Définition

La légionellose est une maladie infectieuse due à la contamination par une bactérie du type Légionella. Ce type de bactéries comprend une cinquantaine d’espèces, avec plusieurs sérogroupes (ensemble des caractéristiques de certains micro-organismes différenciant les souches appartenant à une même espèce).

En France, plus de 90% des cas de légionellose sont dus à Legionella pneumophila et plus de 84% des cas sont dus au sérogroupe 1. L’Australie et la Nouvelle Zélande présentent moins d’infections liées à cette souche mais présentent plus de cas de légionellose à Legionella longbeachae.

L’infection à Légionella pneumophila est à l’origine d’infections pulmonaires qui peuvent être graves, et elle peut également atteindre le système immunitaire. Sa fréquence n’est pas très élevée, mais chez les sujets immunodéprimés, elle peut être grave et entraîner le décès. La contamination se fait par inhalation avec une eau infectée par la bactérie.

Photo : legionella pneumophila au microscope électronique

Photo : legionella pneumophila au microscope électronique

Crédit : CDC (PHIL #1187) — CDC Public Health Image Library. © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Legionella_pneumophila_01.jpg

Chiffres              

En France, l’incidence de la légionellose est estimée à 2 pour 100 000 habitants par an, c’est-à-dire qu’environ 1 500 nouveaux cas de pneumopathies à légionelles sont diagnostiqués chaque année. La légionellose existe partout dans le monde, avec des variabilités d’espèces bactériennes dans certains pays.

La mortalité par légionelloses est inférieure à 5% chez les sujets sains. Elle est plus élevée chez les sujets immunodéprimés, les personnes âgées, les sujets opérés récemment ou atteints de maladies chroniques les fragilisant.

À noter : la fièvre de Pontiac est une forme peu sévère de légionellose e. Elle est due à une contamination par Legionella pneumophila, et provoque une fièvre modérée, des céphalées et des douleurs musculaires sans atteinte pulmonaire. Cette maladie est bénigne et guérit spontanément en quelques jours.

Symptômes

La durée d’incubation de la légionellose pulmonaire est de 2 à 14 jours, après la contamination. Celle-ci se fait par inhalation de bactéries présentes dans des gouttelettes d’eau infectées. Les bactéries se propagent au niveau des alvéoles pulmonaires et vont détruire ensuite le système immunitaire. La contamination inter-humaine de la légionellose n’existe pas. Lors d’épidémies, l’incubation peut aller jusqu’à 16 jours.

La maladie apparaît sous la forme d’un syndrome grippal avec de la fièvre, des maux de tête, des frissons, des douleurs musculo-articulaires et une altération de l’état général pouvant aller jusqu'à un état léthargique.

Lorsque la pneumonie s’installe, après quelques jours, on observe les signes suivants :

  • Une toux accompagnée de crachats sanglants ;
  • des douleurs thoraciques ;
  • une perte d’appétit ;
  • un essoufflement au repos puis à l’effort ;
  • des diarrhées, nausées ou vomissements ;
  • une confusion mentale.

Complications 

Si elle n’est pas traitée, la légionellose peut entraîner des complications graves, que sont :

  • une insuffisance respiratoire ;
  • un choc septique avec une défaillance multi-viscérale (lorsqu'un ou plusieurs organes se détériorent rapidement) ;
  • une insuffisance rénale aigüe.

Ces complications peuvent être rapidement fatales.

Photo : différents stades de la légionellose chez un homme de 42 ans atteint d'une pneumonie grave due à la Legionella pneumophila du sérogroupe 11a. A et B : radiographie thoracique, puis tomodensitométrie à la date d'hospitalisation. C et D : tomodensitométrie du thorax une semaine après l'hospitalisation. La maladie laissera sans doute des séquelles respiratoires.

Photo : différents stades de la légionellose chez un homme de 42 ans atteint d'une pneumonie grave due à la Legionella pneumophila du sérogroupe 11a. A et B : radiographie thoracique, puis tomodensitométrie à la date d'hospitalisation. C et D : tomodensitométrie du thorax une semaine après l'hospitalisation. La maladie laissera sans doute des séquelles respiratoires.

Crédit : Antonella GrottolaComments to Author , Fabio Forghieri, Marisa Meacci, Anna Fabio, Lorena Pozzi, Patrizia Marchegiano, Mauro Codeluppi, Monica Morselli, Leonardo Potenza, Ambra Paolini, Valeria Coluccio, Mario Luppi, Fabio Rumpianesi, and Monica Pecorari — Emerging Infectious Diseases, http://wwwnc.cdc.gov/eid/article/18/11/12-0216-f1.htm © CC/Domaine Public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Severe_Pneumonia_Caused_by_Legionella_pneumophila_Serogroup_11,_Italy

Causes

Les bactéries de type Légionella sont présentes à l’état naturel dans l’environnement et notamment dans l’eau. Elles se développent à des températures allant de 25°C à 42°C.

Elles se multiplient dans tous les types de systèmes hydriques : systèmes de climatisation, systèmes de distribution d’eau, les humidificateurs ou les baignoire à remous. Le mauvais entretien de ces systèmes favorise la multiplication des bactéries.

Le nom de légionelle a été donné à cette bactérie car, en 1976, un groupe d’anciens combattants américains de la seconde Guerre Mondiale, réunis dans un hôtel de Philadelphie, est tombé malade et 30 légionnaires sont décédés des suites d’une pneumopathie. La bactérie responsable a été identifiée deux ans plus tard, dans les systèmes de climatisation de l’hôtel.

