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Prendre de l'ibuprofène

Prendre de l'ibuprofène© Istock

Prendre régulièrement de l'ibuprofène (Advil®., Antarene®...) pourrait réduire les risques de développer la maladie de Parkinson. C'est ce que soutient une étude canadienne, financée par le ministère de la Santé américain, publiée en février 2010. L'étude rapporte que les consommateurs réguliers d'ibuprofène ont 40% de chance en moins de développer la maladie de Parkinson que les autres. Les chercheurs ont suivi 136 474 personnes qui ne présentaient pas la maladie. Après six ans, 293 personnes étaient atteintes. Celles qui consommaient le plus d'ibuprofène étaient aussi celles qui ont le moins été touchées par la maladie. Les scientifiques se sont intéressés à la molécule car il s'agit d'un anti-inflammatoire. Or dans la maladie de Parkinson, la mort des neurones observée, est souvent liée à un facteur inflammatoire.
En pratique : "D'autres études prospectives ont été menées sur l'ibuprofène, concluant à des résultats similaires. Pour autant, les autorités sanitaires ne recommandent pas l'ibuprofène en prévention de la maladie. "Il n'y a donc pour l'instant pas de raison de changer ses habitudes par rapport à cette substance ", conseille le Dr Pollak, neurologue.

Faire le plein de vitamine E

Même si toutes les études ne sont pas probantes, manger des quantités importantes d'aliments riches en vitamine E pourrait prévenir la maladie de Parkinson. C'est la conclusion d'une étude américaine datée de 2002, menée sur plus de 124 000 hommes et femmes durant 14 ans. Les chercheurs estiment que l'effet antioxydant de la vitamine E joue un rôle protecteur important, la maladie étant liée aux mécanismes d'oxydation. Une revue de littérature publiée dans le Lancet Neurology est parvenue à la même conclusion en 2005.
En pratique : Les noix, les graines (tournesol, lin...), certaines huiles végétales (de tournesol, de germe de blé, de maïs...) et les légumes à feuilles vertes sont riches en vitamine E. Attention : selon cette étude les compléments alimentaires contenant de la vitamine E n'ont aucun effet protecteur. "Le mieux est d'avoir une alimentation équilibrée ", précise le Dr Pollak, neurologue.

Attention aux suppléments hormonaux

Attention aux suppléments hormonaux© Istock

Une étude américaine de 2003 menée sur 77 000 femmes a montré que la prise d'hormones lors de la ménopause (oestrogènes) associée à une consommation de café augmente le risque de développer la maladie de Parkinson. Les femmes prenant des hormones et buvant 6 tasses ou plus de café par jour, ont quatre fois plus de chance d'être malades que celles qui ne boivent jamais cette boisson. "Les oestrogènes auraient des effets sur le système dopaminergique, au coeur de la maladie de Parkinson ", explique le Dr Pollak, neurologue.
En pratique : Dans le doute, mieux vaut limiter sa consommation de café si l'on est sous oestrogènes.

Boire du café ?

Boire du café ?© Istock

Le café aurait des vertus anti Parkinson. Une étude américaine de 2000 menée sur 8004 hommes a montré que les personnes qui buvaient le plus de café et produits contenant de la caféine avaient moins de probabilité d'être malades. Les non consommateurs de caféine avaient environ 5 fois plus de chances d'être malades que ceux qui buvaient au moins 82,8 cl de café par jour. L'étude a démontré également l'effet protecteur d'autres boissons contenant de la caféine (thé, boisson au cola). Par ailleurs, la caféine pourrait réduire les troubles moteurs dont souffrent les personnes atteintes de la maladie, selon d'autres travaux publiés en 2011.
En pratique : "Nous n'avons pas encore assez de preuves pour être sûrs de l'effet bénéfique du café. Je conseillerais d'en boire de façon modérée (1 ou 2 tasses/j), si la personne apprécie. Le thé vert a également des propriétés antioxydantes, bénéfiques contre toutes les maladies neurodégénératives ", indique le Dr Pollak, neurologue. A noter : L'ajout de sucre ou de lait n'a pas d'incidence.

Eviter les pesticides

Eviter les pesticides© Istock

L'exposition aux pesticides et aux polluants chimiques augmente les risques de développer la maladie de Parkinson. En France, cette pathologie est d'ailleurs reconnue depuis 2012 comme une maladie professionnelle chez les agriculteurs, population particulièrement exposée. Une équipe de chercheurs français de l’unité Inserm et de l’Université Pierre et Marie Curie a ainsi démontré en 2009 qu'être exposé à ces substances double quasiment le risque de survenue de la pathologie, parmi les agriculteurs.
Les scientifiques ont analysé de façon détaillée l'exposition aux pesticides de 224 patients atteints et ont comparé ces données à celles de 557 agriculteurs non malades. Ils se sont aperçus que le risque augmente avec le nombre d’années d’exposition et qu'il est plus élevé chez les hommes, principalement lié à l’usage d’insecticides.
En pratique : Les pesticides neurotoxiques mis en cause dans l'apparition de Parkinson tels que la roténone ont été retirés du marché européen en 2011, mais il sont vendus au grand public en vaporisateurs pour les rosiers par exemple. "Attention, ils sont étiquetés "100% naturel" car il s'agit effectivement d'une substance naturelle. Mais par précaution il faut porter un masque si on les utilise", conseille le le Dr Pollak. On peut aussi préférer les fruits bio, ou les laver systématiquement.

