Définition : c’est quoi une mycose génitale ?   

La mycose génitale est une affection des organes génitaux, due à la prolifération de champignons microscopiques de la famille des Candida. "Le plus souvent, il s’agit du Candida Albicans", précise l’infectiologue Jean-Marc Bohbot, expert des maladies uro-génitales à l’Institut Fournier. Dans la grande majorité des cas, le développement de cette infection génitale se fait de manière endogène – c’est-à-dire qu’elle n’est pas due à une cause extérieure.

Très courante chez la femme, la candidose génitale se manifeste plus rarement chez l’homme. "Les champignons microscopiques ne s’attaquent qu’à un certain type de cellule, et l’homme en a peu au niveau du gland", précise le docteur. Pour l’un ou l’autre sexe pour autant, il s’agit d’une infection sans gravité. La guérison spontanée étant exceptionnelle, il convient cependant de la traiter.   

Qu'est-ce que la mycose vaginale chez la femme ?  

Le champignon Candida Albicans faisant partie de la flore vaginale normale de la femme, cette candidose génitale est fréquemment rencontrée chez cette population. On parle alors de mycose vaginale ou de mycose vulvaire.

Elle peut se manifester par : 

  • des démangeaisons intimes ; 
  • des irritations notamment à l’entrée du vagin
  • des pertes blanches à l'aspect grumeleux ; 
  • une sensation de brûlure vaginale.

Pouvant être douloureuse notamment lors de la miction, la mycose vulvo-vaginale peut être apaisée grâce à des crèmes spécialisées à appliquer sans massage. Le soin intime Saforelle est, par exemple, l'un des plus couramment utilisés. 

Pour autant, calmer l'inconfort de l'infection n'est pas la soigner ! La mycose vaginale guérit en seulement quelques jours si elle est correctement traitée. À noter que les cas de récidives sont extrêmement fréquents. Dans ce cas de figure, un traitement à base de probiotiques pouvant durer de trois à six mois peut être indiqué.

Chiffres : quelle est la fréquence de la candidose génitale ?  

Particulièrement courante chez les femmes, les mycoses vulvaires touchent 75% d’entre elles au moins une fois au cours de leur vie. Pour les hommes, la mycose du gland est, en revanche, plus rare. "C’est une pathologie peu fréquente, donc il n’existe pas de répertoire officiel et les études sont très partielles", indique l'infectiologue.

Quels sont les symptômes d’une mycose génitale ?

La candidose génitale se manifeste de manière distincte chez l'homme et chez la femme.

  • Chez l’homme : apparition d’une rougeur au niveau du gland, présence de petites pustules blanches (boutons). "Les lésions peuvent démanger et brûler, mais ce n’est pas obligatoire", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.
  • Chez la femme : infection de la vulve et du vagin s’accompagnant de pertes blanches épaisses et crémeuses, de démangeaisons et de brûlures pouvant être externes ou internes.

Quelle est la cause ?

Les mycoses génitales sont dues à la présence d’un champignon microscopique. La plupart du temps, il s’agit du Candida Albicans. En fonction du sexe du patient, la cause du développement de cette infection génitale n’est pas la même.  

Chez la femme, ce champignon fait partie de la flore vaginale normale. En cas de déséquilibre de cette dernière, ce champignon, qualifié d’"opportuniste", se développe en surnombre. C’est cette démultiplication qui provoque l’apparition d’une candidose vaginale.

Sur la peau du gland de l’homme en revanche, le champignon responsable de l’infection se développe plus difficilement. "Son développement est souvent lié à une mauvaise hygiène ou à du diabète", indique le spécialiste. 

Photo de Candida albicans

Photo de Candida albicans© Creative Commons

Crédit : CDC/Dr. William Kaplan Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Candida_albicans_PHIL_3192_lores.jpg

Candidose génitale : quels sont les facteurs de risque ?     

En fonction du sexe, les facteurs de risque diffèrent. Pour les hommes, une mauvaise hygiène intime est, par exemple, un facteur souvent favorisant. À l’inverse, un excès d’hygiène peut également entraîner l’apparition d’une mycose. "Il faut se laver maximum deux fois par jour, à raison d’une fois le matin et d’une fois le soir en utilisant des produits adaptés", explique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Les femmes, quant à elles, doivent prendre garde à :

  • la prise d’antibiotiques ;
  • la prise de certaines pilules contraceptives ;
  • une hygiène intime excessive. "L’utilisation en excès d’une douche vaginale ou de produits antiseptiques peuvent déséquilibrer la flore vaginale", indique le spécialiste ;
  • le stress chronique ;
  • le tabac. "Quatre cigarettes par jour suffisent à provoquer un risque de déséquilibre de la flore vaginale", ajoute l’expert.

Doit-on arrêter les rapports sexuels lorsqu’on présente une candidose ?  

Les conseils du Dr Jean-Marc Bohbot :  "La seule contre-indication est que les rapports peuvent ajouter une irritation mécanique à l’irritation de l’infection." 

Quelles sont les personnes à risque ?

Les personnes diabétiques, homme ou femme, sont plus enclines à développer des candidoses génitales.

Pour les femmes enceintes, le risque est également plus grand. "Ce champignon se nourrit de sucre. Or pendant la grossesse, l’œstrogène est extrêmement présent dans le vagin. Et plus il y a d’œstrogènes, plus il y a de glycogènes [ensemble de molécules de glucose, Ndlr.]", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

À noter que les hommes non-circoncis sont également plus susceptibles de développer cette infection génitale du gland à cause de la longueur de leur prépuce qui favorise la macération. Les champignons, appréciant particulièrement les endroits chauds et humides, peuvent alors s’y développer plus facilement.  

