Herpès ou bouton de fièvre chez l'enfant : la gingivo-stomatite herpétique, c'est quoi?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa gingivo-stomatite herpétique est une affection courante chez l’enfant. Il s’agit d’une infection par le virus Herpès Simplex de type 1. Habituellement bénigne, elle provoque des lésions buccales qui peuvent limiter l’alimentation et la prise de boisson chez l’enfant. Le bouton de fièvre correspond à la récurrence herpétique.
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Définition : qu'est-ce que l'herpès de l'enfant ?

La gingivostomatite herpétique est une atteinte de la muqueuse buccale liée à une infection par l'herpès  virus simplex de type 1. Elle se caractérise par l'apparition de vésicules, ressemblant à de petites cloques dans la bouche, sur la langue et sur les gencives, pour s’étendre secondairement autour des lèvres. On observe ensuite une rupture de ces vésicules pour former des ulcérations qui ressemblent à des aphtes.

Jusqu’à l’âge de 6 mois environ, l’enfant est protégé par les anticorps de sa mère. C’est ensuite qu’il risque d’être contaminé par l’herpès si l’un de ses proches est atteint. Le pic de primo-infection herpétique se situe autour de l’âge de 2 ans.

Le bouton de fièvre est le nom donné à la récurrence herpétique. les récurrences prennent des formes moins violentes que la primo-infection, lorsque celle-ci est symptomatique.

Il est nécessaire de bien différencier la primo-infection herpétique de l’herpès néo-natal. Ce dernier est transmis à l’enfant lors de l’accouchement, lorsque la mère est atteinte, et est dû au virus Herpès Simplex de type 2 (forme génitale de l’herpès). La forme néonatale est heureusement beaucoup plus rare mais ses conséquences peuvent être dramatiques pour le nourrisson (séquelles neurologiques, décès).

Chiffres : est-ce une pathologie courante ?

Environ 70% des adultes sont porteurs d’anticorps dirigés contre le virus Herpès Simplex de type 1, ce qui signifie qu’un nombre considérable d’adulte a été en contact avec le virus et est susceptible de développer une récurrence. Au cours des six premiers mois de sa vie, le nourrisson est protégé par les anticorps de sa mère.

C’est ensuite qu’il est susceptible d’être contaminé et de présenter une primo-infection avec une gingivo-stomatite herpétique.

On constate que le pic de primo-infection herpétique se situe vers l’âge de 2 ans chez l’enfant, de façon contemporaine à sa socialisation à l’école ou en crèche.       

On estime aujourd’hui qu'après 5 ans, 80 % des enfants ont été infectés par le virus de l’herpès.

Photo : virus de l'herpès simplex

Photo : virus de l'herpès simplex© Istock

Quels sont les symptômes de la gingivostomatite herpétique ?

La gingivo-stomatite herpétique est une atteinte de l’intérieur de la bouche. Cette atteinte est très douloureuse. Les principaux symptômes sont :

  • un gonflement des gencives ;
  • des gencives rouges ;
  • des hémorragies de la muqueuse buccale ;
  • des vésicules éruptives, en grappes, dans la bouche et parfois sur le visage ;
  • de la fièvre, parfois élevée ;
  • une grande fatigue.

Dans certains cas, la primo-infection herpétique est asymptomatique.

Lorsque les symptômes sont très importants, l’hospitalisation de l’enfant peut être nécessaire, pour le réhydrater.

L’herpès de l’enfant peut être confondu avec d’autres maladies, comme :

  • le zona ;
  • un eczéma bulleux ;
  • un syndrome pied-main-bouche ;
  • une gale.

Quelles sont les causes de cette maladie ?       

La gingivo-stomatite herpétique est une primo-infection provoquée dans 90 % des cas par l'herpès virus simplex de type 1. La transmission est interhumaine via les gouttelettes de salives ou un contact avec les vésicules .

Quels sont ses facteurs de risques ?

