Maladie de Fabry : symptômes, diagnostic, transmission, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa maladie de Fabry est une pathologie héréditaire et génétique rare. Elle occasionne des symptômes cutanés, ophtalmologiques, cardiaques, rénaux ou encore neurologiques. Définition, transmission, diagnostic, traitements… Le point.
Maladie de Fabry : symptômes, diagnostic, transmission, traitementsCrédit : CC ProteinBoxBot - Licence Domaine public :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:PBB_Protein_GLA_image.jpgCreative Commons

Qu’est-ce que la maladie de Fabry ?

« La maladie de Fabry est une pathologie génétique et héréditaire, causée par le déficit d’une enzyme lysosomale, l’alpha-galactosidase A, qui intervient dans le métabolisme de certains lipides et sucres », explique le Pr Emmanuel Andrès, chef du service de médecine interne, diabète et maladies métaboliques, du CHRU de Strasbourg.

La carence de cette enzyme, chargée d’évacuer certains lipides de l’organisme, provoque l’accumulation d’une forme de graisse spécifique (maladie de surcharge), appelée globotriaosylcéramide (Gb3), dans divers organes du corps.

Cette pathologie se manifeste alors par des symptômes systémiques, notamment dermatologiques, rénaux, cardiaques, gastro-intestinaux, vestibulaires (relatif à l’ouïe) et neurologiques. 

Étant transmise par le chromosome X, cette mutation affecte plus souvent les hommes que les femmes.

Quelle est la fréquence de cette maladie héréditaire ?

La fréquence de cette pathologie rare est mal connue. La Haute Autorité de la Santé estime qu’elle se situe entre 1 naissance sur 35 000 et 1 naissance sur 60 0000.

Quels sont les symptômes de la maladie de Fabry ?

En fonction de l’âge, du sexe, du taux d’accumulation de lipides et des organes touchés, les symptômes peuvent différer d’un patient à l’autre.  

Dès l’enfance, la maladie de Fabry peut se manifester par :

  • une sensation de brûlure, de fourmillements (acroparesthésie) au niveau des extrémités (mains, pieds). « Cela peut évoluer sous forme de crises douloureuses », indique le professeur ;
  • des angiokératomes (taches cutanées rouge lie-de-vin) ;
  • une anomalie de la cornée verticillée (en tête de méduse), qui affecte ¾ des patients ;
  • une diminution de la transpiration (hypohidrose) ;
  • une fatigue importante.

 « Pour une raison inconnue, les douleurs neurologiques disparaissent de manière spontanée chez l’adolescent au bout de quelques mois », ajoute le spécialiste.

Photo : Cornée verticillée

Photo : Cornée verticillée© Creative Commons

Crédit :Alessandro P Burlina, Katherine B Sims, Juan M Politei, Gary J Bennett, Ralf Baron, Claudia Sommer, Anette Torvin Møller and Max J Hilz - Alessandro P Burlina, Katherine B Sims, Juan M Politei, Gary J Bennett, Ralf Baron, Claudia Sommer, Anette Torvin Møller and Max J Hilz Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Morbus_Fabry_Cornea_verticillata_01.jpg

Plus tard, la maladie peut également se manifester par :    

  • des anomalies cardiaques, de type hypertrophie cardiaque (gros cœur) pouvant se compliquer en absence de traitement ;
  • des anomalies cardiovasculaires (AVC chez sujet jeune) ;
  • des problèmes rénaux, allant d’une simple protéinurie à une insuffisance rénale ;
  • une déficience auditive.

À l’exception de la douleur, les manifestations de ces symptômes tendent à s’aggraver avec l’âge.

Quelle en est la cause de cette pathologie génétique ?

La maladie de Fabry est causée par une mutation du gène GLA, transmise à la naissance par le chromosome X. Ce gène spécifique a un rôle prépondérant dans la production de l’enzyme alpha-galactosidase A, chargée d’évacuer les déchets produits par les cellules. Son déficit empêche l’organisme de lutter contre l’accumulation du lipide globotriaosylcéramide (Gb3). C’est cette accumulation progressive au niveau des cellules des vaisseaux sanguins, de la peau, des reins, du cœur et du système nerveux qui provoque les symptômes cliniques.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le seul facteur de risque inhérent à la maladie est l’hérédité.

Quels sont les personnes à risque ?

Étant transmise par le chromosome X, la maladie de Fabry touche principalement l’homme (maladie liée à l’X), dépositaire d’un seul chromosome X. La femme est dite conductrice (transmet la maladie) et peut être atteinte elle-même par la maladie, souvent plus tardivement que l’homme, et moins sévèrement.

Pourquoi les femmes sont-elles moins touchées par cette pathologie ?  

La réponse du Dr Emmanuel Andrès :  

« La femme possède deux chromosomes X. Si l’un est défaillant, l’autre est capable de compenser. Toutefois, on a découvert récemment que les fonctions de ce dernier peuvent être inhibées par lyonisation [inactivation du chromosome X, Ndlr.]. La femme peut ainsi, outre transmettre la maladie, en présenter des signes ». 

