Qu’est-ce qu’un mélanome ?

Le mélanome malin est un cancer de la peau ou des muqueuses. Il se forme et se développe aux dépens des mélanocytes : nous parlons aussi de tumeur mélanocytaire. Vous l’avez compris, le mélanome malin peut donc se développer aussi bien sur la peau que dans l’œil (mélanome choroïdien) que sur les muqueuses (bouche, anus, vagin, organes internes comme l’épithélium du tube digestif). Le mélanome malin est la forme la plus grave des cancers de la peau en raison de sa capacité à métastaser (c’est-à-dire à se généraliser). Sa guérison dépend d’un diagnostic précoce. Bien que la moitié des mélanomes apparaisse plus souvent chez des personnes de plus de 50 ans, il est l’un des cancers les plus fréquents chez les jeunes adultes de 30 ans.

Qu’est-ce que le mélanocyte ?

Les mélanocytes sont des cellules qui pigmentent la peau, les muqueuses et les poils. Ils se situent dans l’épiderme de la peau, l’épithélium des muqueuses et dans l’œil (iris, rétine). En effet, les mélanocytes produisent des mélanosomes qui sont des granules pigmentées et riches en mélanine. Les mélanosomes sont transmis aux kéranocytes. Lors d’une exposition UV, les kéranocytes sécrètent l’hormone alpha-MSH. Cette dernière en s’attachant aux mélanocytes stimule la production de mélanine produisant le bronzage.

Comment se forme le mélanome ?

Le mélanome malin se développe à partir des mélanocytes qui sont des cellules normales. Ces dernières nous protègent des effets des rayons du soleil en produisant de la mélanine : un pigment foncé à l’origine du bronzage. Parfois, il arrive que les mélanocytes se transforment et se multiplient de manière anarchique jusqu’à former une tumeur. C’est le cas du grain de beauté (ou « naevus mélanocytaire ») qui est une tumeur pigmentée de la peau traduisant une prolifération mélanocytaire. Dans la majorité des cas, le grain de beauté est une tumeur bénigne. Il est toutefois nécessaire de surveiller leur évolution afin de s’assurer qu’ils n’ont pas de caractère malin. Dans plus de 80% des cas, un mélanome malin se développe à partir d’une peau saine, mais les 20% restants se développent à partir d’un grain de beauté préexistant 1.

Les autres types de cancers de la peau : les carcinomes ?

Il existe plusieurs types de cancers cutanés : les mélanomes et les carcinomes. Le mélanome est le cancer le plus grave, mais reste moins fréquent que le carcinome. Tout comme les mélanomes, les carcinomes se développent au sein de l’épiderme et préférentiellement sur les zones les plus exposées au soleil. Mais contrairement aux mélanomes qui se forment à partir des mélanocytes, les carcinomes prospèrent quant à eux à partir d’un autre type de cellules : les kératinocytes.

Le carcinome basocellulaire est le cancer de la peau le plus fréquent. Il se développe à partir de la couche la plus profonde de l’épiderme et contrairement au mélanome, il se reconnaît par l’apparition d’un nodule, ne produit aucune métastase et son ablation au cabinet du dermatologue assure sa guérison.

Le carcinome épidermoïde ou spinocellulaire est un autre type de cancer situé sur la couche intermédiaire de l’épiderme. À la différence du mélanome, il apparaît généralement sur une lésion préexistante (cicatrice, plaques rouge et squameuses (maladie de Bowen), brûlure, rides, peau abîmée par le soleil …). Tout comme le mélanome, il peut se guérir par simple ablation s’il est pris précocement, mais peut s’étendre aux ganglions avec un risque de métastases.

Enfin, le carcinome dit « de Merkel » (du nom d’un type de cellules présentes au niveau de l’épiderme et dans le follicule pileux) se distingue des autres cancers de la peau par l’apparition d’une masse ferme et surélevée sur la peau. Il est plus rare que le mélanome et à l’instar de ce dernier, il est agressif (pouvant s’étendre aux ganglions lymphatiques avec un risque de métastases).

Quelle est la fréquence du mélanome ?

Les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents avec plus de 100 000 nouveaux cas annuels en France. Il existe deux autres types, moins graves, de cancers de la peau : le carcinome basocellulaire est le plus fréquent, représentant 70% des cancers cutanées 3. Le carcinome spinocellulaire touche 20% des patients atteints d’un cancer de la peau 3.

