AVC : après avoir attendu 8 heures aux urgences, il rentre chez lui

Au CHU de Nîmes, un homme victime d'un AVC a patienté pendant près de 8 heures dans la nuit du 13 au 14 février 2018 avant de décider de rentrer chez lui, sans avoir été pris en charge, rapporte Midi Libre.

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© Adobe StockLe pire a été évité aux urgences de Carémeau au CHU de Nîmes. Un homme victime d'un malaise a attendu, en vain, de 21h à 5h du matin que des médecins s'occupent de lui. Bredouille, l'homme est rentré chez lui, sans savoir qu'il faisait un AVC, rapporte Midi Libre.

"Je menace les médecins de repartir chez moi et ils disent à ma femme que cela les arrange !"

Les faits remontent au 13 février 2018 lorsque Jean-Louis, un homme résidant à Nîmes, s'effondre de façon brutale sur le sol de son appartement aux alentours de 20h30. Sa femme a le réflexe d'appeler immédiatement le SAMU. Au bout du fil, un médecin conseille à l'homme de ne pas bouger et explique qu'une ambulance va venir le chercher pour le transporter aux urgences de Carémeau au CHU de Nîmes. Une fois arrivé sur place, l'attente ne fait que commencer. Jean-Louis explique à Midi Libre sa nuit qu'il qualifie de "galère", où les heures ne font que défiler : "Jusqu'à 5 h du matin, aucun des deux médecins ne vient me voir ou me faire un examen. Je menace de repartir chez moi et ils disent à ma femme que cela les arrange ! On m'a conseillé depuis de porter plainte" explique-t-il. Jean-Louis met ses menaces à exécutions et décide de commander un taxi pour regagner son domicile, sans même avoir reçu un diagnostic de la part d'un professionnel de santé. Le 14 février, le verdict tombe : "Le lendemain je vois mon médecin qui me dirige vers l'IRM et un spécialiste. Résultat : j'ai eu un AVC !" explique-t-il à Midi Libre.

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De l'insatisfaction aux urgences

La direction du CHU de Nîmes a depuis expliqué au quotidien régional que les urgences étaient particulièrement solicitées au cours de cette fameuse nuit : "Le service n'a pas pu prendre en charge d'urgence le patient qui est sorti plus tard contre avis médical. Le 20 février, il est revenu au CHU pour être pris en charge sans délai d'attente cette fois pour une batterie d'examens classiques" se rassure la direction. "Comme l'intervention n'est pas programmable au service des urgences, il peut y avoir de l'insatisfaction. On insiste vraiment pour que les patients nous interpellent afin qu'on étudie leur parcours et pour rectifier le tir par la suite".

Le CHU de Nîmes invite tout patient ayant vécu une situation similaire à saisir la commission des usagers par le biais d'un courrier. "Un médecin indépendant, chargé de la qualité de l'accueil et des soins, rend son avis sur ce qui s'est passé, notamment sur la prise en charge si celle-ci a été bien plus tardive que la moyenne. Nous tenons à avoir une vision de la gestion des risques" explique la direction à Midi Libre. Des mesures prises dans le but d'éviter que le cas de Jean-Louis ne se reproduise. Le quotidien régional rappelle qu'en 2017, la commission des usagers a traité au total 164 dossiers de réclamations.

mots-clés : Maladies, Avc, Urgences, Attente
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