Salle de bains : plusieurs marques accusées de dissimuler un composant potentiellement dangereux

Publié le 24 Janvier 2018 par Bénédicte Demmer, journaliste santé
Le magazine UFC-Que-Choisir annonce qu'il porte plainte contre 9 fabricants pour avoir dissimulé la présence d'un composant potentiellement dangereux notamment plusieurs produits que l'on trouve dans les salles de bains, mais aussi des denrées alimentaires.
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© Adobe StockComposant peu connu mais pourtant très répandu dans les produits de tous les jours, les nanoparticules ont fait l'objet de nombreuses mises en garde depuis les années 2000. Face aux dangers encore flous, notamment sur les risques cancérigènes et pour les intestins, un article du journal officiel de l'Union européenne exige depuis 2011 que les fabricants mentionnent la présence de nanoparticules sur les étiquettes. Or après enquête, le magazine pour consommateurs UFC Que Choisir annonce qu'il porte plainte contre neuf fabricants de produits de consommation courante car ces derniers ne le font pas.

Les produits qui selon UFC-Que-Choisir ne mentionne pas la présence de nanoparticules :

Salle de bains : le déodorant Sanex Natur 48h® ou le Dentifrice Aquafresh triple protection + blancheur®, de la crème solaire Lavera® 100 % minérale SPF 30, du stick à lèvres nourrissant Avène® Cold cream, ou encore du gloss effet 3D - 33 brun poetic de Bourjois®.

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Alimentaire : Les M&M’s Peanuts®, Soupe Poule au pot de Casino (déshydratée)®, des épices Ducros Mélange malin italien®, du Cappuccino (préparation instantanée) Maxwell House®,

Dans son rapport l'UFC Que Choisir explique avoir analysé 16 produits alimentaires et cosmétiques et découvert que tous contenaient des nanoparticules. Parmi ces derniers, trois seulement mentionnaient la présence du composant incriminé. "Compte tenu des incertitudes scientifiques autour de l’impact sanitaire et environnemental des nanos, rappelées dans l’arrêté français de 2017, il n’est pas admissible que leur présence soit plus longtemps dissimulée", déclare le magazine.

La Ministre de l'économie avait rapporté que la DGCRRF avait constaté un grand nombre d'infractions concernant l'étiquetage des produits. Face à ce constat, l'UFC Que choisir décide donc de porter plaintes contre les entreprises fabricants ces produits et demande au ministère de la santé de publier la liste des produits en infraction dans un soucis d'information et de transparence vis à vis des consommateurs.

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Nanoparticules : quel est le danger ?

Les nanoparticules dans les aliments servent à modifier leur couleur, leur fluidité et leur texture . Le dioxyde de titane (E171) permet aux glaçages sucrés d’avoir un aspect blanchissant, mais aussi à empêcher que l’oxygène et l’humidité "altère le produit". Il sert donc principalement de colorant aux produits alimentaires.

Malgré tout, les chercheurs sont inquiets de la présence de nanoparticules dans les aliments. 60 Millions de consommateurs rappelle que l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (Anses) avait rendu en avril dernier un avis négatif sur la présence de dioxyde de titane, notamment sur les effets de la cancérogenèse du E171.

En janvier 2017, des chercheurs avaient publié sur Scientific Reports les résultats d’une étude portant sur une vingtaine de rats supplémentés dans leur alimentation par l’additif E171 . Les rats exposés présentaient " une baisse de l’activité du système immunitaire de la paroi de leur intestin ", selon Francetvinfo. De plus, "un terrain micro-inflammatoire se serait développé sur la partie terminale de l'intestin (le côlon), chez 4 des 10 rats exposés à l’additif ". Ce sont des lésions pré-néoplastiques dans le côlon (stade bénin de la cancérogénèse). Les scientifiques veulent se pencher encore plus sur le possible effet cancérigène de cet additif.

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Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) avait déjà classé l’E171 comme " cancérogène possible pour l’Homme ". Le magazine 60 millions de consommateurs précise bien " qu'aucune conclusion n’est toutefois établie pour l’homme sur ce potentiel effet ". Les scientifiques vont faire des recherches supplémentaires afin de déterminer la présence de la nanoparticule. "Le plus sage pourrait être de bannir les aliments contenant les additifs suspects " conclut le magazine.

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