Le mélanome représente donc moins de 10% des cancers de la peau et près de 4% de l’ensemble des cancers. C'est l'un des cancers dont l'incidence comme la mortalité ont significativement augmenté sur la période 1980-2012 3.

Quels sont les différents types ?

Le mélanome superficiel extensif

Il est le plus fréquent des types de mélanome (environ 70% des mélanomes)4. Il se manifeste habituellement sur le tronc, les jambes ou encore les bras (généralement sur le dos de l’homme et les jambes de la femme). Il se caractérise par une tache de couleurs variables (rouge, brun, bleu, gris, noir, blanc…). Elle est souvent plate et fine, mais présente des contours irréguliers. Généralement, le mélanome va s’étendre sur toute la surface de la peau (bien qu’il descende parfois en profondeur dans la peau).

Le mélanome nodulaire

Il représente entre 15 et 20% des mélanomes 4. Il est le plus agressif d’entre eux parce qu’il descend rapidement et en profondeur sous la peau. Ce mélanome se présente sous la forme d’une masse surélevée qui dépasse de la surface de la peau. Il a parfois l’aspect d’un champignon (avec une tige et une tête). Sa couleur est variable : le plus souvent noire, mais parfois rouge, rose ou couleur chair. Il se situe habituellement sur le visage ou le thorax, mais peut toucher n’importe quelle partie du corps (y compris les zones non exposées au soleil).

Le mélanome de Dubreuilh (ou mélanome de type lentigo malin)

Il représente 10 à 15% des mélanomes 4. Il affecte préférentiellement les personnes âgées et apparaît souvent sur le visage et les bras (zones particulièrement exposées au soleil). Il prend la forme d’une grande plaque de couleur brune. Cette plaque va s’étendre sur l’épiderme avant de s’enfoncer en profondeur dans les couches plus profondes de la peau. Il a tendance à devenir plus foncé avec le temps.

Le mélanome acrolentigineux (ou mélanome lentigineux des extrémités)

Il ne représente que 5% des mélanomes 4. Il a pour particularité de toucher préférentiellement les personnes à la peau mate ou foncée. Il se manifeste par une petite tache de couleur brune ou noire. Le mélanome s’étend d’abord lentement sur l’épiderme avant de commencer à descendre en profondeur sous la peau. Ce cancer, d’évolution lente, se développe généralement sur les extrémités du corps : plante des pieds, paume des mains ou sous les ongles.

Autres mélanomes

Il existe aussi des mélanomes plus rares qui ne se développent pas sur l’épiderme peau. Il s’agit du :

  • Mélanome des muqueuses qui peut se situer dans la bouche, la gorge, l’anus, le rectum, le vagin, les voies nasales, sur la muqueuse des organes internes… Passant souvent inaperçu, le diagnostic est souvent tardif et le pronostic reste sombre.
  • Mélanome intraoculaire qui prend naissance dans l’œil (c’est le cancer de l’œil le plus fréquent).
  • Mélanome desmoplastique qui touche des couches plus profondes des tissus : le derme et la sous-muqueuse. Il se présente sous la forme d’une ex-croissance (bosse) de couleur chair sur la partie supérieure du corps (tête, cou, haut du dos) ou sur les muqueuses.

Quels sont les symptômes du cancer cutané ?

Les symptômes sont différents selon que le mélanome se développe sur une peau saine, un grain de beauté ou encore sous un ongle. Lorsqu’un mélanome se cache dans une zone peu visible (plante des pieds, dos, aisselle…) voire invisible (muqueuses, organes internes…), il passe souvent inaperçu les premiers temps. Une altération de l’état général, un gonflement ganglionnaire et d’autres signes peu spécifiques alerteront tardivement le patient.

Mélanome sur une zone de peau saine

Dans 80% des cas 1, le mélanome survient subitement sur la peau sans aucun signe précurseur. Il se développe sous la forme d’une tache colorée brune ou noire de quelques millimètres, souvent asymétrique, aux bordures irrégulières et qui évolue rapidement dans sa taille, sa forme, ses contours et ses couleurs. Des démangeaisons, la présence d’une excroissance ou d’un nodule, un saignement peuvent être observés.  Il peut toucher n’importe quelle région de la peau, du cuir chevelu aux ongles, en passant par les muqueuses (bouches, organes génitaux…).

