Définition : qu’est-ce que le syndrome méningé ?

Le syndrome méningé désigne l’ensemble des symptômes liés à une inflammation des méninges (et principalement de la dure-mère et l’arachnoïde). Les méninges sont les membranes qui entourent et protègent le système nerveux central composé de l’encéphale et de la moelle épinière.

Ce syndrome peut être lié à une méningite, une méningo-encéphalite (l’irritation touche aussi l’encéphale) ou à une hémorragie méningée. Il se manifeste par de violentes céphalées, des vomissements et une raideur de la nuque. Il convient de traiter la cause du syndrome méningée qui constitue une urgence médicale absolue.

Schéma : coupe des méninges

Schéma : coupe des méninges

Crédit : Jmarchn — Travail personnel - © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres : quelle est la fréquence du syndrome méningé ?

Le syndrome méningé est relativement rare en France et dans les pays occidentaux. Il est causé par une hémorragie méningée ou une méningite/méningo-encéphalite:

L’hémorragie méningée est la première cause de syndrome méningé. Elle a une incidence globale de 8 personnes sur 100 000 par an.

La méningite et la méningo-encéphalite occasionnent aussi un syndrome méningé. Dans les pays industrialisés, la recrudescence de la méningite a lieu à l’hiver ou au printemps touchant 1 à 5 cas pour 100 000 habitants. La méningite virale représente 75% des cas de méningite. La méningo-encéphalite d’origine herpétique est l’encéphalite la plus courante. Elle reste toutefois exceptionnelle.

Quels sont les symptômes d’un syndrome méningé ? 

Trois principaux symptômes évoquent un syndrome méningé :

  • Des céphalées : Elles sont violentes, constantes, diffuses (irradiant vers le cou et le rachis) et de tonalité pulsatile : « Nous parlons de ‘céphalées en coup de tonnerre’. Elles sont souvent aggravées par la lumière et le bruit (phonophotophobie). La douleur ne cède pas aux antalgiques », précise le docteur Kourilsky. 
  • Des vomissements : « Ils sont spontanés (en jets) et ne sont pas toujours précédés de nausées. »
  • Une raideur de la nuque : c’est le signe le plus précoce du syndrome méningé : « une douleur au niveau de la nuque empêche le patient de baisser la tête vers le thorax ». Parfois la tentative de flexion de la tête vers l’avant entraîne une flexion involontaire des jambes (signe de Brudzinski). La contracture du rachis cervical incite souvent le patient à adopter une position « en chien de fusil » (le patient est couché en position latérale, jambes pliées).

D’autres signaux sont associés :

  • De la fièvre.
  • Une raideur des membres inférieurs : le médecin peut constater cette raideur (appelée "signe de Kernig") en amenant les membres inférieurs sur le bassin, jambes étendues (une douleur s’oppose à ce mouvement et oblige le patient à plier les jambes).
  • Une hyperesthésie : "il s’agit d’une hypersensibilité aux stimuli. De faibles stimuli peuvent provoquer des douleurs intenses. Les patients ne supportent pas le moindre effleurement", précise le spécialiste.

Dans les cas plus graves, on retrouve parfois :

  • Des troubles de la conscience (confusion, coma, convulsion, crise d’épilepsie…)
  • Des troubles cardio-vasculaires et respiratoires (bradycardie, hypertension, ventilation ralentie…)

Causes : comment se déclenche un syndrome méningé ?

Les causes possibles du syndrome méningé sont une hémorragie méningée ou la méningite/méningo-encéphalite.

L’hémorragie méningée résulte d’une rupture d’anévrysme intracrânien. « L’anévrysme (ou dilatation anormale d’une artère) est une lésion fréquente dans la population générale (leur prévalence est estimée entre 1 et 5% de la population). Ces anévrysmes sont souvent de petite taille et une hémorragie méningée ne se produit pas systématiquement ». On estime que l’hémorragie méningée ne se produit que dans 20 à 50% des cas de rupture d’anévrisme cérébral. 

Les méningites et méningo-encéphalites sont majoritairement d’origine infectieuse (virales, bactériennes, plus rarement parasitaires ou fongiques) et exceptionnellement consécutives d’une autre pathologie tumorale ou auto-immune (cancer, lupus…).

Les virus en cause sont les entérovirus, les oreillons, la rougeole, l’Herpès ou encore le VIH.

Chez le nourrisson, les bactéries redoutées sont les streptocoques du groupe B, Escherichia coli et Listeria monocytogènes. Hors période néo-natale les méningites bactériennes sont généralement causées par le méningocoque et le pneumocoque. La méningite à méningocoque est la plus invasive nécessitant des mesures d'urgence prescrites par le ministère de la Santé

Les méningites fongiques (liées à 3 champignons : Candida albicans, Cryptococcus neoformans et Histoplasma) et parasitaires (méningites à éosinophiles) ne touchent majoritairement que les personnes immunodéprimées.

Les méningo-encéphalites sont majoritairement causées par le virus de l’Herpès et à Listeria monocytogènes.

Quels sont les facteurs de risques du syndrome méningé ?

