Goitre : définition, causes, symptômes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe goitre est une augmentation plus ou moins visible du volume de la glande thyroïde. Il touche très majoritairement les femmes. Il nécessite une prise en charge même s’il est le plus souvent bénin. Comment reconnaître et traiter le goitre ? Toutes les réponses avec le Pr Jean-Louis Wémeau, médecin endocrinologue.

Définition : qu’est-ce qu’un goitre ?

Ce terme désigne une hypertrophie de la thyroïde. Le goitre n’est pas une maladie, mais il peut être présent dans diverses affections. La thyroïde est une glande de petite taille, qui mesure environ 6 cm et qui est située à la base du cou. Elle est constituée de 2 lobes qui se rejoignent par un isthme, ce qui lui donne la forme d’un papillon. Cette glande sécrète des hormones indispensables à la régulation et au bon fonctionnement de l’organisme. Elle ne pèse pas plus de 20 g ou 30 g à l’état normal, mais peut cependant augmenter de volume sous l’influence de différents facteurs. On observe alors un goitre homogène, qui concerne un seul ou les 2 lobes de la glande, ou encore hétérogène, avec des formations plus volumineuses correspondant à un ou plusieurs nodules.

Quels sont les différents types de goitres ? 

Il existe plusieurs sortes de goitres, en fonction de leur cause.

Les goitres simples

Ce sont les plus fréquents.  Ils correspondent à une augmentation isolée du volume de la glande, sans autre trouble associé. Le goitre est diffus et de volume variable. Son volume se modifie discrètement à l’occasion du cycle féminin.

Les goitres vasculaires de l'hyperthyroïdie

Ils sont provoqués le plus souvent par une maladie auto-immune appelée maladie de Basedow. En plus du goitre, la personne présente tous les symptômes de l ’hyperthyroïdie, comme un amaigrissement et un gonflement des paupières.

Les goitres avec hypothyroïdie

Ils peuvent être provoqués par une carence en iode, certains médicaments, ou encore une maladie auto-immune appelée thyroïdite de Hashimoto, dans laquelle l’organisme fabrique des anticorps contre sa propre thyroïde. Ces goitres s’accompagnent des signes d’hypothyroïdie, comme une fatigue générale.

Les autres goitres inflammatoires des thyroïdites

Ils sont parfois douloureux et associés à de la fièvre, comme dans la thyroïdite subaigüe de Quervain, réactionnelle à une infection virale .

Les goitres tumoraux

Le médecin perçoit un ou plusieurs nodules à la palpation. Bien que la très grande majorité des nodules de la thyroïde sont bénins, un petit nombre correspondent à des cancers.

Chiffres : est-il fréquent ?

Le goitre toucherait 1,5 milliards de personnes dans le monde, selon les différentes statistiques. « Le goitre simple concerne 10 % de la population adulte en France », précise le Pr Jean-Louis Wémeau.

Quels sont les symptômes du goitre ?

Le principal symptôme qui révèle le goitre est l’apparition d’une tuméfaction à la base du cou. Cette grosseur peut être plus ou moins visible, douloureuse ou non, progresser rapidement ou plus lentement. Le goitre peut s’accompagner de symptômes d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie.

Les symptômes du goitre avec hyperthyroïdie

Ils apparaissent à la suite d’une fabrication excessive d’hormones thyroïdienne :

  • Un amaigrissement.
  • Une tachycardie, c’est-à-dire une accélération du rythme cardiaque.
  • Des tremblements.
  • Une anxiété ou une nervosité générale.
  • Une transpiration excessive.
  • La sensation d’avoir toujours chaud.
  • Une accélération du transit.

Les symptômes du goitre avec hypothyroïdie

Ces signes se manifestent lorsque le corps manque d’hormones thyroïdiennes :

  • Une prise de poids.
  • Une fatigue générale.
  • Une frilosité.
  • Un ralentissement intellectuel, voire une dépression.
  • Une constipation.
  • Un pouls ralenti.

Quelles sont ses causes ?

Les causes du goitre peuvent être multiples.

Une prédisposition génétique

Certaines familles sont davantage touchées par des goitres simples. "Il existe bien une composante génétique à la goitrogenèse, explique le Pr Wémeau. Mais elle est impossible à dépister car plusieurs gènes seraient impliqués".

Un déficit en iode

Même si elle se rencontre beaucoup moins souvent qu’autrefois, la carence en iode peut encore être la cause de goitres.

Une maladie de la thyroïde

La maladie de Basedow ou la thyroïdite de Hashimoto produisent des anticorps qui se retournent contre la glande thyroïdienne. La thyroïdite de Quervain entraine une inflammation de la thyroïde.

Une irradiation

La radiothérapie, notamment dans l’enfance, peut provoquer un goitre.

Planche médicale ancienne d'une femme avec un goitre volumineux

Planche médicale ancienne d'une femme avec un goitre volumineux© Creative Commons

© CC - Auteur : Godart, Thomas - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.en

Quels sont les facteurs de risques ?

