Définition

Les cors sont une affection bénigne des pieds, mais qui peut être douloureuse et déformer la marche. Ils correspondent à des petites zones épaissies de la peau des pieds. Ils comprennent deux parties :

  •  L’une apparente formée par un noyau arrondi, corné, dense et translucide.
  •  L’autre invisible, en forme de cône renversé, qui pénètre dans les couches cutanées.

On distingue 2 types de cors : durs et mous ou œil de perdrix

Les cors durs

Ce sont les plus répandus. Les cors durs se forment aux endroits directement exposés aux frottements et à la pression des chaussures. Ils se trouvent le plus souvent :

  •  Sur le dessus des orteils (principalement les trois derniers), au niveau des articulations.
  •  Sur le côté extérieur du petit orteil, zone souvent soumise aux frictions dans les chaussures.
  • Parfois ils se forment sous un ongle ou dans le sillon d’un ongle.

Ils sont sensibles, voire très douloureux dès qu'on les touche. Ils gênent la marche obligeant la personne à modifier sa façon de poser le pied pour ne pas ressentir la douleur.

Les cors mous

Les cors mous appelés aussi « œil de perdrix » surviennent lorsque deux articulations de deux orteils voisins sont comprimées l'une contre l'autre.
Ils sont donc situés entre deux orteils (le plus souvent entre les quatrièmes et cinquièmes) et se forment fréquemment simultanément sur les deux orteils.

Ils présentent une couleur blanchâtre et une consistance spongieuse, dues à la sueur produite entre les doigts de pied.

Les cors mous sont douloureux et peuvent s’infecter en raison de l'humidité des espaces interdigitaux, source de macération.

Pourquoi appelle-t-on aussi le cor mou, un oeil de perdrix ?

Ce type de cor est appelé familièrement  « œil de perdrix »  à cause de leur bordure ronde et rouge, signe de l’inflammation, et de leur point noir au centre.

Quelle différence entre un durillon et un cor ?

Les durillons sont des callosités (zone de peau épaissie) dures, mais peu étendues. Ils se trouvent souvent sous le pied, juste derrière les orteils, là où les os entrent en contact avec le sol. "Ils correspondent fréquemment à un manque de capiton plantaire, la peau est trop fine", indique Jean-François Biggi, pédicure-podologue.

Callosités et durillons présentent un aspect dur et sec, de couleur jaunâtre. Contrairement aux cors, ils sont superficiels, mais néanmoins gênants. Ils apparaissent en général sur les deux pieds :

  • Sur les bords externes du gros orteil et du petit doigt.
  • Au niveau de la plante et du talon.
  • Sous les pieds à la jonction avec les orteils.

Cors, hallux valgus, verrues : comment faire la différence ?

Le cor n’est  pas une verrue (due à un virus), même si une verrue peut engendrer un épaississement de la peau. Ce n’est pas non plus un hallux valgus ou un"oignon", excroissance, qui déforme la partie interne du pied, même si ce dernier par son volume, frotte contre la chaussure et donc entraîne forcément des cors et durillons à terme.

Photo : exemple de cors qui sont des "cals" présents en général sur des surfaces cutanées minces ou glabres

Cors, hallux valgus, verrues : comment faire la différence ?

Crédit : Emilio J. Rodríguez Posada — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Symptômes

Les durillons et les cors se remarquent en général à l’œil nu par leur différence de couleur (jaunâtre) par rapport au reste du pied et leur consistance dure.
Mais le premier symptôme est la douleur qui gêne la marche.

Causes

Cors, callosités et durillons résultent :

  • De frottements répétés dans les chaussures.
  • d’une compression excessive de la peau contre la saillie d'un os du pied pendant la marche.

Ces phénomènes produisent une hyperkératose par stimulation de la fabrication de kératine (protéine composant l’épiderme). Il s'ensuit un épaississement de la corne des pieds, qui va de la simple callosité au durillon et jusqu’au cor.

Avoir des cors est-il normal ?

Réponse de Jean-François Biggi, pédicure-podologue :

« La formation d’un cor n’est autre que la réponse à une agression répétée de la peau. Au fil des frictions, la partie cornée pénètre plus profondément sous la peau, tandis qu’une couche se reforme en surface ».

Facteurs de risques

Les pieds larges ou déformés, davantage soumis aux pressions et frottements ont plus de risque de développer des cors, surtout en cas :

  • d'hallux valgus.
  • D'orteils en marteau.
  • D'avant-pieds anguleux...