Les facteurs de risque pour une enfant d’être atteint d’une primo-infection herpétique est d’être en contact avec une personne infectée par le virus de l’herpès et qui présente un épisode de réactivation. Ces épisodes de réactivations sont favorisés par :

  • une infection accompagnée de fièvre ;
  • une exposition au soleil ou au froid ;
  • un stress ou un épisode de fatigue ;
  • un traumatisme physique ou psychologique ;
  • une opération chirurgicale ou une maladie ;
  • une baisse de l'immunité (infectieuse ou médicamenteuse).

Quelles sont les personnes à risques ?

La gingivo-stomatite herpétique est une primo-infection par le virus herpès. Les enfants à risque sont donc eux qui vivent au sein d’une famille dans laquelle l’un des membres est atteint d’herpès, et que l’enfant est en contact avec cette personne.

Qui, quand consulter ?

En cas de symptômes de gingivo-stomatite herpétique chez l’enfant, il est recommandé de consulter son médecin traitant ou son pédiatre. Le médecin évaluera l’étendue des lésions et le risque de complications. Il prescrira alors un traitement adapté.

Durée

La gingivo-stomatite herpétique a une période d'incubation courte (2 à 3 jours) et une durée d’une semaine à 10 jours environ. La contagion reste possible pendant 2 à 3 jours après la disparition des lésions.

Quelles sont les complications de cette infection buccale ?

En cas de gingivo-stomatite herpétique chez l’enfant, les érosions de la muqueuse, de la langue et des gencives, la fièvre et la douleur peuvent provoquer un refus de s'alimenter et de boire. C’est pourquoi la principale complication de la gingivo-stomatite herpétique de l’enfant est le risque de déshydratation.

Les enfants atteints d'eczéma sont particulièrement fragiles vis-à-vis de l'herpès. Le docteur Véronique Pistorius explique: « Il existe des formes rares de surinfection herpétique de l’eczéma atopique, appelée syndrome de Kaposi-Juliusberg, mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter chez une enfant atopique ayant parfois des poussées herpétiques buccales banales. »

La kératite herpétique, qui correspond à une atteinte oculaire par le virus de l’herpès reste rare chez l'enfant dans le cadre de la primo-infection. Lorsqu’une kératite herpétique est présente, un suivi ophtalmologique est nécessaire, jusqu’à la guérison.

L’hépatite et la méningo-encéphalite sont exceptionnelles avec le virus Herpès de type 1, sauf chez l’enfant immunodéprimé.

Toutes ces complications nécessitent l’hospitalisation de l’enfant.

Contagion et transmission

Le réservoir est exclusivement humain. La transmission se fait par contact direct.

La contagion du virus de l’herpès se fait par un contact avec une personne infectée. La contagiosité s’étend de la période d’incubation à la disparition des dernières croûtes. Le mode de contamination est le plus souvent intrafamilial par un baiser ou un contact. C’est pourquoi la primo-infection herpétique de l’enfant peut survenir tôt dans la vie, alors que l’un de ses parents présente une récurrence d’herpès. Concernant la primo-infection et la gingivo-stomatite, plus elles ont lieu tôt dans la vie moins les symptômes sont importants.

Examens et analyses

La gingivo-stomatite herpétique de l’enfant ne nécessite pas d’examen complémentaire. Son diagnostic est essentiellement réalisé par l’observation des symptômes. La réalisation d’une sérologie herpétique ne présente pas d’intérêt dans le cas d’une gingivo-stomatite herpétique simple. Des examens seront nécessaires en cas de complication ou de risque de déshydratation chez l’enfant. 

Les indications de la réalisation d’une sérologie sont :

  • la présence de lésions génitales ou oculaires ;
  • des troubles neurologiques ;
  • des troubles pulmonaires ;
  • ces complications sont rencontrées lors de l’infection par le virus Herpès de type 2, au cours de l’herpès néonatal.

Quels sont les traitements de l'herpès chez l'enfant ?