Mélanome à partir d'un grain de beauté

Les grains de beauté (ou naevus mélanocytaire) que nous avons sur le corps sont des tumeurs qui résultent d’une prolifération anarchique de mélanocytes. Heureusement, dans la majorité des cas ces tumeurs sont bénignes. Toutefois, il arrive qu’un grain beauté soit un mélanome malin (20% des cas de mélanomes 1). Il s’agit le plus souvent de grain de beauté présent depuis la naissance. Au début, il s’agit d’une tâche colorée généralement brune ou noire. Certains signes doivent vous pousser à faire surveiller un grain de beauté : s’il est asymétrique, s’il comporte une bordure irrégulière, s’il évolue et subit des modifications rapides dans sa taille, sa forme, ses contours et ses couleurs.

Photo d'un mélanome

Photo d'un mélanome© Creative Commons

©CC- By Unknown author - National Cancer Institute (AV Number: AV-8500-3850; Date Created: 1985; Date Entered: 1/1/2001), https://visualsonline.cancer.gov/details.cfm?imageid=9186, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=859342 - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

Mélanome sous un ongle

Un mélanome peut se développer sous un ongle (nous parlons de mélanome desmoplastique). Il se manifeste par une bande de couleur marron ou noire dans le sens de la longueur de l’ongle. La bande ne disparaît pas avec le temps et s’élargit au contraire. Une zone colorée peut aussi apparaitre sur la peau avoisinant l’ongle.

Quelles sont les causes du mélanome malin ?

Le mélanome a pour origine la transformation tumorale des mélanocytes (cellules pigmentées qui produisent la mélanine). La fonction principale de la mélanine est de protéger les cellules et leur ADN des dommages causés par les ultraviolets.

Cette transformation tumorale est multifactorielle résultant le plus souvent d’une prédisposition génétique ou personnelle (un grand nombre de grains de beauté, une immunodépression ou encore une peau claire) et d’une agression extérieure (en l’occurrence les rayons ultraviolets).

Les ultraviolets et l'âge sont les premières causes 

Les ultraviolets altèrent les cellules de la peau et l’ADN qu’elles contiennent. Dans la majorité des cas, les cellules qui ont subi de fortes altérations, meurent par apoptose. Toutefois, il arrive que la cellule mutée ne soit pas éradiquée et se multiplie. Si les mutations touchent des gènes impliqués dans la régulation de la prolifération cellulaire, la cellule peut rapidement se multiplier de façon anarchique conduisant à la formation d’une tumeur. Les risques que ce phénomène se produise augmente avec l’âge et la fréquence des expositions aux ultraviolets.

Des prédispositions génétiques mises en cause

Le mélanome est une maladie multi-génétique, résultant la plupart du temps de la mutation de plusieurs gènes. Parmi les gènes identifiés impliqués dans le développement de la maladie, nous avons :

  • le gène MC1R (melanocortin 1 receptor) qui détermine la couleur de la peau 5 (la maladie étant le plus souvent associée aux peaux claires) ;
  • le gène CDKN2A (cyclin-dependent kinase inhibitor 2A)5, à l’origine possible d’un grand nombre de grains de beauté ;
  • le gène BRAF qui serait muté dans 50% des mélanomes 5 ;
  • le gène NRAF qui serait muté dans environ 30% des mélanomes 5 ;
  • le gène NF1 qui serait repéré dans près de 15% des mélanomes 5 ;
  • le gène BAP1 (BRCA1-associated protein 1) 5 ;
  • le gène TERT (telomerase reverse transcriptase)5 ;
  • le gene MITF (microphthalmia-associated transcription factor) qui en temps normal limite la prolifération des grains de beauté5,6.  

Quels sont les facteurs de risques du cancer cutané ?

