Définition

La parodontite est une inflammation du parodonte, qui correspond aux tissus qui soutiennent les dents. Le parodonte comporte les gencives, le desmodonte (fibres de soutien) et l’os. Ce système permet de maintenir solidement les dents.

La parodontite est une maladie d’origine bactérienne, favorisée par un affaiblissement du système immunitaire.

Le début de la maladie est caractérisé par une gingivite avec une extension progressive vers le tissu osseux, provoquant de petits abcès.

Au cours de l’évolution, l’os est endommagé, la dent se déchausse et peut finir par tomber.

Quels sont les différents types de parodontites ?

On dénombre plusieurs typologies de parodontites que sont :

  • La parodontite chronique, d’évolution lente.
  • La parodontite agressive, localisée ou généralisée et d’évolution rapide. Cette forme de parodontite débute à  l’adolescence ou avant l’âge de 30 ans et évolue rapidement.
  • La parodontite associée à une maladie générale comme le diabète, le cancer ou l’infection à VIH, par exemple.
  • Les parodontites de l’adulte, les plus fréquentes.
  • Les parodontites précoces de l’enfant et de l’adolescent, plus rares et d’évolution rapide.

Photo : illustration de la perte de soutien dentaire

           Photo : illustration de la perte de soutien dentaire© Creative Commons

Crédit : Lesion - Own work © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres

La parodontite est une maladie très fréquente qui peut toucher jusqu'à 30%  des adultes en France.

L’Organisation Mondiale de la Santé a revu 80 études réalisées à travers le monde et les résultats ont montré que 10 à 15 % des adultes souffrent de parodontite.

Les gingivites et parodontites seraient en cause dans 30 à 40 % des extractions dentaires et perte de dents .

La prévalence (nombre de cas pour une période donnée) de la malade augmente avec l’âge.

La parodontite agressive du jeune ne touche que 0,2% de la population européenne.

Symptômes

Le début de la parodontite est marqué par une gingivite (inflammation des gencives), puis, au fur et à mesure de son évolution, on peut observer :

  • des saignements des gencives, spontanés ou lors du brossage ;
  • des gencives rouges et oedématiées ;
  • une rétraction des gencives et la formation de poches entre les dents et la gencive ;
  • un abcès au niveau de la gencive, douloureux et pouvant provoquer un écoulement de pus ;
  • des douleurs à la mastication ;
  • une sensation de dents qui bougent ou qui se déchaussent ;
  • une mauvaise haleine chronique.

Parodontite : peut-elle passer inaperçue ?

Ma réponse de médecin généraliste : 

"Les symptômes de la parodontite apparaîssent tardivement ou peuvent passer inaperçus. C’est pourquoi une vite régulière chez le dentiste pour un examen parodontal est recommandé."

Causes

Les causes de la maladie parodontale sont multiples et parfois intriquées entre elles. Les principaux facteurs responsables du développement de la parodontite sont :

  • Des bactéries pathogènes, présentes dans la cavité buccale. La flore bactérienne buccale normale ne provoque pas d’infection. Seules  les bactéries pathogènes provoquent des parodontites.
  • Une faiblesse du système immunitaire, qui empêche l’organisme de se défendre contre les bactéries pathogènes.
  • Une mauvaise hygiène de vie avec un tabagisme, une mauvaise alimentation, une sédentarité...
  • La présence de maladies générales comme le diabète ou les maladies inflammatoires chroniques.

Parodontite : quel rapport avec la plaque dentaire ?

La flore bactérienne buccale est composée de plusieurs centaines de bactéries non pathogènes, et qui participent à l’équilibre digestif puisque la digestion des aliments commence dès leur ingestion.

Cependant, certaines bactéries pathogènes, c’est-à-dire capables de provoquer des maladies peuvent s’installer et provoquer des lésions bucco-dentaires. Elles forment une plaque que l’on appelle la plaque dentaire.

Avec un bon brossage des dents, la plaque dentaire peut être éliminée, mais elle a tendance à se reformer. Lorsqu’elle se solidifie, elle provoque la formation de tartre, qui peut entraîner une gingivite. C’est le début de la parodontite. C’est pourquoi le brossage régulier et répété des dents et les bonnes mesures hygiéno-diététiques peuvent éviter la formation d’une parodontite.

Contagion

La parodontite étant une maladie infectieuse d’origine bactérienne, elle peut être contagieuse, notamment par la salive lors d’un contact direct par un baiser par exemple.             

