Une étude, menée par des chercheurs danois et publiée dans l’European Heart Journal, suggère que le risque de maladies cardiovasculaires pourrait être bien plus grand pour les personnes dont l’enfance a été plus difficile. Pour obtenir ces résultats, des données concernant 1 263 013 personnes ont été observées jusqu’en 2018. Les personnes ayant pris part à l’étude sont toutes nées au Danemark, où elles ont continué de vivre entre 1980 et 2001. Il s’agit de la plus grande cohorte d’études jamais réalisée sur le sujet.

Des groupes différents face à l’adversité

Les auteurs de l’étude, des chercheurs de l’Université de Copenhague au Danemark, ont choisi de répartir les participants en plusieurs groupes, selon les difficultés subies et traversées durant l’enfance et l’adolescence, soit entre 0 et 15 ans. Ainsi, cinq groupes se sont formés. L'un des groupes faisait état d’une enfance aux faibles adversités recensées, alors qu’un autre comprenait des personnes ayant souffert de privations matérielles en raison d’un certain degré de pauvreté.

Le troisième groupe réunissait des personnes dont la privation matérielle a persisté de l’enfance jusqu’à l’adolescence. Le quatrième groupe concernait les personnes dont l’enfance a été troublée par la perte d’un proche à la suite d’une maladie et ceux qui ont failli subir cette perte et ont donc vu la maladie de très près. Enfin, le dernier groupe regroupait ceux dont l’adversité a été la plus forte.

Un risque de maladies cardiovasculaires 60 % plus élevé

Finalement, l’étude a permis de constater que 4 118 personnes ont subi la survenue d’une maladie cardiovasculaire à un âge compris entre leur seizième anniversaire et l’année 2018. « Nous avons constaté un risque environ 60 % plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires chez les jeunes adultes qui ont connu l'adversité durant leur enfance » a déclaré le professeur Nara Julvej Rod.

L'auteur principal des travaux a également ajouté que « cela était particulièrement vrai pour ceux qui avaient connu un décès dans la famille ou des maladies graves, telles qu’un cancer ou une maladie cardiaque ou pulmonaire ».

Une réponse au stress différente selon l’enfance vécue

Les maladies cardiovasculaires seraient-elles donc intimement liées aux inégalités sociales ? Les chercheurs à l’origine de cette étude de grande ampleur ont notamment tenté d’expliquer et de justifier cette malheureuse association « par des comportements pouvant affecter la santé, tels que la consommation d’alcool, le tabagisme et l’inactivité physique ».

En effet, il semblerait que les enfants et jeunes adultes ayant baigné dans un contexte familial difficile auraient une plus grande tendance à répondre au stress par des comportements dits « malsains ». Pour les chercheurs, cette cohorte ne fait qu'ajouter de la matière à un constat déjà partiellement documenté et avéré.

« Cela souligne l'importance de la recherche sur les facteurs de risque non génétiques au début de la vie, qui peuvent être ciblés pour une prévention précoce », ont conclu les scientifiques danois, qui précisent qu'il est essentiel d'identifier « les origines sociales d'une telle adversité et garantir des structures de soutien pour les familles en difficulté, cela pourrait potentiellement avoir des effets protecteurs à long terme».

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Sources

https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehac607/6815608?login=false

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