Idarucizumab : ce médicament augmente le risque de caillot dans le sang

Publié le 25 Janvier 2018 par Chloé Parisse, journaliste santé
Une étude américaine relayée par Medscape démontre que le médicament Idarucizumab (Praxbind®), prescrit pour diminuer l'effet des anticoagulants, serait responsable de développement de caillot sanguin.
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© Adobe StockLes chercheurs du Pennsylvania Hospital aux Etats-Unis ont récemment découvert que l'anticorps idarucizumab (Praxbind®) serait associé à une hausse du risque thromboembolique, formation d'un caillot dans la circulation sanguine, rapporte le site spécialisé Medscape.

Un risque élevé à 90 jours

Praxbind® est un agent destiné à cibler l'anticoagulant oral direct Pradaxa® (dabigatran). Le principe actif de cette molécule destinée à empêcher ou à retarder la coagulation du sang s'apelle l'idarucizumab. Selon Medscape, au cours d'une étude nommée REVERSE-AD avec des patients hémorragiques, les scientifiques ont évalué l'effet de l’idarucizumab chez des patients sous dabigatran (anticoagulant), chez des patients hospitalisés pour des saignements majeurs et chez des patients hospitalisés pour une opération en urgence. Les résultats ont montré un arrêt des saignements dans deux tiers des cas chez les patients hospitalisés pour des saignements majeurs. Concernant les patients hospitalisés en urgence, ils ont presque tous récupéré une capacité normale de maintien du sang (hémostase) après traitement. Le problème s'est trouvé au niveau du risque d’événements thromboemboliques. Les chercheurs l'ont évalué à 4,8% à 30 jours à 6,8% à 90 jours, pour l’ensemble des patients ayant reçu une dose d'idarucizumab.

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Des patients initialement à risque thromboembolique

Lors des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie au Palais des Congrès de Paris, le Pr Sié du CHU de Toulouse a expliqué : "La plupart des événements thromboemboliques surviennent au-delà de cinq jours, dans la majorité des cas avant la reprise du traitement anticoagulant". L'hématologue a également précisé : "Il ne faut pas perdre de vue que ces patients sont, par définition, à risque thromboembolique" avant d'ajouter : "Une fois que l’hémostase est restaurée, la reprise de l’anticoagulant doit donc à nouveau être envisagée".

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