Facteurs de risques

Il existe de nombreux facteurs de risque de développer une parodontite. On retrouve :

  • Le tabagisme chronique.
  • L’obésité.
  • La mauvaise alimentation en raison des carences vitaminiques qu’elle provoque, notamment en vitamine C.
  • La consommation de drogues ou d’alcool qui provoque un risque accru et une gravité plus importante de la parodontite.
  • La prise de certains médicaments comme les psychotropes, les antihypertenseurs ou les antihistaminiques car ils réduisent la production de salive, qui aide normalement à l’élimination des bactéries pathogènes.
  • Le port d’un appareil dentaire fixe sur les dents qui gênent l’élimination de la plaque dentaire. C’est pourquoi les traitements orthodontiques nécessitent des soins dentaires rigoureux.

Personnes à risque

Certaines personnes sont plus à risque de développer des parodontites. Il s’agit :

  • Des sujets âgés.
  • Des femmes enceintes ou en cours de ménopause. Ceci est dû aux modifications hormonales.
  • Des personnes atteintes de diabète de type 2. Ces sujets sont plus exposés à des parodontites agressives.
  • Des sujets atteints de cancers, notamment de leucémie.
  • Les sujets infectés par le virus de l’immunodéficience humaine.
  • Les personnes porteuses de maladies génétiques comme la trisomie 21, l’histiocytose X, la neutropénie familiale cyclique, le syndrome de déficience d'adhésion des leucocytes, le syndrome d’Ehler-Danlos
  • Les formes familiales de parodontite sont fréquentes, laissant supposer des facteurs génétiques favorisant cette maladie.

Photo : radiographie dentaire montrant une perte osseuse sévère de 30 à 50%.

Photo : radiographie dentaire montrant une perte osseuse sévère de 30 à 50%.© Creative Commons

Crédit : DRosenbach (talk). - DRosenbach (talk)) © CC - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Periodontalboneloss.JPG

Qui, quand consulter ?

En cas de maladie parodontale, les praticiens pouvant être consultés sont le médecin généraliste et le dentiste. Le médecin peut faire le diagnostic sur les signes cliniques et débuter un traitement, mais la suite de la prise en charge et le suivi doivent être effectués par le dentiste.

Dans les cas très évolués et en cas de nécessité d’un traitement chirurgical, un chirurgien stomatologue, spécialisé dans la chirurgie de la cavité buccale, peut intervenir.            

Examens et analyses

Il n’y a pas d’examens nécessaires au diagnostic de parodontite. Des examens peuvent être utiles pour trouver la cause de la parodontite et se faire une idée de son évolution.

Un bilan biologique complet peut être réalisé à la recherche d’une maladie chronique, d’une infection par le VIH ou d’un diabète. Une radiographie panoramique dentaire permet de visualiser l’état osseux dentaire.

Durée

L’évolution de la parodontite est longue, pouvant durer plusieurs mois ou années. C’est une maladie à évolution lente. Un traitement bien conduit peut ralentir cette évolution et diminuer la durée de la maladie. Plus le traitement sera entrepris précocement, moins la maladie sera longue.

Complications

En l’absence de traitement bien conduit, la parodontite peut provoquer des complications comme la chute des dents. L’inflammation buccale prolongée a également pour effet d’augmenter les risques cardiovasculaires

En outre, le déchaussement dentaire lié à la parodontite peut également favoriser les carences et la dénutrition, selon des scientifiques à l'origine du projet AlimaSSens (qui vise à développer une offre alimentaire adaptée aux personnes souffrant de troubles de la mastication et de la salivation). Le projet est financé par l'ANR (Agence nationale de la recherche).

En effet, la mise en bouche d’un aliment constitue la toute première étape d’un processus conduisant à l’assimilation des nutriments par l’organisme. Or, face à l'émail dentaire qui s'use et à certains problèmes comme le déchaussement dentaire, les patients auront alors tendance à supprimer certains aliments difficiles à mastiquer comme certaines viandes, certains fruits et légumes ou encore les fruits secs.

Les aliments hachés, mixés, voire réduits en purée, sont souvent la seule alternative apportée aux seniors pour qui la mastication pose problème. Or ces aliments sont souvent peu attractifs, difficiles à identifier et peu savoureux.

Traitements

Les principes du traitement de la parodontite reposent sur :

  • Un nettoyage complet des dents, de leurs racines et des gencives. Ce geste peut être suffisant pour traiter une parodontite débutante. Le nettoyage constitue le premier élément de traitement de toute parodontite.
  • Un traitement antibiotique, parfois nécessaire.
  • Un traitement chirurgical en cas d’évolution défavorable sous traitement médical.
  • Un brossage régulier, 3 fois par jour et une consultation chez le dentiste tous les 3 mois.

Parodontite : quels sont les traitements mécaniques ?