Durée : combien de temps dure la candidose génitale ?

Comme dit précédemment, la guérison spontanée d’une candidose génitale est rare. Si elle est traitée, elle peut, cependant, disparaître en seulement trois à quatre jours. Les récidives chez les femmes sont, pour autant, très fréquentes.

Si la mycose n’est pas due à un Candida Albicans, le temps de guérison  peut être plus important. "L’infection peut alors résister au traitement habituel. Il ne faut pas utiliser exactement les mêmes molécules", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Contagion : comment attrape-t-on une mycose intime ?  

Cette infection des organes génitaux est souvent endogène – c’est-à-dire qu’elle n’est pas le résultat d’une cause extérieure.

À noter que la candidose génitale n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible. "Il est possible cependant qu’un homme ressente une irritation au niveau du gland à la suite du rapport, précise le spécialiste. Non pas à cause des champignons, mais parce que les sécrétions d’une femme ayant une mycose sont plus acides que la normale. Comme c’est juste une irritation, ça guérit sans intervention".    

Mycose génitale : qui et quand consulter ?        

Dès l’apparition de symptômes évoquant cette infection génitale, il est possible de se rendre chez son pharmacien sans ordonnance.

En plus d’un ovule pour les femmes, ce dernier fournira une pommade antifongique à appliquer quotidiennement. "Attention ! Si les symptômes persistent plus de trois à quatre jours, il convient d’en cesser immédiatement l’application et de se rendre chez son médecin généraliste", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

L’inefficacité du traitement peut être le signe d’un mauvais diagnostic, notamment pour les hommes où les rougeurs peuvent être causées par d’autres pathologies comme le psoriasis ou l’eczéma.  "L’application prolongée au-delà de cette période chez les hommes peut, à terme, causer une irritation supplémentaire qui compliquera le traitement ultérieur", prévient le docteur

Candidose génitale : quelles sont les complications possibles ?

En fonction du sexe du patient, les complications diffèrent.

Chez la femme, le risque principal de la mycose vulvaire est la récidive. 5 à 8% d’entre elles en sont victimes. "Il faut alors rééquilibrer la flore vaginale avec un traitement aux probiotiques long de trois à six mois", indique le spécialiste.

Chez l’homme en revanche, il n’existe pas à proprement parler de complication de la mycose du gland. "Celles qui existent sont principalement liées à des traitements qui ne sont pas appropriés. Par exemple, une crème anti-inflammatoire à la cortisone sur une mycose n’est vraiment pas conseillée", ajoute le Dr Jean-Marc Bohbot.  

Mycose génitale : quels sont les examens et analyses ?

Le plus souvent seul un examen clinique suffit. Un prélèvement peut cependant être effectué dans certains cas de figure, notamment en cas de candidose  récidivante.

Comment traiter une candidose génitale ?  

En fonction du sexe du patient, le traitement ne sera pas le même :

  • S’il s’agit d’une femme :

Afin de soigner la candidose, le praticien peut prescrire l’utilisation d’ovules vaginaux. "Il s’agit d’utiliser un ou deux ovules à trois jours d’intervalle", précise le spécialiste. Une ordonnance à laquelle il faut ajouter l’utilisation d’une crème antifongique (éconazole, fenticonazole, sertaconazole) à appliquer sur la vulve, ainsi que l’utilisation d’un savon doux pour l’hygiène intime. 

En cas mycose vaginale à répétition, un traitement oral peut également être préconisé pendant trois à six mois. "On prescrit notamment du Fluconazole à raison d’une gélule par semaine accompagnée d’un traitement aux probiotiques", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

  • S’il s’agit d’un homme :

L’application locale d’une crème antimycosique pendant quatre à cinq jours devrait suffire à venir à bout de cette infection du gland du pénis. "Pour la toilette intime, l’utilisation d’un produit doux est également conseillée afin d’éviter les irritations induites parfois par le gel-douche", précise le docteur. En cas de récidive notamment chez les hommes diabétiques, un médicament par voie orale peut également être prescrit en complément. 

Le partenaire sexuel nécessite-t-il un traitement ? 

Les conseils du Dr Jean-Marc Bohbot : " Les candidoses génitales ne sont pas des infections sexuellement transmissibles. Je vois encore beaucoup trop d’ordonnances prescrites à l’homme par le biais de sa compagne présentant une mycose. Il va se mettre de crème antifongique alors qu’il n’a rien. Et ça va probablement irriter son gland".

Est-il possible de prévenir la candidose génitale ?

La réponse du Dr Jean-Marc Bohbot :

"Il n’existe pas de vaccin contre les mycoses. Prévenir, c’est essentiellement prévenir la récidive. Pour les femmes faisant des mycoses à répétition, il s’agit de se rendre chez le médecin afin de commencer un traitement aux probiotiques. Pour les hommes, il suffit de bien se laver tous les jours en faisant attention à décalotter le gland lorsqu’il n’est pas circoncis".

Sites d’informations et associations      

Association canadienne de dermatologie

Fédération française d’infectiologie

Sources

Le site du Collège national des gynécologues et obstétriciens français

http://www.cngof.asso.fr/d_cohen/coB_26.htm [consulté le 31 octobre 2020]

Le site du CHU de Rouen 

http://www.chu-rouen.fr/page/candidose-vulvovaginale [consulté le 31 octobre 2020]