Risque cardiaque : le Voltarène® doit être utilisé à dose faible et sur une durée courte

Publié le 28 Septembre 2018 à 11h25 par Claire Ménage, journaliste santé
L’anti inflammatoire non stéroïdien très utilisé, Voltarène® pourrait augmenter les risques cardiaques. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), rappelle dans un communiqué du 26 septembre 2018 qu’il doit être utilisé à dose faible et sur une durée courte.

© Adobe StockLe diclofénac (substance active du Voltarène®) est un anti inflammatoire non stéroïdien (AINS), prescrit pour soulager les douleurs des inflammations articulaires comme l’arthrose ou les sciatiques. Ce médicament peut se trouver en France sous la forme de "comprimés, de gélules, de suppositoires et de solutions injectables et ne peut être obtenu que sur prescription médicale", rapporte l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans un communiqué du 26 septembre 2018. Présent dans de nombreux médicaments, le diclofénac utilisé par voie orale peut avoir des effets cardiovasculaires néfastes. Il est important de rappeler aux médecins l’importance de respecter l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de ces traitements "notamment les contre-indications et les mises en garde en dehors de toute prescription médicale", explique l’ANSM.

"Son utilisation ne doit se faire que si les effets d’autres AINS n’ont pas aidé la guérison"

Une étude publiée en août dernier dans le British Medical Journal, réalisée au Danemark montre les effets secondaires que le diclofénac peut engendrer sur les patients. "Un risque d’événements cardiovasculaires (crises cardiaques, accident vasculaire cérébral (AVC)...) du diclofénac même à faible dose et pour des durées d’utilisation courtes (30 jours) est plus élevé comparé à d’autres traitements (paracétamol, ibuprofène, naproxène)", suggère l’étude. Son utilisation ne doit se faire que si les effets d’autres AINS n’ont pas aidé la guérison. L’automédication reste très fortement déconseillée par les médecins. Des évaluations européennes en 2005, 2006 et 2012 ont mentionné les risques cardiovasculaires des AINS et ont permis de les faire inscrire dans les caractéristiques et notices de chaque AINS. Une revue spécialisée sur la tolérance cardiovasculaire du diclofénac avait également rappelé dans le communiqué de l’ANSM que des règles de bon usage du médicament devaient être respectées. La revue recommande que "l’instauration du traitement précédée d’une évaluation attentive doit prendre en compte les risques cardiovasculaires du patient et que l’utilisation de la dose efficace la plus faible pendant la durée la plus courte est nécessaire au contrôle des symptômes".

D'autres évaluations européennes sont attendues

En août dernier, l'Agence nationale du médicament (ANSM) avait relayé les conditions d'utilisation restreintes du diclofénac par voie orale ou injectable pour prévenir le risque d'effets indésirables cardiovasculaires. Ces restrictions font suite aux résultats d'étude de plus de 600 essais cliniques qui ont démontré l'augmentation des effets indésirables cardiovasculaires - infarctus du myocarde, AVC. "Une nouvelle évaluation des données de sécurité du diclofénac sera conduite en début d’année 2019 au niveau européen, dans le cadre du suivi périodique des données de pharmacovigilance. Cette évaluation prendra en compte cette étude réalisée au Danemark" conclut l’ANSM.

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