Cou : la chiropractie pourrait entraîner des saignements dans les yeux

Publié le 02 Octobre 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Aux Etats-Unis, une femme a souffert d'une hémorragie intraoculaire suite à une séance de chiropractie. Si ce type d'incident est le premier dans son genre, les risques d'une telle pratique sont réels, nombreux et confirmés par les professionnels de santé.
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Si les chiropracteurs seraient entre 500 et 700 dans l'Hexagone, leurs patients ne sont sans doute pas tous au courant des risques potentiels de cette pratique, notamment au niveau de la vue. Aux Etats-Unis, un premier cas d'hémorragie intraoculaire a en effet été recensé suite à une séance de chiropraxie.

Chiropraxie : des complications oculaires possibles, mais pas que

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L'incident a été rapporté le 19 octobre 2017 à l'American Journal of Ophthalmology Case Reports par des optométristes du Kellogg Eye Center de l'université du Michigan. Une femme de 59 ans s'est plaint de l'apparition de trois taches devant les yeux, "immédiatement après qu'un chiropracteur lui a manipulé la colonne cervicale" en utilisant la technique dite diversifiée : elle consiste en un ajustement rapide mais peu intense d'une vertèbre, effectué avec les mains. Cette manipulation a provoqué chez la patiente une hémorragie intraoculaire avec une baisse de vision pouvant, dans les cas les plus graves, entraîner une cécité.

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Si sa vision s'est rétablie deux mois après sans l'aide d'un quelconque traitement, les auteurs de l'étude de cas soulignent que la manipulation de la colonne vertébrale par les chiropracteurs peut entraîner bon nombre d'autres complications, notamment une dissection d'une artère cervicale, une cause d'accident vasculaire cérébral (AVC). Déjà en 2014, l'American Heart Association alertait la population de ce risque à travers un communiqué, après que 100 cas d'AVC ont été recensés après une séance de chiropraxie.

Les auteurs encouragent ainsi les personnes suivant des séances de chiropraxie ou tout autre type de médecine alternative à en informer leur médecin traitant, et ces derniers à expliquer à leurs patients les potentiels risques liés à cette pratique.

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Chiropraxie : recours possible sous certaines conditions

En France, ce n'est que depuis 2011 que les conditions d'exercice de la chiropraxie ont été fixées, après que cette disclipine soit devenue légale en 2002 (loi Kouchner). Celle-ci se définit, selon l'Institut franco-européen de chiropraxie, comme une thérapie manuelle visant à "traiter et prévenir les troubles de l’appareil neuro-musculo-squelettique". La loi française stipule qu'une "manipulation ou mobilisation cervicale" ne doit cependant pas être effectuée chez les personnes souffrant d'atteintes traumatiques, néoplasiques, rhumatologiques, vasculaires ou encore neurologiques. La liste de contre-indications aux manipulations ou mobilisations cervicales est la suivante :

"- Fracture, tassement, déchirure ligamentaire avec instabilité articulaire.- Tumeurs malignes (primitive ou secondaire, tumeurs méningées), tumeurs bénignes fragilisant la structure osseuse.- Spondylodiscite, ostéomyélite.- Pathologie rhumatismale systémique avec laxité majeure.- Signes d'insuffisance vertébro-basilaire.- Ostéopénie majeure, myélopathies.- Compression radiculaire.- Méningite."

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