Personnes à risque

Les cors et durillons touchent davantage :

  • Les femmes à cause de la compression plus fréquente des chaussures et du port des talons.
  • Les populations aux pieds plus fragiles, comme les personnes âgés.
  • Les pieds très sollicités comme ceux des sportifs.
  • Les diabétiques, qui perdant de la sensibilité aux extrémités et cicatrisant mal peuvent laisser dégénérer un cor qui ne les fait pas souffrir et qu’ils ne remarquent pas, par exemple sous le pieds, et peut finir par se gangréner

Durée

Un cor ou un durillon ne disparait pas spontanément. Leur traitement mécanique par un pédicure-podologue est en général immédiat bien qu’il puisse rester sensible quelques jours.

Contagion

Le problème étant purement mécanique, il n’y a pas de risques de contagion.

Qui, Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter un pédicure-podologue pour tous les problèmes récidivants des pieds, dès lors qu’un durillon ou un cor est douloureux et de surcroît s'il modifie la marche.

A noter que les soins des pédicure-podologues ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale, à l'exception de ceux prodigués aux diabétiques. Certaines mutuelles peuvent proposer des remboursements partiels, sur factures .

Examens et analyses

Les cors et durillons sont diagnostiqués lors de l'examen en cabinet. 

Complications

  • Si les cors aux pieds ne sont pas pris en charge, ils peuvent provoquer une inflammation des tissus, ils deviennent rouges et sont de plus en plus douloureux. Cette inflammation peut engendrer une bursite, c’est-à-dire une inflammation et un gonflement au niveau de la bourse, petit sac rempli de liquide situé sous la peau et qui fait office de coussinet entre les tendons et les os. Il arrive même qu’ils provoquent une atteinte articulaire.
  • Chez les patients ayant des difficultés de cicatrisation, comme les personnes immunodéprimées, sous traitement oncologique ou les diabétiques, le cor peut se compliquer plus rapidement. Non traité, il va s’infecter jusqu'à devenir un ulcère. Les complications d’un cor qui devient une plaie peuvent s’amplifier, être difficiles à soigner et même conduire jusqu’à un risque d’amputation.
  • Le cor mou ou « œil de perdrix » est douloureux et peut s’infecter en cas de macération, si les pieds ne sont pas suffisamment séchés ou gardés au sec.

Traitements 

Les cors ne disparaissent pas spontanément et d'autres peuvent apparaître sur de nouvelles zones d'appui. A moins d’être traité pour un diabète, qui justifie le traitement par un pédicure-podologue, certaines pommades et remèdes naturels peuvent être appliqués en première intention.

Cors et durillons : comment les traiter soi-même ?

Pour enlever la couche superficielle de corne et le noyau du cor, des médicaments dits "kératolytiques" ou "coricides" peuvent être utilisés, mais avec précautions. Ils contiennent de l’acide salicylique, qui dissout la kératine (protéine composant l’épiderme). Grâce au traitement, la couche cornée est ramollie et se détache. Dans le cas d’un durillon, parfois un bain d’eau tiède d’une vingtaine de minutes suffit.

Quelles précautions prendre avec les coricides et kératolytiques ?

  • Ces produits sont disponibles sous forme de pommade, pâte ou emplâtre. Il faut les appliquer seulement sur les cors, callosités et durillons car ils risquent de détruire la peau saine. Après application, recouvrez la zone traitée par un pansement protecteur. Il est important de bien lire et respecter les instructions de la notice (en cas de doute, demandez l’avis de votre pharmacien).
  • Ils sont utilisables par la majorité des patients. Mais leur usage est déconseillé chez les personnes diabétiques, celles présentant une artériopathie des membres inférieurs et chez les personnes ayant une maladie de peau au niveau des pieds (eczéma, psoriasis...)
  • Attention : certaines recettes de grand-mère préconisent de râper le cor avec une pierre ponce, après l’avoir ramolli avec de l’eau chaude ou une crème. Mais son apparition est d’origine mécanique et le fait de poncer la zone va augmenter la réaction de la peau et donc la récidive rapide du cor. Il est également fortement déconseillé de gratter avec un couteau ou des ciseaux au risque de contracter une infection. « Une bonne hydratation des pieds avec une crème riche, lait pour le corps ou crème spéciale pieds, suffit dans la plupart des cas à ramollir un durillon avant qu’il ne se transforme en cor », souligne Jean-François Biggi, podologue.