Les facteurs de risques du mélanome malin sont :

  • L’exposition au soleil7 représente le principal facteur de risque, notamment lorsqu’elle est intense, répétée, sans protection, et a lieu dans l’enfance (nombreux antécédents de coups de soleil dans l’enfance). À cet âge, la peau est plus sensible aux ultraviolets. Les ultraviolets artificiels (cabines de bronzage et lampes à bronzer) font courir les mêmes risques quel que soit l’âge.
  • Les personnes à peau claire7 ont davantage de risques de cancer cutané lors de l'exposition au soleil en raison de leur absence relative de pigmentation. Ce cancer touche de façon exceptionnelle les personnes à peau noire ou pigmentée.
  • La présence de nombreux grains de beauté (50 ou plus)7 est un facteur de risque important. Dans 20% des cas, le mélanome se déclare à partir d’un grain de beauté. Les nævus (grains de beauté) larges, irréguliers ou présents dès la naissance augmentent ce risque.
  • Les antécédents familiaux constituent également un facteur de risque. 5 à 10% sont liés à des caractéristiques génétiques (cf. paragraphe sur les causes du mélanome malin).
  • Une immunodépression constitutionnelle ou acquise :
    • Le risque est augmenté par 4 ou 5 chez les personnes transplantées d’organe. Les traitements immunosuppresseurs diminuent les capacités de défense de l'organisme de façon à prévenir le rejet de l'organe greffé. Cependant, en supprimant ce système de défense, ces traitements augmentent également le risque de cancer cutané.
    • Le virus du sida qui est responsable d’une déficience immunitaire est aussi responsable d’une augmentation du risque de mélanome malin.

Quelles sont les personnes à risque de mélanome ?

Le mélanome peut toucher tout individu quels que soient son âge et son sexe. L'âge moyen du diagnostic d'un mélanome est de 60 ans, mais c'est le cancer le plus fréquent de l'adulte jeune entre 25 et 50 ans 8. Les hommes seraient très légèrement plus touchés que les femmes. Certaines personnes sont particulièrement à risque :

  • les personnes qui ont la peau, les cheveux (roux ou blonds) et les yeux claires7;
  • les personnes qui ont beaucoup de grains de beauté (plus de 50) ou des taches de rousseurs ;
  • les personnes qui ont des antécédents familiaux de mélanome malin (notamment chez un parent au premier degré7) ;
  • les personnes immunodéprimées (de façon constitutionnelle ou acquise : VIH, prise de médicaments immunosuppresseurs…);
  • les personnes qui s’exposent beaucoup au soleil (les personnes vivant en zones ensoleillées) : Les radiations solaires et les rayonnements UV émis par des installations de bronzage sont tous deux des cancérogènes certains pour l’homme selon le CIRC. Le risque cancérogène des UV naturels et artificiels se cumule : c’est la dose totale d’UV reçue qui détermine le risque cancérogène global. Le fait d’avoir été exposé au moins une fois dans sa vie à un appareil émettant des UV  artificiels entraîne une augmentation de 15% du risque de développer un mélanome cutané ;
  • les personnes ayant eu beaucoup de coup de soleil pendant l’enfance 7.

Le mélanome est-il contagieux ?

Le mélanome malin n’est pas une maladie contagieuse.

Mélanome malin : Qui ? Quand consulter ?

Si vous observez une lésion suspecte (le plus souvent une tache de forme irrégulière et de couleur variable) ou encore la transformation d’un grain de beauté sur votre peau ou celle d’un proche (ou de votre enfant), il est conseillé de consulter un médecin généraliste ou directement un dermatologue.

Quels sont les examens et analyses du cancer cutané ?

L'examen clinique

Le diagnostic est réalisé par un dermatologue qui pratique un examen clinique comprenant un interrogatoire et un examen de l’apparence de la lésion suspecte (forme, couleur, évolution…) ainsi qu’une palpation ganglionnaire. Le dermatologue effectue aussi un examen de la totalité de la peau pour s’assurer de l’absence d’autre lésion sur le corps. Il peut s’aider d’un dermoscope (appareil d’optique grossissant).

L'exérèse diagnostique  

En cas de suspicion de mélanome, le médecin retire la lésion afin de la faire analyser en laboratoire. Cet examen s’effectue sous anesthésie locale. Les résultats du laboratoire permettront de confirmer le diagnostic de mélanome et de déterminer son type, son stade et l’épaisseur de la lésion (par l’indice de Breslow).

Selon l’indice de Breslow, une seconde opération (ou "reprise d’exérèse") peut être pratiquée afin de s’assurer que toutes les lésions ont été retirées.

Toutefois, certains mélanomes ne nécessitent ni seconde chirurgie, ni médicament si la première exérèse a bien permis de retirer toutes les cellules malignes. 