Combien de temps dure la maladie ?

La maladie de Fabry se transmet avant la naissance, et dure jusqu’à la mort

Néanmoins, les premiers symptômes se manifestent en moyenne vers l’âge de 11 ans pour les garçons et vers l’âge de 22 ans chez les filles.

Peut-elle réduire l’espérance de vie ?

En l’absence de traitement, l’espérance de vie des malades de Fabry est réduite. En moyenne, elle n’est que 50 à 65 ans pour les hommes. « Chez les femmes, il faut rajouter dix ou quinze ans », indique le spécialiste. 

Est-elle contagieuse ?

Étant héréditaire, la maladie de Fabry ne peut pas se transmettre par contagion. 

Qui, quand consulter ?

La maladie de Fabry souffre d’un retard de diagnostic fréquent. En moyenne, ce trouble héréditaire est dépisté à l’âge de 29 ans.

Quels sont les signes qui peuvent alerter ?

La réponse du Dr Emmanuel Andrès :

« À l’adolescence chez le garçon, il faut guetter des taches cutanées rouge lie-de-vin généralement au niveau du caleçon »

Photo : Angiokératomes

Photo : Angiokératomes© Creative Commons

Crédit : Ldmochowski Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angiokreatoma.jpg

Au moindre doute, il est nécessaire de se rendre chez son médecin généraliste. Ce dernier est ensuite chargé d’orienter le patient vers un centre référent.

Étant relative à l’ensemble du système, cette maladie nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. Les corps de métiers les plus souvent impliqués sont les : 

  • généticiens ;
  • néphrologue ;
  • internistes ;
  • cardiologues ;
  • dermatologues ;
  • neurologues ;
  • ORL ;
  • pédiatres.

Un suivi annuel est fortement conseillé.

Quelles complications possibles ?

Si la maladie de Fabry n’est pas traitée suffisamment tôt, elle peut engendrer de graves complications. « À l’âge adulte, l’atteinte des organes comme le rein, le cœur et le cerveau peut engager le pronostic vital », indique le Pr Emmanuel Andrès. Il peut s’agir :   

  • d’une insuffisance rénale terminale nécessitant une mise sous dialyse, voire une greffe rénale ;
  • d’une hypertrophie du ventricule gauche (gros cœur), pouvant être associée à une insuffisance cardiaque, à des troubles du rythme cardiaque ou à des malaises. Dans certains cas, la pose d’un pacemaker ou la greffe d’un cœur est nécessaire.

L’accident vasculaire cérébral est également une complication possible. À la différence des précédents symptômes cités, cette atteinte neurologique peut survenir à n’importe quel âge. « Et le traitement ne permet pas de la guérir ; la récupération des fonctions motrices ou sensitives est, hélas, parfois peu importante », ajoute le médecin.  

Quels sont les examens et analyses qui doivent être réalisés ?

En fonction du sexe du patient, les examens nécessaires au diagnostic diffèrent :

  • Chez la femme : seul un génotypage (recherche de la mutation sur le gène GLA) permet d’affirmer le diagnostic.
  • Chez l’homme : la mesure de l’activité enzymatique dans les leucocytes ou le plasma (dosage enzymatique) est suffisante.

Cette maladie étant génétique, la HAS (Haute Autorité de Santé) préconise de procéder à une enquête dans la famille du patient diagnostiqué.

Quel suivi nécessite la maladie de Fabry ?

La réponse du Dr Emmanuel Andrès :

« Chaque année, il est nécessaire de procéder à un bilan global. Un électrocardiogramme, une échographie, une prise de sang ou encore un examen neurologique doivent être notamment effectués. »

Quels sont les traitements de la maladie de Fabry ?

Les traitements de la maladie de Fabry se base sur l’enzymothérapie de substitution (administrer artificiellement l’enzyme). Il peut s’agir de Replagal® ou de Fabrazyme®. Tous deux s’administrent par voie intraveineuse tous les quinze jours à l’Hôpital. « Ils permettent de prévenir efficacement l’aggravation des symptômes et probablement les atteintes graves », indique le Pr Emmanuel Andrès.

En fonction des symptômes, certains traitements ou interventions supplémentaires peuvent être préconisés. Une activité physique se doit d’être suivie (5 à 10 000 pas par jour), ainsi qu’une alimentation équilibrée, en faisant la part belle aux fruits, légumes, poissons et viandes non grasses.

Comment prévenir sa survenue ?

La maladie de Fabry étant héréditaire, il n’est pas possible de la prévenir.

Sites d’informations et associations

APMF – Association de patients de la maladie de Fabry 

Orphanet – Portail d’informations sur diverses maladies rares, notamment la maladie de Fabry

Source(s):

Le site de la Haute Autorité de la Santé : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-03/dir3/pnds_30_-_maladie_de_fabry_-_synthese_a_destination_du_medecin_traitant.pdf [consulté le 10 février 2020]

Le site de l'Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des produits de santé : https://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/078cbe995d7d1d6885484e62bb44133a.pdf [consulté le 10 février 2020]

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