Certains éléments augmentent le risque d’être touché par un goitre :

  • Le tabagisme. Le tabac favorise les goitres en entrant en compétition avec l’iode consommé.
  • La prise de certains médicaments, en particulier le lithium, prescrit pour lutter contre les troubles bipolaires.
  • Une consommation excessive de certains légumes, comme les choux ou le manioc.

Quelles sont les personnes à risque ?

Les femmes ont un risque nettement plus important de développer un goitre, car ce dernier est aussi sensible aux oestrogènes.

Combien de temps dure cette pathologie ?

Le goitre simple peut être présent tout au long de la vie. Il débute fréquemment à l’adolescence, se développe au fur et à mesure des grossesses, mais il reste souvent latent et asymptomatique chez l’adulte. Il peut s’accroître et s’organiser progressivement en nodules.

Est-ce contagieux ?

Le goitre est un trouble qui ne présente aucun risque de contagion.

Qui, quand consulter ?

Il vaut mieux consulter son médecin généraliste dès que l’on remarque une grosseur visible ou palpable au niveau du cou. Les premiers éléments de son bilan décideront de l’orientation vers un endocrinologue.

Un goitre peut-il donner lieu à des complications ?

Les principales complications du goitre simple sont liées à son volume. Spontanément, un goitre peut rester de petite taille ou augmenter de façon régulière jusqu’à gêner la déglutition, la voix, la respiration, ou encore provoquer une compression veineuse.

Un goitre peut en outre devenir toxique et sécréter trop d’hormones thyroïdiennes. Un risque assez faible de cancer existe aussi pour les goitres pourvus de nodules. « 4 % à 5 % des nodules sont cancéreux », précise le Pr Jean-Louis Wémeau.

Quels sont les examens et les analyses à pratiquer ?

Le premier examen est celui du médecin généraliste, d’autres suivront pour préciser le diagnostic.

L’examen clinique

La palpation permet au médecin d’observer si le gonflement à la base du cou est lié ou non à la thyroïde, s’il est douloureux, homogène ou non, ou si sa consistance est ferme ou molle. Le médecin recherche aussi la présence de ganglions gonflés au niveau du cou. Il va aussi se renseigner sur les médicaments pris par ailleurs, sur l’existence de problèmes thyroïdiens dans la famille, ou sur la présence de facteurs favorisants comme le tabagisme.

Les examens biologiques

Une prise de sang permet de réaliser un dosage de la TSH, l’hormone hypophysaire qui contribue à la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Si cette dernière est augmentée, cela signifie que la thyroïde ne fonctionne pas assez. Si elle est basse, c’est que la sécrétion d’hormones thyroïdiennes est excessive. Le médecin peut aussi prescrire la recherche d’anticorps antithyroïdiens, caractéristiques d’une maladie auto-immune.

L'imagerie médicale

Plusieurs analyses permettent d’évaluer l’état de la thyroïde et du goitre :

  • L’échographie précise la taille du goitre, son caractère homogène ou hétérogène, sa situation et les caractéristiques des nodules, s’il y en a.
  • La ponction d’un nodule permet de préciser le caractère bénin ou suspect d'un nodule.
  • La scintigraphie thyroïdienne est pratiquée dans des cas rares pour préciser le mécanisme de certaines hyperthyroïdies.
  • L’IRM est pratiquée avant une intervention pour élvaluer le retentissement du goitre sur les structures voisines.

Quel est le traitement du goitre ?

Plusieurs approches peuvent être proposées en fonction du goitre.

Les hormones thyroïdiennes

La prise de lévothyroxine est proposée aux personnes jeunes. Elle permet de réduire les goitres de petite taille sans complication, grâce à la mise au repos de la thyroïde. Un traitement de quelques mois est parfois suffisant.

La chirurgie de la thyroïde

L’ablation de la glande n’est effectuée que dans le cas de goitres volumineux et gênants, ou en cas de suspicion d’un cancer thyroïdien.

L’iode radioactif

Le traitement par iode 131 permet de réduire le volume du goitre. Il constitue une alternative possible à la chirurgie chez les sujets âgés.

Peut-on prévenir ces problèmes de thyroïdes ?

Le goitre simple par carence d’iode peut être prévenu par la consommation d’un sel enrichi en iode.

Faut-il prendre des compléments alimentaires ?

La réponse du Pr Jean-Louis Wémeau :

« La question se pose surtout pour les femmes enceintes, dont les besoins sont accrus durant cette période. Pour éviter les carences. une supplémentation en iode, mais aussi en acide folique, en fer , en vitamine D, en oligoéléments… est à recommander."

Sites d’informations et associations

Source(s):

Gueorguiev Svetoslav, « Petite histoire de l'iode et du goitre » [archive] [PDF], Université de Limoges – Faculté de Médecine, 2010.

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