Les examens complémentaires 

Si le mélanome nécessite la prise d’un traitement médicamenteux, des examens supplémentaires vont être prescrits :

  • un test moléculaire est réalisé en laboratoire sur le même prélèvement que le premier test diagnostic. Cet examen permet de rechercher une anomalie moléculaire : mutation BRAF V600 ou mutation C-kit. Les résultats permettent d’orienter la thérapie ;
  • une exérèse du ganglion sentinelle consiste à extraire le ou les ganglion(s) avoisinant(s) le mélanome afin de s’assurer qu’il n’y a pas de métastase.
  • En cas de métastases, un dosage LDH (taux de lactate déshydrogénase) est prescrit. Il renseigne sur le pronostic du cancer.

Les examens d’imagerie

Ils peuvent aussi être prescrits par le dermatologue : échographie ganglionnaire, scanner thoraco-abdomino-pelvien, une tomographie par émission de positions (ou TEP ou TEP/PET Scan).

Quels sont les moyens de prévention contre le mélanome ? 

Évitez l’exposition solaire

Le meilleur moyen d’éviter un mélanome est de limiter l’exposition solaire. Ainsi, fini les bains de soleil l’été, surtout de 12h à 16h où les radiations solaires sont les plus intenses. Sur la plage, en montagne ou en rase campagne, appliquez une crème solaire protectrice (indice 20 au moins) à renouveler toutes les 2 heures. Pensez à porter le plus possible des vêtements couvrants et un chapeau. Ces mesures sont d’autant plus importantes si vous avez la peau, les cheveux et les yeux clairs ou encore si vous prenez facilement des coups de soleil (à défaut de bronzer). Les personnes qui ont des antécédents familiaux de cancer de la peau, doivent aussi appliquer ces précautions à la lettre.

Évitez les UV artificiels

Contrairement aux idées reçues, les cabines de bronzage ne procurent aucun bienfait pour la santé (contrairement au soleil) : elles n’apportent pas de vitamine D et ne vous préparent pas au bronzage. À cet égard, la législation interdit formellement les centres de bronzage aux mineurs et leur proscrit de revendiquer des quelconques bienfaits pour la santé. L’ANSE rappelle quant à elle, le risque avéré de cancer de la peau lié à l’exposition d’UV artificiels 8

Inspectez votre peau

Régulièrement, inspectez l’ensemble de votre peau. Cet auto-examen permet de détecter rapidement un grain de beauté qui se modifie ou une tache récente qui augmente ou vire de couleur.

Le dépistage du cancer de la peau 

Le dépistage du mélanome malin repose sur une observation des grains de beauté par le dermatologue. Les signes qui doivent faire évoquer ce cancer, sont représentés par les lettres ABCD :

  • A : comme asymétrie. Un grain de beauté asymétrique est plus à risque d’être un mélanome malin.
  • B : comme bords irréguliers. Un aspect tourmenté du tour du grain de beauté fait évoquer un cancer. Les grains de beauté bénins sont généralement très réguliers.
  • C : comme couleur. La couleur d’un grain de beauté bénin est le plus souvent très homogène. Si le mélanome présente des couleurs diverses, brun, noir, rouge, blanc… Il est à risque et impose une consultation dermatologique.
  • D : comme diamètre ou développement. Un grain de beauté de plus de 6 mm de diamètre doit être montré à un dermatologue. Un développement, un changement de taille, de couleur, des saignements, picotements, démangeaisons doivent alerter.

Consultez une fois par an un dermatologue, surtout si vous avez une peau claire avec de nombreux grains de beauté.

Quels sont les traitements du mélanome ?

En première intention, le traitement du mélanome fait appel à la chirurgie. En cas de mélanome débutant, l’ablation peut suffire. Si les ganglions sont atteints, un curage ganglionnaire est pratiqué. Mais s’il y a des métastases, des traitements complémentaires à base de chimiothérapie, de radiothérapie et parfois d’immunothérapie peuvent être mis en œuvre. 

Traitement chirurgical pour guérir le mélanome

  • L'ablation du mélanome

L’exérèse chirurgicale de la lésion suspecte est le premier traitement du mélanome qui s’opère dès le diagnostic. Toutefois, une seconde opération est parfois nécessaire après le diagnostic afin d’éviter tout risque de récidive : selon l’épaisseur de la tumeur, les médecins évaluent la quantité de peau à retirer autour de la lésion. Cette intervention a généralement lieu sous anesthésie locale. Toutefois, s’il y a une grande quantité de peau à extraire, la plaie sera trop large pour être suturée. Les médecins effectueront alors une greffe de peau et l’intervention se fera sous anesthésie générale : on parle de plastie cutanée.

