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On les appelle “médecines alternatives”, “médecines douces” ou “pratiques de soins non conventionnelles” (PSNC), en opposition aux traitements dont l’efficacité a été prouvée par des essais cliniques. L’homéopathie, l'ostéopathie, l’acupuncture, la "médecine chinoise' ou la chiropraxie ont la cote chez les Français. D’après l’institut d’enquêtes statistiques Statista, près de 20% de nos compatriotes préfèrent ces médecines dites “naturelles”.

Les “médecines alternatives” n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques

L’Hexagone n’est pas la seule à se montrer charmée par ces pratiques : toujours selon Statista, le Vietnam, la Turquie, la Chine, les États-Unis, le Brésil ou le Royaume-Uni sont de plus en plus attirés par ces méthodes non conventionnelles. “La connaissance de ces différentes pratiques est encore incomplète, voire insuffisante. Les patients doivent donc être informés de l’utilité possible de certaines pratiques proposées à titre complémentaire de la médecine conventionnelle, mais également mis en garde contre le risque de perte de chance lié à certaines d’entre elles”, prévient toutefois le ministère de la Santé.

Qui précise : “Dans la très grande majorité des cas, les PSNC n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques montrant leurs modalités d’action, leurs effets, leur efficacité, ainsi que leur non dangerosité. Lorsqu’elles sont utilisées pour traiter des maladies graves ou en urgence à la place des traitements conventionnels reconnus, elles peuvent donc faire perdre des chances d’amélioration ou de guérison aux personnes malades.”

“Médecines alternatives” : plus de 40% des Canadiens ont essayé

Des chercheurs canadiens ont donc publié une étude le 21 septembre 2023 dans la revue PLOS One afin d’analyser les tendances comportementales des personnes adeptes de ces “médecines alternatives”. Ils se sont ainsi intéressés aux thérapies “douces” qui présentent davantage de risques que de bénéfices pour la santé. Leur analyse montre que plus de 40% des Canadiens ont utilisé au moins un traitement non conventionnel, cela avec des risques potentiels pour leur santé, au cours des 12 derniers mois.

Par ailleurs, les chercheurs ont découvert que ces personnes sont généralement plus aisées, qu’elles aiment la nouveauté et la prise de risque, et qu’elles ont davantage tendance à ne pas faire confiance à la médecine conventionnelle. Pour cette étude, les scientifiques ont recruté 1492 Canadiens âgés de 16 ans et plus.

Chiropraxie et “herbes médicinales” : le vent en poupe

Les chercheurs ont ainsi découvert que les "thérapies alternatives" les plus populaires chez ces personnes sont les manipulations de chiropraxie (68% des sondés) et l’auto-médication avec des herbes ou des compléments alimentaires, potentiellement toxiques (55% des sondés). Plus inquiétant encore : au moins un volontaire sur 10 a déjà essayé un "traitement" invasif et potentiellement dangereux, comme des injections intraveineuses.

L’équipe de chercheurs a également utilisé plusieurs outils psychométriques afin de prédire la probabilité d’engagement dans des méthodes à risque chez ces personnes. L’équipe a ainsi réalisé que les personnes les plus confiantes envers la science sont moins susceptibles de tester des “médecines alternatives” que celles qui ont une attitude négative vis-à-vis des autorités scientifiques.

“Les publicités mentionnent à peine les effets secondaires”

De plus, les individus ayant davantage tendance à utiliser des “médecines douces” qui présentent des risques pour la santé seraient plus sensibles à la pression sociale, seraient plus vulnérables à la publicité, seraient plus attirés par la nouveauté et seraient plus tolérants à la prise de risque.

“Cette étude fournit des éléments essentiels pour comprendre le rôle joué par la publicité et le marketing sur les réseaux sociaux dans la promotion des soins alternatifs. Ce type de marketing est moins régulé et ces publicités peuvent être très persuasives. Elles se servent souvent de modèles comme des célébrités et des influenceurs. Elles mentionnent à peine les effets secondaires, alors même qu’elles promeuvent l’idée de contrôler sa propre santé sans passer par la médecine conventionnelle”, conclut le docteur en sciences de l’information Bernie Garrett, l’un des auteurs de l’étude.

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