Qu'est-ce qu'un accident ischémique transitoire ou AIT ?

L'ischémie cérébrale transitoire survient quand un caillot de sang ralentit ou bloque la circulation sanguine dans le cerveau de façon temporaire. Cette baisse de l'apport sanguin au niveau des tissus a des conséquences réversibles quand l'ischémie est modérée ou passagère, et graves voire, susceptibles d'aboutir à la destruction des cellules cérébrales si l'ischémie est sévère et persistante.

Le plus souvent, les symptômes régressent en moins de 24 h et le patient ne présente aucune séquelle. Les ischémies cérébrales transitoires ont le même mécanisme et les mêmes causes que les AVC ischémiques.

L’AIT est une urgence diagnostique et thérapeutique. Toute personne qui en est victime doit consulter immédiatement un médecin ou se rendre au service des urgences le plus proche. Le risque de faire un accident vasculaire cérébral (AVC) constitué est important immédiatement après l’AIT et demeure élevé pendant l'année suivante.

AIT : quelle différence avec un AVC ?

Les symptômes de l'AIT et de l'AVC sont identiques, mais l’AIT dure de quelques minutes à une heure et disparaît. Contrairement à l'AVC, il ne laisse pas de séquelles, mais il constitue une alerte du risque d'AVC ultérieur.

Nombre de cas en France

Environ 40 000 personnes présenteraient un AIT chaque année en France. Cinq pour cent des personnes présentant un AIT non pris en charge en urgence auront un AVC ou un infarctus cérébral dans les 48 heures et 10 % dans la semaine suivante. On estime en France à 140 000 le nombre de nouveaux cas d'AVC par an, soit un toutes quatre minutes avec plus de 30 000 décès. 

Quels sont les symptômes de l'accident ischémique transitoire (AIT) ?

Les signes de l’AIT surviennent généralement pendant quelques secondes, ou  quelques minutes. Ils sont identiques à ceux d’un AVC, mais ils disparaissent rapidement. Parmi les symptômes, on peut observer :

  • une perte de force musculaire,
  • une perte de la sensibilité d'un bras ou d'une jambe, de la moitié de la face ou de la totalité d'un côté du corps,
  • une difficulté soudaine à trouver ses mots ou à s’exprimer,
  • des troubles soudains de l'équilibre et de la marche,
  • des troubles de la vue (perte brutale de la vision d'un œil),
  • des vertiges.

Les symptômes disparaissent au maximum en 24 heures, sans aucune séquelle.

Les personnes atteintes ont tendance à minimiser l'incident, car les signes ne durent pas, mettant cela sur le compte de la fatigue et du stress.

C'est cependant une urgence car l'ischémie cérébrale est un signe avant-coureur important de l'accident vasculaire cérébral (AVC).

Quels sont les causes et facteurs de risque ?

L'ischémie cérébrale transitoire survient le plus souvent quand un caillot de sang bloque la circulation sanguine dans le cerveau pendant un court laps de temps. Une plaque d'athérome ou l’un de ses fragments se détache et peut faire obstacle à la circulation du sang dans une artère cérébrale ou la carotide.

Lorsque l'artère est bouchée, la circulation du sang est stoppée, empêchant l'irrigation du cerveau. Cela provoque une perte des fonctions cérébrales : une  perte de langage, une paralysie ou de la vue. Dans le cas d’un AIT, l'artère se débouche spontanément et rapidement. Le passage du sang est alors rapidement rétabli et les symptômes disparaissent.

Les facteurs de risque de l'athérome sont : le tabac, le diabète, la sédentarité, le stress, l'hypertension artérielle, l'obésité, une mauvaise alimentation (trop riche en gras et en sucre), l'excès de cholestérol, certains antécédents familiaux...

L'ischémie cérébrale transitoire peut être causée également par une chute tensionnelle grave, des troubles de la coagulation, un cancer...

Illustration : plaque d'athérome 

Illustration : plaque d'athérome

Quelles sont les personnes à risques de l'AIT ?

Les facteurs de risque de l’AIT sont identiques à ceux de l’AVC ischémique.

On distingue les facteurs de risque modifiables et les facteurs de risque non modifiables.