Le traitement de la gingivo-stomatite herpétique a pour objectifs de :

  • prévenir la transmission ;
  • diminuer l’excrétion virale ;
  • diminuer la durée des symptômes ;
  • diminuer l’intensité des symptômes ;
  • diminuer le risque de complications ;
  • diminuer ou supprimer les récurrences.

En cas de gingivo-stomatite herpétique, un traitement antiviral, l’aciclovir, peut être administré, par voie orale. Plus ce traitement sera administré précocement plus son efficacité sera grande. Les études scientifiques conseillent de traiter l’enfant par l’aciclovir seulement si moins de 72 heures se sont écoulées depuis l’apparition des symptômes de gingivo-stomatite ou en cas de complication ou de risque de déshydratation. La posologie recommandée est d’administre 40 à 80 mg par kilo et par jour ne trois ou quatre prises quotidiennes. Il est important de noter que l’aciclovir peut provoquer des effets indésirables chez l’enfant comme des maux de tête, des malaises et des vomissements.

En ces de douleurs importantes, il est recommandé de traiter la douleur par des antalgiques simples comme le paracétamol. Les anti-inflammatoires, non stéroïdiens, les corticoïdes et l’ibuprofène sont à éviter car ils risquent d’aggraver la maladie. En cas de déshydratation, l’hospitalisation de l’enfant peut être nécessaire, afin qu’il bénéficie d’une réhydratation intraveineuse jusqu’à ce qu’il puisse reprendre une alimentation normale.

En cas de gingivo-stomatite non compliquée, l’éviction scolaire n’est pas obligatoire mais recommandée pour le confort de l’enfant. Les gels et bains de bouche n’ont pas d’intérêt et peuvent même aggraver la douleur.

Les antibiotiques n’ont aucun intérêt dans le traitement de la gingivo-stomatique herpétique, du fait de son origine virale, à l’exception u syndrome de Kaposi-Juliusberg, au cours duquel on peut observer une surinfection de l’eczéma atopique.

Que manger en cas de gingivo-stomatite herpétique ?

Certains aliments sont à éviter pendant la gingivo-stomatite herpétique car ils peuvent augmenter la douleur. Il s’agit des jus d’agrumes, des sodas et boissons gazeuses, les aliments durs comme la croûte de pain, les aliments salés et épicés, comme les chips.

Il est préférable de donner à l’enfant des produits comme du yaourt, de la purée, de la glace ou de la compote de pommes. Il ne faut pas le forcer à manger si la douleur est trop importante mais l’inciter à boire régulièrement. Une prise de paracétamol une trentaine de minutes avant le repas peut soulager la douleur et aider l’enfant à s’alimenter.

Prévention

Il est conseillé de tenir une enfant qui a une primo-infection herpétique à l’écart des autres enfants, même si l’éviction scolaire n’est, dans ce cas pas obligatoire. Il est fortement conseillé d’éviter le contact avec les enfants atteints de dermatite atopique, surtout s’ils sont en poussée. Il n’existe aucune vaccination contre le virus de l’herpès, à ce jour.

Il est recommandé aux adultes ayant des récurrences d’herpès labial d’éviter tout contact direct avec leurs enfants et d’avoir une hygiène des mains rigoureuse.

Une fois qu’il a été atteint de primo-infection, l’enfant est définitivement porteur du virus et peut présenter des récurrences d’herpès labial à l’occasion de l’un des facteurs de risque décrits plus haut.

Mon conseil de médecin généraliste :

"Après une primo-infection herpétique, il est important de savoir reconnaitre les premiers signes de la récurrence afin d’éviter la contamination. L’herpès a tendance à se manifester souvent au même endroit et la sensation de brûlures et de picotements qui précède l’éruption doit faire prendre des mesures pour éviter la contagion, qui est déjà possible à ce stade."

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations et des associations sur l’herpès de l’adulte et de l’enfant sont disponibles sur internet.