Garder le moral!

Garder le moral!© Istock

Une étude néerlandaise de 2002 a montré que les personnes qui ont été en dépression auraient plus de chance d'avoir la maladie de Parkinson plusieurs années après. Les chercheurs ont suivi 1 358 personnes, diagnostiquées dépressives entre 1975 et 1990. Ils ont comparé leur évolution jusqu'en 2000 à celle de personnes de profils similaires n'ayant jamais connu de dépression. Résultat : les anciens dépressifs ont 3 fois plus de risque d'être malades Parkinson. En 2015, des travaux publiés dans Neurology et menés sur une cohorte suédoise de plus de 500 000 personnes, ont également conclu à un risque triplé parmi les personnes atteintes de dépression. Les chercheurs suggèrent que les antidépresseurs pourraient être à l'origine de ce surrisque, hypothèse déjà établie dans des travaux publiés en 2013.
En pratique : La dépression, comme l'anxiété ou les troubles du sommeil peuvent être des symptômes précoces de la maladie de Parkinson. Si vous souffrez d'un état dépressif, parlez-en à votre médecin.

Miser sur la vitamine B6

Miser sur la vitamine B6© Istock

Un étude hollandaise de 2006 menée sur plus de 5000 personnes a montré que la vitamine B6 pourrait protéger les fumeurs de la maladie de Parkinson. Plus les personnes consomment d'aliments riches en cette substance, moins elles ont de risques d'être malades. Hélas, l'effet protecteur de la vitamine B6 n'a pu être démontré chez les non-fumeurs.
En pratique : La vitamine B6 est présente en grande quantité dans le foie de boeuf, d'agneau ou de veau. On en trouve aussi en quantité importante dans certains poissons comme le saumon, la morue ou le thon à nageoires jaunes.

Tabac : des vertus protectrices

Tabac : des vertus protectrices© Istock

Le tabac protège de la maladie de Parkinson. "Le tabagisme est un facteur protecteur dont on est sûrs aujourd'hui", explique le Dr Pollak, neurologue. De nombreuses enquêtes le confirment. Une étude américaine de 2002 recoupant les données de plusieurs enquêtes a montré que les personnes qui ont fumé depuis leur jeunesse et qui n'ont pas arrêté, ont deux fois moins de chance d'être malades que celles qui n'ont jamais touché à la cigarette. D'autres études menées en laboratoires ont prouvé que la nicotine stimulerait la libération de dopamine dans le cerveau, substance dont manquent les malades de Parkinson. En 2018, l'Inserm a publié des travaux expliquant le mécanisme à l'origine de cet effet protecteur : la diminuntion du risque s'expliquerait par une interaction entr ele tabac et deux gènes (RXRA et SLC17A6) impliqués dans la neurotransmission. Les mécanismes sous-jacents ainsi que les composés de la fumée de cigarette impliqués restent à identifier.
En pratique : Le tabac étant une cause de nombreuses maladies graves et augmentant considérablement la mortalité, il reste déconseillé de fumer !

Faire de l'exercice

Faire de l'exercice© Istock

Mener une activité physique régulière peut protéger des troubles moteurs liés à la maladie de Parkinson tels que les tremblements. "Les symptômes de la maladie arriveront plus tard et la personne sera mieux préparée à les combattre car elle aura davantage de contrôle sur son corps", explique le Dr Pollak, neurologue.
En pratique : Il n'y a pas de sport à privilégier. Le ministère de la Santé conseille de faire 30 minutes d'activité physique modérée mais quotidienne plutôt que de faire une heure d'activité intense occasionnellement.

Des intoxications à l'origine de Parkinson

Des intoxications à l'origine de Parkinson© Istock

Certaines intoxications graves telles que l'intoxication au monoxyde de carbone ou au manganèse peuvent provoquer soudainement les symptômes de la maladie de Parkinson. C'est aussi le cas d'une drogue élaborée par un étudiant en chimie dans les années 1980, la MPTP.
Ces intoxications provoquent la mort des neurones dopaminergiques, un phénomène observé dans le cerveau des malades de Parkinson.
En pratique : Ces intoxications restent rares en France.

Se faire dépister en cas de lenteur ou tremblements

Se faire dépister en cas de lenteur ou tremblements© Istock

A ce jour, c'est l'apparition de troubles moteurs tels que la lenteur des mouvements ou les tremblements qui permettent de dépister la maladie de Parkinson. Ces troubles peuvent apparaître entre 20 et 90 ans (avec un pic entre 55 et 62 ans). Ils arrivent souvent après d'autres symptômes moins caractéristiques de la maladie tels que l'apathie (perte de motivation, d'élan vital), les troubles de l'odorat ou un sommeil très agité.
En pratique : Les troubles moteurs doivent faire l'objet d'une consultation chez un médecin généraliste, qui pourra orienter le patient chez un neurologue. "Ce dernier procède alors à un diagnostic clinique. S'il repère des signes de la maladie, il pourra prescrire des médicaments dopaminergiques au patient. Si la personne y réagit bien après 6 mois, la maladie sera définitivement diagnostiquée ", explique le Dr Pollak, neurologue.

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