Facteurs de risque modifiables d’AIT :

  • hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie ;
  • hypertension artérielle non équilibrée ;
  • diabète ou insulino-résistance dans le diabète de type 2 ;
  • tabagisme chronique ;
  • obésité, notamment si l’excès de poids concerne la région abdominale ;
  • consommation d’alcool excessive ;
  • sédentarité ;
  • alimentation trop riche en graisses et en sucres ;
  • dépression ou stress ;
  • trouble du rythme cardiaque comme la  fibrillation auriculaire ;
  • endocardite infectieuse ;
  • consommation de cocaïne ou d’amphétamines ;
  • vascularites ;
  • troubles de la coagulation.

Facteurs de risque non modifiables :

  • antécédents d’AVC ;
  • âge avancé ;
  • antécédents familiaux d’AVC.

Qui, quand consulter ?

En cas d’apparition d’un trouble neurologique tel qu’un trouble visuel, de la parole ou un déficit au niveau d’un membre, il est nécessaire de consulter un médecin au plus vite afin de faire réaliser les examens nécessaires au diagnostic et mettre en route un traitement le plus rapidement possible.

Diagnostic : quels examens pour déterminer les causes ?

Suite à un interrogatoire et un examen clinique, le médecin peut demander en urgence un scanner ou une IRM cérébrale. Il peut aussi prescrire un bilan sanguin, un échodoppler cervical et transcrânien pour analyser le flux des artères de la tête et du cou, une échographie cardiaque pour voir si le cœur est une source d'embolie, un électrocardiogramme, un électroencéphalogramme. L’angiographie peut être réalisée dans un second temps.

Le bilan consiste également à faire l'inventaire des facteurs de risque du patient : tabagisme, hypertension artérielle, cholestérol en excès, obésité, sédentarité, diabète sucré, etc.

Traitement : comment soigner un accident ischémique transitoire ?

Le traitement de l’AIT repose sur 3 axes : les médicaments, la chirurgie et la pose de stents. La prévention de la récidive est également l’un des objectifs principaux de la prise en charge. 

Les médicaments

Le traitement repose sur un médicament anti-agrégant plaquettaire ou un anticoagulant pour  prévenir les récidives. Ces médicaments empêchent les caillots de se former ou les détruisent. Le médecin prescrira aussi des médicaments pour contrôler la tension artérielle, le taux de cholestérol et le diabète. Un régime alimentaire et des conseils d’hygiène de vie seront également souvent nécessaires.

 La chirurgie

Une intervention chirurgicale peut être réalisée chez des patients dont la carotide est presque entièrement obstruée, c’est-à-dire à au moins 70% d’obstruction. On pratique alors une endartériectiomie carotidienne. Cela consiste en l’élimination des plaques d’athéromes par voie chirurgicale. Cette intervention n’est pas sans risque car elle peut provoquer l’obstruction d’une artère cérébrale lors du décrochage d’une plaque d’athérome.

La pose de stents

La pose de stents consiste en une angiopalstie : un cathéter muni d’un ballonnet à son extrémité est introduit dans l’artère obstruée. Le ballonnet est ensuite gonflé pendant quelques secondes pour dilater l’artère. Pour maintenir la dilatation artérielle, on y introduit une tubulure métallique appelée « stent ». 

Quelles conséquences et complications après un accident ischémique transitoire ?

Le pronostic de l'accident est très bon, avec une récupération totale, sans aucune séquelle, sous 24 heures. Cependant, la survenue d'une ischémie cérébrale transitoire témoigne d'une anomalie vasculaire ou cardiaque qui a de grandes chances de se manifester à nouveau, avec le risque de constituer un infarctus cérébral (nécrose des cellules cérébrales), et donc des lésions définitives.

Prévention d'un AIT

Il est possible de réduire les risques d'ischémie cérébrale en maîtrisant son diabète, son taux de cholestérol et sa tension artérielle. Il importe aussi de mener une vie saine en évitant de fumer, en pratiquant une activité physique régulière, en adoptant une alimentation saine, riche en légumes et pauvre en graisses et en sucres, en se préservant d'une vie stressante, en conservant un poids de santé et en limitant sa consommation d'alcool.

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations et des associations sur l’AIT sont consultables sur internet. Il s’agit :

Sources

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/avc/avc-comprendre

https://www.vidal.fr/recommandations/3756/accident_ischemique_transitoire/la_maladie/

https://www.chu-lyon.fr/fr/accident-ischemique-transitoire-ait