Le choix du traitement de la maladie dépend du stade d’évolutivité de la maladie et de sa rapidité, ainsi que de l’état général du patient, avec la présence ou non de maladies associées.

Le dentiste va d’abord procéder au nettoyage complet des gencives avec une élimination du tartre et de la plaque dentaire. Il va ensuite procéder à un re-surfaçage radiculaire, qu’il effectuera sous anesthésie locale, en plusieurs séances. Cela permet à la gencive qui s’est décollée d’adhérer à nouveau à la dent. Cela favorise également la cicatrisation des poches bactériennes.

L’efficacité de ce traitement est étroitement liée à un brossage régulier et rigoureux des dents et à l’utilisation quotidienne du fil dentaire en soie.

Des bains de bouche peuvent être prescrits avant et après ce traitement, mais ceux-ci ne doivent pas durer trop longtemps, car ils ont pour effet de détruire également la flore bactérienne buccale non pathogène et d’empêcher le retour à l’équilibre de cette flore.

Parodontite : dans quel cas la traite-t-on par antibiotiques ?

La plupart du temps, si le traitement mécanique du dentiste est bien suivi, aucun traitement antibiotique n’est nécessaire. Cependant, en cas de parodontite agressive, l’appui d’un traitement antibiotique peut être nécessaire.

Il est également indiqué en cas de récidive et chez les sujets diabétiques ou ayant des antécédents cardiaques. L’antibiothérapie doit avoir la durée la plus courte possible pour éviter l’émergence de résistances bactériennes et le déséquilibre de la flore buccale.

Parodontite : quel sont les traitements chirurgicaux ?

Lorsque les traitements mécaniques et médicamenteux ne suffisent pas à obtenir une évolution favorable de la parodontite, le recours à la chirurgie peut être nécessaire. Cette situation se présente dans 5 à 10% des cas.

Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être indiquées en fonction de l’évolution de la maladie :

  • L’incision de la gencive par le chirurgien-dentiste permet un nettoyage complet des poches parodontales et du tartre. Il replace ensuite la gencive et au cours de sa cicatrisation elle va se recoller spontanément à l’os et à la dent.
  • En cas de destruction trop importante de l’os, il est nécessaire d’envisager une reconstruction, en reconstituant les tissus de soutien. Le chirurgien peut alors utiliser des biomatériaux permettant la croissance de nouveau tissu osseux ou réaliser une greffe osseuse (un fragment osseux est prélevé sur une autre partie du corps du patient).
  • La greffe gingivale permet de lutter contre la rétraction de la gencive, à l’origine du déchaussement. Un fragment de peau est prélevé au niveau du palais puis greffé sur la gencive. Les soins de cicatrisation doivent être précautionneux et durent plusieurs semaines. L’hygiène bucco-dentaire doit être stricte.            

Prévention

Malgré les facteurs génétiques et immunitaires responsables de certaines parodontites, des mesures de prévention existent. Il s’agit :

  • D’une hygiène bucco-dentaire stricte et d’un brossage des dents efficace, deux à trois fois par jour, avec une brosse à dents souples, changée au moins tous les 2 mois. En cas de déchaussement des dents le brossage doit se faire de gauche à droite. Le brossage du sillon gingivo-dentaire doit être très doux. Il ne faut pas hésiter à demander au dentiste de montrer les principes d’un brossage correct.
  • D’un examen parodontal et dentaire régulier, et annuel par un dentiste. Cet examen permet de détecter les premiers signes de gingivite ou de parodontite et de démarrer le traitement le plus tôt possible.
  • De l’utilisation du fil dentaire en soie, une fois par jour, pour éliminer les bactéries et les restes alimentaires logés entre les dents.
  • D’un détartrage régulier par le dentiste.
  • D’une radiographie des dents tous les 3 ans pour surveiller l’état osseux, surtout chez les personnes à risque.
  • Du sevrage tabagique.
  • De limiter la consommation d’alcool.
  • de manger moins de sucre.

Parodontite : les femmes plus à risques ? 

Les femmes enceintes sont plus à risque de développer une parodontite, c’est pourquoi le suivi par le dentiste doit être régulier au cours de la grossesse et dans les mois qui suivent l’accouchement.

Parodontite : comment l'éviter en cas de traitements orthodontiques ?

Les traitements orthodontiques nécessitant des appareillages fixes provoquent  un risque de parodontite, le suivi chez le dentiste doit donc être régulier, tous les 6 mois, et les mesures d’hygiène bucco-dentaires scrupuleusement respectées.

Sites d’informations et associations

Des sites d’intérêt et des forums d’entraide pour les patients atteins de parodontite sont consultables sur internet. Mais il s’agit principalement du site de la Société Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale : www.sfparo.org.