Mononucléose infectieuse : elle augmenterait le risque de schizophrénie

Une étude américaine révèle qu'il y aurait un lien entre la schizophrénie et le virus d'Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse. Les personnes souffrant de ce trouble psychiatrique auraient en effet une quantité anormalement élevée d'anticorps combattant ce virus dans leur organisme.
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Surnommée la maladie du baiser, la mononucléose infectieuse est une infection virale provoquée par le virus d'Epstein-Barr (EBV). Mais elle ne serait pas si inoffensive qu'on pourrait le penser : une étude américaine publiée dans la revue Schizophrenia Bulletin le 20 novembre 2018 révèle que les personnes ayant été touchées par ce virus auraient plus de risques de souffrir de schizophrénie.

Epstein-Barr : les personnes porteuses du virus ont 8 fois plus de risques de souffrir de schizophrénie

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mesuré les niveaux d'anticorps anti-EBV chez deux groupes de personnes : le premier comptait 432 individus atteints de schizophrénie et le deuxième, 311 sujets sains. En effet, Epstein-Barr est un virus latent qui affecte les ganglions mais également le système nerveux central dans ses formes les plus graves : une fois contaminée, la personne en reste porteuse à vie, bien que la mononucléose infectieuse ne se manifeste pas obligatoirement. Il a ainsi pu être observé que le premier groupe avait jusqu'à deux fois plus de risques d'avoir des taux élevés d'anticorps anti-EBV dans leur organisme que le deuxième groupe.

Ensuite, les chercheurs ont séquencé une portion d'ADN des participants pour déterminer leur risque génétique de schizophrénie. Au final, les résultats ont montré que les personnes qui avaient à la fois des taux élevés d'anticorps anti-EBV et un risque génétique accru de schizophrénie étaient huit fois plus à risque de souffrir de cette maladie mentale que les autres.

Prévenir la transmission du virus pour limiter les risques de schizophrénie ?

Si le lien de cause à effet reste à confirmer, selon le professeur Yolken, auteur de l'étude, "cela indique que la prévention et le traitement du virus Epstein-Barr pourraient représenter une approche pour la prévention et le traitement des troubles psychiatriques graves comme la schizophrénie". Des composés permettant d'empêcher la réplication du virus seraient également à l'étude. Mais pour l'instant, pour limiter les risques de transmission, la seule prévention efficace reste la mise en place de mesures d'hygiène : se laver correctement et régulièrement les mains et éviter les contacts rapprochés, le virus se transmettant par la salive.

Mononucléose infectieuse : quels sont les symptômes ?

Chez l'adulte, la mononucléose infectieuse se traduit par des symptômes particulièrement importants quatre à sept semaines après l'infection : fièvre supérieure à 39°C, grande fatigue, perte d'appétit, angine douloureuse avec des difficultés à avaler, présence de ganglions au niveau du cou, douleurs musculaires, maux de tête... Le site de l'Assurance Maladie explique qu'au contraire, chez l'enfant, "les symptômes sont rarement aussi marqués et ne sont pas tous présents, c'est pourquoi la mononucléose infectieuse passe souvent inaperçue à cet âge".

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Vidéo : La mononucléose, facteur de schizophrénie ?