Les facteurs de risque du syndrome méningé sont ceux de sa cause. « Dans le cas d’une méningite, on évoquera principalement l’absence de vaccination, mais aussi un état de santé précaire ou de fragilité (c’est le cas des nouveau-nés et des personnes immunodéprimées). Pour ce qui est de l’hémorragie méningée, l ’hérédité, mais aussi une mauvaise hygiène de vie entraînent des risques vasculaires. », explique le neurochirurgien.

Qui sont les personnes à risque de syndrome méningé ?

Une méningite/méningo-encéphalite peut toucher aussi bien les hommes que les femmes, à tout âge. Cependant, le risque est plus élevé chez :

  • Les personnes dont l’immunité est fragilisée (les femmes enceintes, les nouveau-nés, les enfants en bas âge, les jeunes adultes, les personnes atteintes du VIH, de la maladie de Lyme ou d’une autre maladie chronique).
  • Les personnes non-vaccinées.

L’hémorragie méningée a une incidence qui augmente avec l’âge et l’augmentation des risques cardio-vasculaires.

Quelle est la durée du syndrome méningé ?

La durée dépend de la cause du syndrome méningé. « Dans le cas d’une méningite virale, les symptômes peuvent disparaître en 10 jours à quelques semaines. Ce peut être plus long pour une méningite virale ou une hémorragie méningée. À noter que ces dernières entraînent souvent des complications qui vont au-delà de ce syndrome », développe le spécialiste.

Contagion : le syndrome méningé est-il contagieux ? 

Dans le cadre des méningites virales et bactériennes, ce syndrome est contagieux.

La méningite virale se contracte par transmission de nombreux virus susceptibles d’atteindre les méninges. Ces derniers se transmettent par contact direct ou indirect (par l’intermédiaire d’un objet) avec de la salive, du mucus nasal ou des excréments infectés (en dehors du cas du VIH, maladie sexuellement transmissible). 

La méningite bactérienne peut aussi se développer après contamination par un germe susceptible d’atteindre les méninges. Le méningocoque comme le pneumocoque sont présents chez de nombreux « porteurs sains » susceptibles de transmettre ces bactéries par l’intermédiaire de salive ou de sécrétions naso-pharyngées. D’autres bactéries (Listeria monocytogènes ou Escherichia coli) se transmettent par le biais de nourriture contaminée. Enfin le streptocoque du groupe B se transmet de la femme enceinte au fœtus.

Syndrome méningé : qui, quand consulter ?

Si des symptômes évoquent un syndrome méningé, il est indispensable de se rendre au service des urgences. Ce syndrome nécessite une hospitalisation.

Quelles sont les complications du syndrome méningé ?

Les complications ne résultent pas de ce syndrome, mais de sa cause. « Les méningites bactériennes, les méningo-encéphalites ou encore les hémorragies méningées peuvent donner lieu à de graves complications. C’est le cas lorsqu’il y a des atteintes cérébrales ou du système nerveux ». Nous estimons que 30% des méningites bactériennes occasionnent des complications et que 10% sont mortelles.

Quels sont les examens et analyses en cas de syndrome méningé ?

Un premier examen clinique permet de constater les symptômes d’un syndrome méningé. Selon le spécialiste : « des examens complémentaires permettent ensuite de cerner la cause. Il s’agit notamment de la ponction lombaire qui consiste à prélever et à analyser le liquide céphalo-rachidien contenu dans les méninges. Elle permet de distinguer une méningite d’une hémorragie méningée. D’autres examens sont ensuite prescrits en fonction de ces premiers résultats : analyses sanguines, imagerie cérébrale… ».

Quels sont les traitements du syndrome méningé ?

Le traitement du syndrome méningé est celui de sa cause. L’hospitalisation est systématique.

  • Les méningites virales ne nécessitent pas de traitement et guérissent spontanément. Toutefois, un traitement antiviral pourra être administré dans les cas de méningo-encéphalites.
  • Les méningites bactériennes sont traitées par antibiotiques.
  • Enfin « l’hemmoragie méningée lié à une rupture d’anévrisme nécessite une intervention chirurgicale d’urgence ».

Prévention : comment éviter le syndrome méningé ?

La prévention contre le syndrome méningé passe par la vaccination contre les bactéries et virus responsable de la méningite. À ce jour il existe de nombreux vaccins (Hæmophilus influenzae de type B, les pneumocoques, les meningoocoques, rougeole, les oreillons ou encore la tuberculose).

La survenue d’un cas de méningite doit occasionner la mise en quarantaine du malade, mais aussi un dépistage, l’administration d’antibiotique à titre prophylactique et/ou une vaccination de circonstance de l’entourage. La mise en place de mesures d’hygiène est aussi recommandée. 

Peut-on prévenir l'hémorragie méningée ?

Réponse du Dr Kourilsky, neurologue :

« Pour ce qui de l’hémorragie méningée, il est possible d’agir sur les facteurs de risques de la formation d’anévrysme intracrânien (tels que le diabète, l’hypertension, athérosclérose…) en adoptant un mode de vie sain. Des dépistages peuvent être effectués après 50 ans. »

Sources

Entretien avec le Docteur Antoine Kourilsky, neuro-chirurgien à la fondation Adolphe de Rothschild

Whitley RJ and al, « Herpes simplex encephalitis: adolescents and adults »