Insuffisance cardiaque : la maladie du cœur qui touche 500 000 personnes sans le savoir

Comme l’AVC et l’infarctus, l’insuffisance cardiaque peut représenter une urgence vitale. Apprenez à reconnaître les premiers symptômes de cette maladie cardiaque et à adopter les bonnes habitudes pour prévenir cette pathologie.

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© Adobe StockElle est responsable de plus de 160 000 hospitalisations et de 24 000 décès par an en France . L’insuffisance cardiaque correspond à "un état pathologique indiquant que la pompe cardiaque n’est plus capable d’assurer un débit de sang suffisant pour satisfaire les besoins des organes en cas d’effort, puis même au repos", selon l’Alliance du cœur. Actuellement, un million de personnes souffrent de cette maladie en France, mais ce chiffre ne correspond qu’aux cas diagnostiqués. "L’insuffisance cardiaque touche probablement plutôt un million et demi de personnes , en comptant les 500 000 cas estimés qui ignorent en être affectés", révèle le docteur Florence Beauvais, cardiologue à l’Hôpital Lariboisière (Paris). Très mal connue, cette pathologie cardiaque peut pourtant revêtir un caractère d’urgence, "au même titre que l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou que l’infarctus, car elle provoque des œdèmes pulmonaires", alerte le docteur Beauvais.

EPOF : le sigle pour reconnaître une insuffisance cardiaque

Mais comment reconnaître cette maladie ? Le signal d’alerte tient en quatre lettres : EPOF . Un Essoufflement à l’effort , une Prise de poids rapide (1kg par jour), des Œdèmes qui débutent souvent au niveau des jambes et remontent vers le haut du corps et une Fatigue à l’effort constituent en effet les principaux symptômes de l’insuffisance cardiaque. Quel que soit votre âge, l’apparition de ces signes doit vous mettre la puce à l’oreille, et vous inciter à consulter un médecin. Car " l’insuffisance cardiaque ne touche pas que les personnes âgées ", précise le docteur Florence Beauvais. Les hommes et les femmes de plus de 70 ans représentent certes plus d’un cas sur deux, mais les personnes qui ont entre 45 et 70 ans sont également à risque, "notamment si elles fument, ont de l’hypertension ou ne pratiquent pas d’activité physique régulière", précise la cardiologue. Plus rarement, les jeunes de moins de 45 ans peuvent aussi souffrir d’insuffisance cardiaque en cas de cardiomyopathie familiale ou toxique, liée par exemple à une consommation excessive d’alcool. Problème : "avant 70 ans, les sujets se sentent beaucoup moins à risque d’insuffisance cardiaque à cause des idées reçues qui la catégorisent à tort parmi les maux de personnes âgées", déplore la médecin.

Traiter l’insuffisance cardiaque pour éviter le handicap

Côté prévention, comme pour toute maladie cardiovasculaire, les mots d’ordre comprennent la diminution des substances toxiques (alcool et tabac), la prise en charge du diabète, et la pratique régulière d’une activité physique. Côté traitement, la prise en charge de l’insuffisance cardiaque se décline en trois points : "des médicaments de différentes classes associés entre eux, un régime contrôlé en sel (moins de 6 grammes par jour ou moins de 3 grammes par jour dans le cas d’une insuffisance cardiaque sévère, sachant qu’un·e Français·e consomme en moyenne 10 grammes de sel par jour) et, enfin, une activité physique adaptée en endurance", décrit le docteur Beauvais. "Bien traitée, une insuffisance cardiaque peut ne plus donner de poussée d’insuffisance, c’est-à-dire d’œdème pulmonaire", appuie la cardiologue. Le but de ces traitements ? Venir à bout du handicap déclenché par l’insuffisance cardiaque . "Ce type de handicap est moins visible que celui de l’AVC par exemple, mais comporte tout de même une incapacité à se déplacer à cause de l’essoufflement, des hospitalisations fréquentes et, à terme, une perte de vie sociale", dévoile la spécialiste.

Le sport santé, l’allié du cœur

Actuellement, le taux de décès 5 ans après l’apparition des premiers symptômes est de 50% . Un chiffre que les médecins espèrent bien faire chuter, grâce à une prévention accrue et à un suivi plus efficace au moyen d’une meilleure coordination entre les différents acteurs du parcours de soin (cardiologue, médecin généraliste, infirmier·ès, diététicien·ne·s, kinésithérapeutes et pharmacien·ne·s.). Mais la clé de la lutte contre l’insuffisance cardiaque reste l’activité physique , "indispensable pour reconditionner les muscles et augmenter leur tonus", relève le docteur Patrick Assyag, cardiologue à Paris et vice-président de la Fédération Française de Cardiologie (FFC). Les patients traités pour une insuffisance cardiaque bénéficient ainsi d’un accès à 250 centres "Cœur et santé" en France. Dans ces clubs, à l’aide d’un professionnel, le patient pratiquera l’activité la mieux adaptée à son cas. "Actuellement, même lorsqu’ils sont prescrits par un médecin, les séances dans ces clubs ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. Néanmoins, certaines mutuelles commencent à proposer des contrats qui indemnisent les séances de sport santé" nous apprend le docteur Assyag. Un constat prometteur pour le combat contre l’insuffisance cardiaque.

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