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La pollution atmosphérique représente un fléau aux répercussions humaines, environnementales et économiques dramatiques. De plus en plus d’études et rapports d’organismes internationaux, comme l’Organisation mondiale de la Santé, rendent compte du lourd tribut sanitaire payé par la population globale, lié à cet air vicié que nous respirons. Affections respiratoires, maladies cardiovasculaires, cancers, démence, glaucome… Le constat est sans appel : la pollution atmosphérique, classée cancérogène pour l’homme, empoisonne la santé de la population globale, et consume encore plus celle des plus fragiles (femmes enceintes, nourrissants et enfants, personnes avec des pathologies cardiaques ou respiratoires, diabétiques etc).

48 000 décès prématurés en France liés à la pollution atmosphérique

En France, le coût en vies humaines de la pollution de l’air extérieur est documenté : il cause 40 000 décès prématurés par an selon Santé publique France, ce qui représente 9 % de la mortalité dans l’Hexagone. Et 30 % des Français sont atteints d’une allergie respiratoire liée à ce fléau.
Autre chiffre qui fait froid dans le dos : on estime qu’à l’âge de 30 ans, la pollution extérieure a déjà grignoté plus de deux ans d’espérance de vie.

Pollution extérieure : des méfaits connus sur la santé

La somme des publications scientifiques réalisées sur ce sujet hautement inflammable témoigne de l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé à court et à long terme : elle augmenterait l’incidence des maladies respiratoires comme des cas d’asthme, de bronchites chroniques, de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive). A long terme, respirer un air extérieur pollué est également toxique pour le cœur en augmentant le risque d’insuffisance cardiaque, d’infarctus du myocarde, d’hypertension artérielle, d’athérosclérose et d’Accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Mais il semblerait également que sur une courte durée aussi, inhaler les polluants qui chargent l’atmosphère affectent notre santé.

Pollution de l’air : des dégâts même après une courte exposition

Les conclusions d’une nouvelle étude vont dans le sens de cette hypothèse : selon une vaste étude parue le 27 septembre 2023 dans la revue Neurology, cinq jours d’exposition à la pollution atmosphérique suffiraient à augmenter le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC).

Des travaux antérieurs avaient déjà établi un lien entre l'exposition à long terme à la pollution atmosphérique et un risque d’AVC. C’est en revanche la première fois que cette association est clairement mise en évidence sur une courte durée.

"Pour notre étude, au lieu d'examiner des semaines ou des mois d'exposition, nous avons examiné seulement cinq jours et nous avons trouvé un lien entre l'exposition à court terme à la pollution de l'air et un risque accru d'accident vasculaire cérébral", résume le docteur Ahmad Toubasi, de l'université de Jordanie à Amman, dans un communiqué.

Les principaux polluants dans le viseur des chercheurs

Cette méta-analyse a analysé 110 études réalisées dans des pays à revenu élevé, portant sur plus de 18 millions de cas d'accidents vasculaires cérébraux.

Les chercheurs ont examiné différents polluants tels que le dioxyde d'azote, l’ozone, le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre. Différentes tailles de particules ont également été passées au peigne fin, telles que les PM1, des particules en suspension dans l’air au diamètre inférieur à 1 microns mais aussi les PM10 (au diamètre inférieur à 10 microns), issues des routes et des chantiers de construction, qui pénètrent facilement les voies respiratoires.

Les particules fines, les PM2,5 au diamètre inférieur à 2,5 microns étaient également au coeur des investigations. Ces particules qui émanent des pots d’échappement, de combustibles des centrales électriques, des activités industrielles et des feux de forêt et d'herbe sont régulièrement incriminées car elles sont capables de passer la barrière pulmonaire et de menacer les organes comme le cerveau et le cœur.

Dioxyde d’azote : un risque accru d’AVC de 28%

Il est apparu que les personnes exposées à une concentration plus élevée de différents types de polluants présentaient un risque accru d'accident vasculaire cérébral. Dans le détail : des concentrations plus élevées de dioxyde d'azote étaient liées à une hausse de 28 % du risque d'AVC ; des niveaux d'ozone plus élevés étaient liés à une élévation du risque d’AVC de 5 % ; le monoxyde de carbone à une augmentation de 26 % ; dioxyde de soufre à une augmentation de 15 %.

Côté particules, une concentration plus élevée de PM1 était liée à un risque accru d'AVC de 9 %, les PM2,5 de 15 % et les PM10 de 14 %.

Pollution atmosphérique : un risque accru de décès par AVC

Autre enseignement de l’étude, les niveaux élevés de pollution atmosphérique étaient liés à un risque plus élevé de décès par AVC, soit : un risque accru de 33 % de décès par AVC avec une concentration élevée de dioxyde d'azote, un risque accru de 60 % pour le dioxyde de soufre, de 9 % pour les PM2,5 et de 2 % pour les PM10.

Pour les chercheurs, l’information la plus préoccupante dans cette somme de données réside dans cette association "forte et significative" entre la pollution de l'air et "la survenue d'un AVC et d’un décès par AVC dans les cinq jours suivant l'exposition", estime Ahmad Toubasi. Pour le chercheur, cela confirme une fois de plus l’urgence de déployer des mesures à l’échelle mondiale à la hauteur des enjeux de santé publique pour s’attaquer à cette pollution atmosphérique. "Cela pourrait réduire le nombre d'accidents vasculaires cérébraux et leurs conséquences", plaide le chercheur.

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