Un nouveau test capable de détecter une maladie du foie gras

Des chercheurs danois et australiens ont élaboré un algorithme capable de déceler la maladie du foie gras, particulièrement difficile à diagnostiquer. L'outil a également mis en évidence un lien entre la sévérité de la maladie et le taux élevé d'une certaine protéine présente dans notre corps. Une découverte qui permettrait un diagnostic et une prise en charge précoces et donc d'éviter les complications.

Publicité

© IstockOn estime que la stéatose hépatique non alcoolique, également connue sous le nom de maladie du foie gras ou encore NASH, touche 900 000 personnes en France. Un chiffre sûrement sous-évalué, du fait que la maladie, asymptomatique, soit difficile à diagnostiquer. Des chercheurs danois et australiens se sont penchés sur ce problème en élaborant un algorithme capable de la détecter mais également d'identifier son stade d'avancement, en prêtant attention à la présence d'une protéine en particulier dans notre corps. L'étude a été publiée le 16 juillet 2018 dans la revue American Association for the Study of Liver Diseases.

Publicité
Publicité

NASH : la détecter tôt pour éviter les complications

La maladie du foie gras correspond à un excès de graisse au niveau du tissu hépatique. Elle résulte généralement d'une alimentation riche en graisses, de l'obésité ou encore d'un manque d'activité physique. Elle peut entraîner des lésions hépatiques qui amèneront des complications telles qu'une fibrose sévère (on parle alors de cirrhose) ou un cancer. L'étude s'est basée sur 431 patients atteints de stéatose hépatique venant d'Australie, du Royaume-Uni et du Japon. Les données concernant leur âge, la présence de diabète ou non, le nombre de plaquettes mais également la présence de PRO-C3, biomarqueur de la protéine du collagène, ont été récoltées afin de créer un algorithme nommé ADAPT.

Résultat : l'algorithme a pu identifier avec précision une fibrose avancée chez 92% des patients. Ce diagnostic a pu être établi notamment grâce à PRO-C3 : les chercheurs ont en effet observé que plus son taux était élevé, plus la fibrose était sévère. Une découverte d'autant plus importante qu'elle permettrait un diagnostic et une prise en charge précoces et donc de réduire les risques de complications : "Notre outil pourrait aider à identifier la fibrose avancée chez les patients, ce qui est crucial car ce sont les personnes qui ont le plus de chance de développer des complications, explique le professeur Eslam. Si la maladie du foie gras et la fibrose sont détectées et traitées précocement, on peut éviter les dommages permanents au foie et d'autres maladies potentiellement mortelles".

700 000 personnes touchées par la cirrhose

En France, 700 000 personnes seraient touchées par la cirrhose. Cette maladie du foie dont les principaux facteurs de risque sont l'alcool, l'obésité et les hépatites est irréversible. Elle correspond à une inflammation chronique qui détruit les cellules hépatiques. Si la cirrhose ne se guérit pas, des traitements existent pour soulager ses symptômes : par exemple, des laxatifs permettent d'éliminer les toxines du foie, des antibiotiques peuvent combattre les bactéries présentes dans l'ascite infectée et une endoscopie peut stopper l'évolution des varices œsophagiennes.

La rédaction vous recommande sur Amazon :

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X