  • La chirurgie des ganglions lymphatiques

Si un ou des ganglion(s) lymphatique(s) est/sont gonflés à la palpation, il faudra extraire ce/ces dernier(s) ainsi que les ganglions avoisinants. Cette intervention qui s’effectue par anesthésie générale, vise à observer si les gonflements sont liés à l’invasion par les cellules cancéreuses en provenance de la tumeur.

Si aucun ganglion n’est gonflé, il faudra tout de même extraire et analyser le ganglion sentinelle c’est-à-dire le ganglion le plus proche de la zone cancéreuse et donc le plus susceptible d’être atteint. Si des métastases sont retrouvées, les autres ganglions de la même région doivent subir le même examen.

Afin d’éviter les accumulations de lymphe à proximité de la cicatrice, le drainage lymphatique par pose d’un drain ou par ponction est parfois nécessaire. S’il persiste un œdème lymphatique résiduel, le drainage par massage ou le port de bas de contention sont recommandés.

Comment éviter les complications après la chirurgie du mélanome ?  

Afin d’éviter la formation d’un caillot de sang dans une veine (thrombose ou phlébite), le médecin peut prescrire un anticoagulant.

Si la cicatrisation est difficile (hématome ou encore infection au niveau de la cicatrice), des soins locaux peuvent intervenir. Une seconde intervention chirurgicale peut s’imposer si ces problèmes persistent.

Un kinésithérapeute peut aider à retrouver plus rapidement une mobilité en proposant des exercices ou des massages.

En cas de douleurs, le médecin pourra vous prescrire des antalgiques.

Si malgré le drainage des écoulements de lymphe persistent après l’exérèse des ganglions, le port de pansement est préconisé.

Afin d’éviter toute infection (liée à l’ablation des ganglions qui jouent un rôle essentiel dans les défenses immunitaires), les mesures d’hygiènes corporelles et sanitaires sont essentielles. Il est recommandé de rester au chaud, au repos et de désinfecter toutes plaies.

La chirurgie réparatrice peut être nécessaire en cas de séquelles esthétiques. Ces dernières peuvent être difficiles à vivre si elles se trouvent sur le visage.

Si la cicatrisation est imparfaite et notamment si une excroissance de tissus apparaît sur la cicatrice (on parle de cicatrice chéloïde), cette réaction est normale et il ne faut pas paniquer : avec le temps les chéloïdes s’aplatissent.

Traitement du mélanome par les médicaments

Lorsque le mélanome est épais, le risque de prolifération de cellules tumorales par voie sanguine impose la chimiothérapie. Les médicaments prescrits, appelés cytotoxiques, circulent dans l’organisme afin d’éliminer les métastases. Les effets secondaires de la chimiothérapie sont nombreux : fatigue intense (baisse des défenses immunitaires, des plaquettes sanguines, anémie), risques infectieux et hémorragiques accrus, nausées, vomissements, troubles intestinaux, chute des cheveux et des sourcils…

Parfois lorsque le mélanome est avancé au niveau de la peau d’une jambe ou d’un bras, il est possible de perfuser ce membre avec des médicaments cytostatiques à plus hautes doses. L’intervention sous anesthésie générale nécessite de séparer la circulation sanguine du membre concerné de celle du reste du corps. Les chirurgiens utilisent alors un cœur-poumon artificiel pour continuer à faire circuler le sang dans le membre. De cette façon les dosages chimiothérapeutiques peuvent être élevés sans risquer d’endommager d’autres organes. Les effets secondaires sont généralement des gonflements, des lésions cutanées et des raideurs musculaires.

