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Le syndrome de la gentille fille est essentiellement féminin. Il va être influencé par l’éducation, les projections parentales et des préconceptions sociétales associées autour de certains stéréotypes féminins, notamment celui qu’une fille modèle doit être au service des autres, et de sa famille pour être une bonne personne.

"On parle de syndrome de la gentille fille en cas de suradaptation aux autres, notamment avec leur famille, et d’attitudes ou comportements hyper-accommodants qui donnent plus d’importance aux besoins et désirs des autres", décrit Sébastien Garnero, docteur en psychologie, psychologue et sexologue clinicien chargé d’enseignement universitaire à Paris. Les personnes touchées par ce syndrome vont jusqu’à s’oublier elle-même ainsi que leurs propres désirs.

"Elles sont le plus souvent hypersensibles, avec des tendances hyper-empathiques, excessivement gentilles, incapables de poser des limites aux autres".

Notre expert tient à mettre en avant le fait que bon nombre de femmes "trop gentilles" et trop conciliantes sont parfois les victimes de leur famille, conjoint, collègues, chefs…et en souffrent souvent en silence, jusqu’à ce qu’elles n’en puissent plus. Ce syndrome peut être propice à la dépression, à des troubles psychosomatiques, ou bien à des troubles anxieux généralisés.

Pourquoi développe-t-on le syndrome de la gentille fille ?

"Les facteurs d’éducation sont déterminants ainsi que les messages parentaux adressés en lien avec une forme d’assujettissement de l’enfant plus que de l’épanouissement. Avec l’idée de correspondre à l’image que l’on veut avoir de son enfant qui doit s’y conformer, y compris en le rabaissant, en le dévalorisant, au travers d’une forme de culpabilisation intériorisée à terme par ce dernier", explique Sébastien Garnero.

On retrouve parfois dans ce type de problématique, un des parents (ou les deux) qui présente des troubles de la personnalité. Des parents qui ont une vie de couple dysfonctionnelle est aussi un facteur propice au syndrome de la gentille fille.

Le psychologue met aussi en cause des facteurs sociétaux et culturels ainsi que les conditionnements de stéréotypes de genres qui ont parfois tendances à influencer les comportements féminins vers une forme d’allégeance où elles devraient toujours se rendre disponibles, gentilles, douces, et être au service des autres…

Syndrome de la gentille fille : 11 signes qui ne trompent pas

Vous pensez vous reconnaître dans le syndrome de la gentille fille ? Vous avez un proche qui semble en souffrir ? Les comportements révélateurs vont relever de l’hypersensibilité et de l’hyperempathie. La culpabilité permanente est aussi très fréquente : la personne va culpabiliser à chaque fois qu’elle a l’impression de ne pas en avoir assez fait pour les autres. Sébastien Garnero évoque 11 symptômes précis :

  • L’hyperempathie : "elles prêtent une attention excessive aux besoins et désirs des autres, en s’efforçant d’y répondre, quitte à éclipser leur propre désir", décrit l’expert ;
  • L’hypersensibilité : elles sont trop sensibles aux émotions des autres, en particulier de leurs proches et de leur famille ;
  • La sociotropie : elles ont une tendance forte à modifier leurs attitudes et comportement en privilégiant les besoins et envies des autres afin de leur plaire, de leur faire plaisir ;
  • L’anxiété liée à la peur de décevoir, de l’échec, de ne pas avoir réussi à satisfaire l’autre ;
  • L’auto dépréciation et la dévalorisation de soi ;
  • L’auto culpabilisation de soi : "je n’ai pas été à la hauteur, j’ai mal fait…" ;
  • La sensibilité au stress et aux contrariétés, notamment dans les situations interpersonnelles ;
  • L’impossibilité de s’accorder du temps à soi sans culpabiliser ;
  • La tendance auto-sacrificielle en faveur de la famille, les proches, la couple… ;
  • La difficulté à vivre le conflit, le désaccord et la tendance à toujours rechercher l’approbation de l’autre ;
  • Le déficit d’affirmation de soi ;

L’issue de ces symptômes peut aboutir chez certaines femmes avec le temps à l’épuisement, le surmenage et à des formes de dépressions, met en garde notre spécialiste.

Syndrome de la gentille fille : elles finissent par en souffrir

"Les femmes qui présentent ces difficultés ont souvent du mal à sortir de cette place qui leur a été attribuée plus jeune. Elles continuent dans leur vie adulte à faire passer les désirs des autres avant les leurs dans tous les domaines de leur vie tout, et se rendent progressivement compte qu’elles finissent par en souffrir de plus en plus, estime Sébastien Garnero. À force de vouloir être aimables, serviables, elles finissent par ne plus être respectées, ni se respecter elle-même. Cette position sacrificielle ne peut plus tenir à terme".

Syndrome de la gentille fille : les clés pour en sortir

L’accompagnement par un professionnel de santé (psychologue, psychiatre, psychothérapeute) sera indispensable pour faire céder les symptômes mais aussi pour apprendre à se connaître, à suivre ses besoins et ses propres désirs. C’est important afin de s’autoriser à vivre sa vie pleinement dans une optique d’épanouissement.

"En règle générale, ce n’est qu’après des impasses de vie (amour, couple, amitié, famille, travail…), et une certaine souffrance que les personnes ressentent le besoin de consulter, et de changer quelque chose dans leur fonctionnement psychique et positionnement psychologique", nous explique Sébastien Garnero.

Dans les premières phases, il s’agira déjà de pouvoir prendre conscience de son fonctionnement, et de repérer les conséquences dans nos relations, les souffrances et les frustrations que cela peut engendrer.

Apprenez à prendre soin de vous sans culpabiliser

"Pour ce faire, il est essentiel d’identifier les fausses croyances et schémas de répétition que l’on a intégrés. Puis, il va s’agir d’apprendre à se faire respecter et poser des limites aux autres dans leur empiètement sur notre propre liberté. C’est une phase souvent délicate mais fondamentale. Apprendre à prendre soin de soi et se faire plaisir sans se culpabiliser est un aspect important également", détaille le spécialiste.

"Accéder à son propre désir, en le reconnaissant, en l’affirmant, quitte à ce que cela ne plaise pas toujours aux autres, sera une phase déterminante".

Prendre enfin conscience que l’on peut être aimé pour ce que l’on est et pas uniquement en se conformant aux besoins de l’autre est aussi une phase décisive.

Sources

Merci à Sébastien Garnero, docteur en psychologie, psychologue et sexologue clinicien chargé d’enseignement universitaire à Paris

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