Maladie de Lyme : bientôt un vaccin pour se protéger des morsures de tiques Adobe Stock
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Bêtes noires des randonneurs, promeneurs en forêt, campeurs et ramasseurs de champignons, les tiques se cachent dans les zones boisées et humides. Une fois accrochées à la peau de leur hôte, elles mordent et se gargarisent du sang de leurs victimes.

Si ces parasites acariens hématophages (comme les puces de lit ou les moustiques tigres) suscitent autant de craintes que les moustiques tigre s, c’est parce que ces tiques représentent le deuxième vecteur de maladies chez l’Homme (le premier chez les animaux).

Décrite pour la première fois en 1975, la maladie de Lyme est causée par une bactérie, Borrelia, portée et transmise par les tiques, de type Ixodes ricinus en Europe et Ixodes scapularis aux États-Unis et Canada.

Autrement dit, quand une tique infectée par la bactérie Borrelia mord un être humain, elle peut lui transmettre la bactérie responsable de la maladie de Lyme, également appelée Borréliose de Lyme.

En cas d’infection, les premiers symptômes apparaissent dans les 3 à 30 jours après la morsure : rougeurs de la peau (érythème migrant), syndrome grippal accompagné parfois de fatigue, de fièvre et de douleurs musculaires et articulaires.

Maladie de Lyme : un risque d’infection plus grand entre mai et octobre

Le risque d’attraper cette maladie infectieuse (zoonose) après la morsure d’une tique infectée est plus important lors de la période d’activité des tiques, entre mai et octobre. C’est pourquoi chaque année, les pouvoirs publics mettent en place des campagnes de sensibilisation et de prévention aux morsures de tiques.

Fréquente en Europe, la prévalence de la maladie de Lyme est documentée en France. Le site de l’Assurance maladie renseigne sur son évolution dans l’Hexagone ces dernières années : 50 133 cas de maladie de Lyme ont été enregistrés en France en 2019. Un chiffre qui est monté à 60 033 cas en 2020, pour connaître une inflexion en 2021 avec 46 598 cas déclarés. En 2021, 663 personnes ont dû être hospitalisées des suites de cette infection à la maladie de Lyme.

Maladie de Lyme : les régions Centre et l’Est les plus concernées

On sait aussi où cette maladie de Lyme frappe le plus : les régions Centre et l’Est (Alsace, Lorraine, Limousin) sont les plus concernées par la Borreliose de Lyme, d’après les données rendues publiques par l’assurance maladie.

Le microbiote des tiques ciblé

A l’heure actuelle aucun vaccin n’existe pour se prémunir de la dangerosité des tiques. Néanmoins, la donne pourrait changer à la lumière de la découverte faite par des chercheurs français de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE. Les scientifiques, aidés de chercheurs de l’Anses et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, ont mis au point une stratégie de vaccination indirecte, qui en ciblant les tiques, pourrait aider à se protéger de la maladie de Lyme.

Un vaccin qui protège de la colonisation par Borrelia

La clé de cette piste innovante repose sur un vaccin qui va affecter le microbiote de la tique. Le concept et l’expérience réalisée par les chercheurs français sont décrits dans un communiqué de l’Inrae : les chercheurs ont injecté le vaccin à des souris en utilisant une autre bactérie (une souche d’Escherichia coli) inoffensive dans ce contexte, comme cheval de Troie.

Une fois dans l’organisme, cette bactérie inoffensive a stimulé la fabrication d’anticorps par la souris. "Si la souris est ensuite mordue par une tique, ces anticorps interagissent avec le microbiote de la tique et le modifient", précise le communiqué.

Les tiques à l’origine des morsures, dont le microbiote a été perturbé, ont révélé après analyse, une présence moindre de la bactérie Borrelia (responsable de la maladie de Lyme) que les tiques qui ont mordu des animaux non vaccinés.

Un espoir de vaccination préventive

Pour les chercheurs, l’administration de ce vaccin à une souris, ""protège" la tique contre la colonisation par Borrelia (mais ne protège pas la souris de la maladie)", précise l’Inrae.

La portée de cette découverte est double, selon les chercheurs : elle souligne l’importance du microbiote dans l’infection des tiques par Borrelia dans la mise au point d’un futur vaccin. "Les résultats confirment que le microbiote des tiques est un élément primordial pour le développement de Borrelia dans la tique. Une donnée essentielle qui laisse envisager le développement d’une stratégie de vaccination innovante qui vise à perturber le microbiote du vecteur de l’agent de la maladie de Lyme", concluent les chercheurs.

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