Consulter un pédicure-podologue

Si l'utilisation des médicaments dits "kératolytiques" ou "coricides" n'a pas été suffisamment efficace ou si ces médicaments sont contre-indiqués, le traitement des cors et des durillons doit être pris en charge par un spécialiste.
Celui-ci :

  • Réduit le volume du cor ou du durillon à l’aide d’un petit scalpel et/ou d’une meule stérilisés. Plusieurs séances peuvent être nécessaires, car le praticien opère en douceur pour ne pas perturber la locomotion. Pas d’inquiétude à avoir, le geste n’est pas douloureux.
  • Généralement le pédicure podologue fera une prise en charge avec une orthoplastie (dispositif en élastomère de silicone) pour aider la cicatrisation, protéger à long terme et éviter la réapparition du cor.
  • Pour éviter d’autres lésions, le praticien peut réaliser un bilan podologique afin de diagnostiquer les causes de leur survenue. Il pourra alors conseiller des semelles orthopédiques lorsque le cor est lié à une déformation du pied.

Remèdes de grand-mère

De tous temps les cors et les durillons ont inspiré des recettes de grand-mère. Voic ceux sans risques :

Comment utiliser le poireau pour soigner un cor ou durillon ?

Grâce à ses propriétés antiseptiques, le poireau pourrait favoriser la guérison des cors et des durillons.

  •  Ingrédients

Des feuilles de poireau
Du vinaigre de vin

  • Préparation

Faire tremper les feuilles de poireau dans du vinaigre de vin pendant une vingtaine d'heures.

  • Posologie

Tous les soirs, appliquer les feuilles sur les cors ou les durillons jusqu'à ce qu'ils disparaissent.

Cors et durillons : comment utiliser l'acide acétylsalicylique issu de l’écorce de saule ?

Comme il est présent dans l’aspirine, il suffit d'écraser quelques comprimés ou sachets de ce médicament, d’y ajouter un peu d’eau tiède, de placer cet emplâtre sur le cor et de le maintenir en place un quart d’heure.

Cors et durillon : comment les soigner avec de l’huile de ricin ?

Ce produit est également efficace en application, mais faites attention, car il tache. Mieux vaut sacrifier une chaussette pour s’en protéger le temps de l’application (une nuit si possible).

Photo : huile de ricin aussi appelée Castor oil

Cors et durillon : comment les soigner avec de l’huile de ricin ?

Crédit : Pete Markham from Loretto, USA — It looks so harmless © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Cors et durillons : quelles sont les précautions pendant le traitement ?

Des précautions s’imposent particulièrement pendant le traitement.

Le choix des chaussures

Les chaussures doivent éviter les frottements.

  • Il faut opter pour des chaussures ouvertes si la saison le permet, mais avec de bonnes semelles,
  • veiller à ce qu’elles soient légères, souples et assez larges, sans coutures. Il doit rester de l’espace sur le côté de vos pieds et au-dessus de vos orteils ,
  • choisir un talon petit (3 à 4 cm de haut).

L'hygiène des pieds

Les soins apportés aux pieds sont très importants.

  • Lavez vos pieds quotidiennement à l’eau et au savon, puis séchez-les bien, surtout entre les orteils. Cela évite la macération qui favorise l'infection des cors mous par des bactéries ou les mycoses des pieds.
  • Appliquez une crème hydratante pour limiter la sécheresse cutanée.

Prévention

Pour éviter les cors, callosités et durillons, il est conseillé de porter des chaussures suffisamment larges, pour ne pas comprimer le pied, mais pas trop grande pour qu'il ne se déplace pas dans la chaussure. Leur forme doit être adaptée à celle des pieds. Les bouts pointus sont à éviter ainsi que les talons de plus de 4 cms. Le port de chaussettes est recommandé aux personnes qui ont les pieds sensibles.

Sites d’informations 

ameli.fr/paris/assure/sante/themes/cors-pieds/definitions-symptomes-causes ameli.fr/paris/assure/sante/themes/cors-pieds/bons-reflexessante-du-pied.org/foire-aux-questions.html

Sources

ameli.fr/assure/sante/themes/cors-pieds/traitement ameli.fr/assure/sante/themes/cors-pieds/prevention