100 000 doses d’un anticancéreux périmés distribuées dans les hôpitaux

Publié le 14 Mars 2018 à 12h20 par Bénédicte Demmer, journaliste santé
L'affaire du Thiotépa®, anticancéreux dont 100 000 doses auraient été distribuées en France et en Suisse se poursuit. Selon Egora, c'est le distributeur français qui attaque désormais le fabricant allemand pour tromperie aggravée. 

La bataille judiciaire se poursuit dans l'affaire du Thiotepa®. Désormais c'est le distributeur français du médicament anticancéreux dont 100 000 doses périmées ont été distribuées à plusieurs patients qui attaque le fabricant allemand pour tromperie aggravée, révèle Egora. En janvier 2018, le journal suisse Le matin révèle que le laboratoire allemand Riemser, fabricant du médicament, a prévenu en 2011 que plusieurs flacons ne respectaient plus "la dose de principe actif exigée".

Aucun moyen de prouver le danger pour les patients

Une enquête est alors ouverte et selon Le matin, il a été révélé que le laboratoire qui s'occupe du conditionnement aurait falsifié la date de péremption jusqu'à 7 ans de plus alors qu'il n'est bon que 18 mois par soucis d'écoulement des stocks, selon la Radio Television Suisse. Il a donc été condamné à plusieurs amendes en juin 2016. Toujours selon Le Matin plusieurs hôpitaux suisses et aussi français auraient reçu des flacons dont la date date était dépassée. Le problème c'est qu'aucun expert ne peut prouver si un quelconque danger a été causé par l'administration du médicament ou si la maladie de certains patients aurait due s'améliorer alors que non puisqu'il est administré avec d'autres médicaments.

Depuis le début les acteurs de l'affaire se renvoient donc mutuellement la faute. Le laboratoire Riemser allemand a d'abord porté plainte en France en novembre 2011 pour tromperie aggravée, mais l'avocate du distributeur Français Genopharm affirme que l'enquête menée en suisse a montré que l'entreprise "n'est pas responsable d'avoir écoulé des produits périmés", rapporte Egora. Elle renvoie la faute sur le producteur allemand dont l'avocat estime qu'il s'agit simplement d'une tactique de "contre-feu", car il y a eu au moins, selon lui, une négligence de vigilance qui devrait être notifiée.

Vidéo : Cancer : la chimiothérapie

La rédaction vous recommande sur Amazon :
Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !
X