Traitement du mélanome par la radiothérapie

Parfois les médecins peuvent choisir d’irradier la tumeur (souvent en complément de la chimiothérapie) ou les métastases. Les séances sont généralement courtes, mais quotidiennes et durent plusieurs semaines. La radiothérapie n’est pas dénuée d’effets secondaires : brûlures, fatigue…

Traitement du mélanome par immunothérapie

L’immunothérapie intervient en seconde intention : elle vise à renforcer l’immunité du malade encore confronté aux métastases malgré les traitements ou en cas de rechute. Les interférons et de l’Ipilimumab sont les médicaments généralement prescrits. Les effets secondaires sont toutefois intenses : état grippal, vomissements, réductions des fonctions hépatiques et rénales, œdème pulmonaire…

Traitement du mélanome : les études en cours

Des chercheurs de la KU Leuven, en Belgique, ont peut-être trouvé une nouvelle arme contre le mélanome : des antibiotiques qui ciblent les mitochondries, sortes de "centrales électriques" des cellules cancéreuses. Ces traitements exploitent une vulnérabilité qui apparaît dans les tumeurs lorsqu'elles tentent de survivre à un traitement anticancéreux. Leurs résultats ont été publiés dans le Journal of Experimental Medicine.

Les scientifiques ont implanté des tumeurs dérivées de patients dans des souris, qui ont ensuite été traitées avec des antibiotiques de la famille des tétracyclines - soit comme traitement unique, soit en combinaison avec des thérapies anti-mélanome existantes.

"Les antibiotiques tuaient rapidement de nombreuses cellules cancéreuses et pouvaient ainsi être utilisés pour gagner le temps précieux nécessaire à l'activation de l'immunothérapie. Dans les tumeurs qui ne répondaient plus aux thérapies ciblées, les antibiotiques prolongeaient la durée de vie des souris - et dans certains cas, les ont même guéries", détaille le Pr Eleonora Leucci, auteure principale de l'étude. 

Quelle est l’évolution du mélanome malin ?

Le mélanome, traité à un stade précoce, a de très grandes chances de guérir complètement. La forme métastasée (migration des cellules cancéreuses à partir du mélanome) est en revanche de mauvais pronostic. Après le traitement, une surveillance prolongée est nécessaire. Les récidives et l’apparition d’un deuxième mélanome sont possibles.

Vivre au quotidien après un cancer de la peau

Vous sortez d’un traitement contre le mélanome et vous voilà en rémission ? C’est une bonne nouvelle ! Voici quelques conseils pour éviter toute rechute et retrouver un état de forme optimale :

  • Désormais, vous devez vous protéger du soleil dès que vous sortez et même en hiver : crème protectrice, chapeau, manche longue… Protégez aussi vos enfants, aussi à risque !
  • Pratiquez un auto-examen de votre peau selon la méthode et la fréquence recommandées par votre dermatologue.
  • Conservez un suivi médical irréprochable.
  • Vous pouvez vous faire aider sur le plan psychologique en vous tournant vers vos proches, un psychologue, un psychiatre, une association de malades. La communication est essentielle. Des méthodes comme la méditation, la relaxation, la sophrologie, les gyms douces, l’hypnose et bien d’autres peuvent être nécessaires.
  • La reprise d’un mode de vie sain alliant alimentation équilibrée (et biologique) et activité physique quotidienne est essentielle.
  • Après un mélanome, vous pouvez reprendre le chemin du travail si vous le souhaitez : parlez-en avec votre médecin traitant.
  • En cas difficulté sociale ou professionnelle, les services sociaux peuvent vous conseiller sur le plan financier et administratif.

Sites d'informations et associations

vaincrelemelanome.fr

ensemblecontrelemelanome.fr

Melanomefrance.com

Fondation pour la recherche contre le cancer

Institut national du cancer

Sources

Entretien avec le Dr. Marc Perrussel, dermatologue et vénérologue.

1- Le développement d’un mélanome de la peau, e-cancer.fr

2- Les cancers la peau, fondation ARC avec le concours du Pf. Caroline Robert de l’IGR

3- Épidémiologie des cancers de la peau, Institut national du cancer

4- Les différents types de mélanomes, Société canadienne du cancer

5- Cutaneous melanoma: from rationalized models to patients care, MS, Franck Gesbert et Lionel Larue, 2018

6- Décrypter le rôle du MITF E318K oncongène dans le retard de sénescence de la progression du mélanome, Journal of the National Cancer Institute, Caroline Bonet and al., 2017

7- Facteurs de risque du mélanome, INC

8- Mélanome cutané, HAS, 2012 (lien du pdf : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-03/ald_30_guide_melanome_web.pdf)

9- Cabines de bronzage : l’ANSE rappelle le risque avéré de cancer de la peau

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