technologie mobile au Bangladesh est un outil puissant pour organiser des services de secours d’urgence volontaires, fournir guidance et éducation, et en particulier du matériel de premiers secours. Les candidats sont tous des membres de la communauté locale, la plupart d’entre eux vivant et/ou travaillant près de l'autoroute. Les candidats volontaires reçoivent deux jours de formation intensive sur les premiers secours, dispensée par un médecin formateur bangladais.

- BLOOD SAFETY STRENGTHENING PROGRAMME : l existe une grave pénurie de sang en Afrique sub-saharienne, due à une combinaison de faiblesses dans les stratégies de recrutement de donneurs, les procédures de test et de production des composants et la gestion de l’information.

Le BSIS (Blood Safety Information System) est un système d’information source ouverte, conçu pour gérer les informations des donneurs et des dons, depuis l’inscription des donneurs au prélèvement, en passant par les tests en laboratoire, la préparation des composants et l'étiquetage, la conservation, et la distribution dans les hôpitaux et les cliniques.

- GUINEA EPILEPSY PROJECT : L’épilepsie survient principalement dans les pays à faibles et moyens revenus, affectant 1 à 2 pour cent de la population mondiale, ou 60 millions de personnes. Le nombre de personnes souffrant d’épilepsie dans les pays à faibles revenus en mesure d’accéder aux soins est généralement bas. Le smartphone Brain Scanner-2 (SBS2) est une application logicielle multi-plateformes qui combine des casques EEG en vente libre avec un smartphone ou une tablette, produisant un système d’imagerie EEG ultraportable et en temps réel. Le système d’EEG sur smartphone fournit également une sauvegarde automatique des données et un grand volume de stockage des dossiers, de même que le visionnage en temps réel d’EEG durant 12 heures au plus. Ceci permet aux technologies de diagnostic d’être apportées au patient plutôt que de forcer le patient à voyager vers le centre de diagnostic. Cela permet le repérage des crises à la maison et le suivi des personnes à mobilité réduite….

- MOSQUIT : Il s’agit d’une plateforme digitale intitulée «Recherche et surveillance mobile par la technologie informatique » (MosQuIT), pour résoudre certains défis que la malaria pose au système de santé indien, en particulier dans les zones rurales reculées. MoSQuIT automatise et profile la surveillance de la malaria, qui autrement se ferait manuellement par des agents…MoSQuIT a les objectifs principaux suivants :

  • Aperçu en temps réel des incidences de malaria dans une communauté
  • Détection des changements dans la transmission des cas de malaria pour y répondre avec le système de santé approprié
  • Transparence et compte-rendus au travers de la chaîne de valeurs
  • Évaluation de l’efficacité des interventions contre la malaria, et estimation en temps réel des besoins du système de santé (par exemple, les stocks de matériel médical).

- OPERATION ASHA : Operation ASHA sert les plus pauvres et couvre actuellement cinq domaines : La tuberculose, la co-infection VIH/TBC, l’hémophilie, le diabète, les maladies cardiaques et la santé des adolescents… Les agents d’Operation ASHA sensibilisent, parcourent les communautés pour y détecter les symptômes, effectuent des tests, mettent en contact avec des médecins de qualité et, enfin, prodiguent les traitements et en garantissent le respect... Son personnel sert 15,6 millions de personnes réparties dans plus de 5 000 bidonvilles, villages et zones tribales de l’Inde et du Cambodge. Et aussi dans 7 autres pays : L'Afghanistan, la Tanzanie, le Pérou, l’Ouganda, la République dominicaine et le Cambodge… La technologie produit également des données précises et fiables, qui sont collectées dans un système de dossiers médicaux électroniques et qui génèrent des rapports d’un simple clic… De plus, Operation ASHA a développé des applications pour le dépistage, la gestion des résultats de laboratoire et la comptabilité des frais d'utilisation.

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