Mon conseil de médecin hygiéniste : Comment éviter la légionellose ?

"Le renforcement des règlementations et des contrôles des systèmes hydriques, notamment en milieu hospitalier a permis de faire diminuer l’incidence de la légionellose. Des mesures individuelles de prévention peuvent être effectuées comme faire couler l’eau des robinets (douches, lavabos, évier, etc...) peu utilisés pendant 1 minute avant leur utilisation, surveiller la température de l’eau chaude (comprise entre 50 et 60°C), détartrer et désinfecter régulièrement la robinetterie, utiliser de l’eau stérile pour les dispositifs médicaux…

Facteurs de risques

Le seul facteur de risque de la légionellose est la fréquentation de milieux hydriques mal entretenus, notamment les systèmes de climatisation et d’humidification.                        

Personnes à risque

Les individus sains ne sont pas à risque de présenter des complications à la suite d’une légionellose. Ceux à risque de complication et qui nécessitent une surveillance pendant le traitement sont :

  • les personnes âgées ;
  • celles atteintes de maladies chroniques (respiratoire, cardiaque, auto-immune, rénale…) ;
  • celles ayant un déficit immunitaire : en cours de chimiothérapie, transplantés, atteintes par le VIH ou sous traitement immunosuppresseur au long cours ;
  • les tabagiques ;
  • les alcooliques chroniques ;
  • les personnes ayant récemment subi une intervention chirurgicale.

Durée 

La durée d’incubation de la légionellose pulmonaire varie de 2 à 14 jours, après la contamination et peut aller jusqu’à 16 jours.

Le traitement s'étale sur 7 à 10 jours en général. La situation du malade s'améliore en 3 à 5 jours sauf en cas d'immunodépression. Dans ce cas certains symptômes peuvent perdurer plusieurs mois.

Qui, quand consulter ?               

En cas de symptômes évoquant une légionellose et de possible contact avec des milieux hydriques contaminés, il est nécessaire de consulter son médecin traitant pour qu’il réalise un examen clinique. En cas de doute, il effectuera une demande de bilan biologique et de sérologie (étude des sérums et de ce qu'ils contiennent, par exemple des anticorps liés à la présence d'agents pathogènes) à la recherche d’une infection récente, surtout chez l'individu à risque.

Examens et analyses

Les examens complémentaires ont pour objectifs d’une part de confirmer le diagnostic de légionellose et, d’autre part, d’évaluer l’étendue de l’atteinte, notamment pulmonaire.

Pour le diagnostic, on peut réaliser un test urinaire pour détecter une réponse immunitaire du corps à la  bactérie Légionella, une mise en culture des expectorations bronchiques à la recherche de la bactérie Légionella et un test sanguin pour identifier la présence de Légionella penumophila dans le sang, ainsi qu’une sérologie, qui permet de dater approximativement la contamination.

Pour évaluer l’étendue de la maladie, une radiographie des poumons est réalisée, et éventuellement un scanner thoracique.   

Photo : parmi les examens permettant de diagnostiquer une légionellose, le test sanguin

Photo : parmi les examens permettant de diagnostiquer une légionellose, le test sanguin

Traitements

Le principe du traitement de la légionellose repose sur l’antibiothérapie. La bactérie Légionella pneumophila est naturellement résistante à la pénicilline. Les classes d’antibiothérapie prescrites pour traiter une légionellose sont l’érythromycine, l’azithromycine, la clarithromycine, la levofloxacine et la ciprofloxacine.

La durée du traitement est généralement de 7 à 10 jours, parfois plus longtemps pour les sujets fragiles.

L’amélioration des symptômes survient généralement en 3 à 5 jours. Plus le traitement est débuté précocement, moins le risque de complications est grand.

Chez les patients immunodéprimés ou fragiles, certains symptômes peuvent persister plusieurs mois.

Prévention

La meilleure prévention contre la légionellose est de se soumettre à la règlementation sur l’entretien des systèmes hydriques dans les collectivités, à savoir les systèmes de climatisation et de distribution d’eau, les piscines ou les bains chauffants. Les collectivités les plus à risque sont les hôpitaux, les sites industriels, les hôtels, les centres thermaux et de thalassothérapie, et les centres de loisirs.

Le nettoyage et la désinfection régulière de ces systèmes constituent la meilleure prévention contre la contamination par les bactéries du groupe des légionelles.

Au domicile, le respect des mesures d’hygiène est également une mesure préventive : le nettoyage et la désinfection des pommes de douche, des baignoires et des humidificateurs diminuent le risque de prolifération des bactéries.

Mon conseil de médecin généraliste : Pourquoi fumer augmente-t-il les risques de complication ?

"Un système respiratoire sain sera toujours plus résistant aux infections bactériennes, c’est pourquoi le sevrage tabagique constitue une mesure préventive de toutes les infections pulmonaires."

Photo : fumer accroît les risques de complications en cas de légionellose

Photo : fumer accroît les risques de complications en cas de légionellose

Sites d’informations et associations

Des sites d’information sur la légionellose peuvent être consultés sur internet. Il s’agit :

  • du site santé du Ministère des Affaires sociales et de la Santé : www.sante.gouv.fr

Sources

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/legionellose

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/legionellose/documents/article/bilan-des-cas-de-legionellose-survenus-en-france-en-2016

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/legionellose_fiche_1_hcsp-2.pdf