Les antidépresseurs pourraient favoriser les décès en cas de maladies pulmonaires

Publié le 26 Juin 2018 par Aurélie Blaize, journaliste santé
Des chercheurs ont montré que la prise d'antidépresseurs chez les personnes atteintes de BPCO était associée à une augmentation du risque d'hospitalisations et de décès.
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© Adobe StockLa prise d'antidépresseurs ne doit vraiment pas se faire à la légère. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'hôpital St Michael au Canada montre que leur prise est associée à une augmentation de 15% du risque d'hospitalisations et de 20% du risque de décès chez les personnes atteintes de BPCO, aussi appelée "Bronchopneumopathie chronique obstructive". "Nous n'avons pas été surpris par ces résultats, a commenté le Dr Nicholas Vozoris, chercheur à l'hôpital St Michael, car il existe des raisons biologiques pour lesquelles les antidépresseurs pourraient entraîner des problèmes respiratoires." Les scientifiques rappellent que ces médicaments peuvent causer de la somnolence, des vomissements et avoir un impact négatif sur les cellules du système immunitaire, ce qui augmente la probabilité d'infections, de problèmes respiratoires et d'autres effets indésirables respiratoires, surtout chez les patients atteints de BPCO.

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"Ces résultats ne doivent pas alarmer mais augmenter la prudence"

Pour parvenir à leurs observations, le Dr Vozoris et son équipe ont étudié 28 360 nouveaux utilisateurs d'antidépresseurs sérotoninergiques atteints de BPCO âgés de 66 ans et plus et les ont comparés à un nombre équivalent de non-utilisateurs. L'analyse a révélé que les nouveaux utilisateurs de cette classe de médicaments ont des augmentations "modestes mais significatives" des taux de décès liés à la respiration et de toutes les causes de décès. "La recherche a montré une association forte, mais pas une cause" ont souligné les auteurs. Pour eux "l es résultats ne doivent pas alarmer ceux qui utilisent ces médicaments mais plutôt augmenter la prudence". Le Dr Vozoris espère que leurs travaux "encourageront une prise de conscience accrue lors de la prescription de ces médicaments et de la surveillance des effets secondaires indésirables" sans oublier de "considérer la psychothérapie et la réadaptation pulmonaire comme des traitements non médicamenteux".

Il prévoit de continuer à étudier d'autres classes de médicaments utilisés pour traiter les problèmes psychologiques chez les patients atteints de BPCO afin de se faire une idée plus complète des risques liés aux médicaments. La BPCO est une maladie pulmonaire évolutive qui toucherait plus de 10% des personnes âgées de 40 ans et plus dans le monde.

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