Infection urinaire chez l’enfant

Infection urinaire chez l’enfant : Définition

C’est la présence d’un microbe, généralement une bactérie dans une partie ou la totalité des voies urinaires, c’est à dire rein, uretères [1], vessie et urètre [2].

Lorsque la bactérie se trouve seulement dans la vessie, on parle de cystite. Lorsque la bactérie remonte jusqu’au rein, on parle de pyélonéphrite.

L’infection urinaire chez l’enfant n’est pas rare : 5% des fièvres chez le petit enfant sont dues à une infection urinaire (3 filles pour 1 garçon).

[1] canal qui va du rein à la vessie. Il y en a un par rein. La vessie reçoit donc deux uretères, un droit et un gauche.

[2] canal qui va de la vessie jusqu’à l’extérieur. Il est court chez la femme puisqu’il sort à la vulve. Il est long chez l’homme.

Infection urinaire chez l’enfant : Causes

A l’origine, il y a toujours une contamination bactérienne des urines à partir de l’extérieur (germes provenant en général des selles).

L’urètre étant plus court chez la fille que chez le garçon, les cystites sont plus fréquentes chez les filles (en effet l’endroit par où sortent les urines et celui où sortent les selles sont très proches, les germes peuvent diffuser).

Toute situation qui empêche l’urine de couler normalement du rein vers la vessie augmente le risque d’infection.

Ainsi, une malformation à l’arrivée de l’uretère dans la vessie entraîne une remontée de l’urine vers le rein et peut provoquer une pyélonéphrite.

Cette malformation, appelée reflux vésico-rénal, est généralement opérée lorsque l’infection est guérie.

Infection urinaire chez l’enfant : Symptomes

D’une façon générale, la cystite ne donne jamais de fièvre, juste des brûlures urinaires (les petits enfants ne peuvent pas l’exprimer).

La pyélonéphrite donne une fièvre élevée. Les autres signes dépendront de l’âge de l’enfant :

- Chez le nouveau né : un teint jaune ou grisâtre, des vomissements inexpliqués, un refus de s’alimenter, un enfant mou ou au contraire une agitation permanente doivent attirer l’attention.

- Chez le nourrisson : c’est plutôt une fièvre inexpliquée, plus ou moins accompagnée de vomissements, de diarrhée ou d’une stagnation du poids.

- Chez l’enfant plus grand (5 ans et plus) : le tableau est plus évocateur puisqu’il sait dire qu’il a mal, qu’il a des démangeaisons ou des brûlures en faisant pipi.

L’apparition d’une fièvre importante et d’une douleur dans les reins évoquent une pyélonéphrite.

Maladies dont les symptômes sont proches ?

Chez l’enfant, une fièvre élevée sans aucun autre signe (rhume, toux...) doit faire penser à une infection urinaire.

Chez la petite fille, une vulvite peut donner un tableau de brûlures en faisant pipi avec démangeaisons.

Infection urinaire chez l’enfant : Prévention

L’urine doit toujours être stérile, c’est à dire sans microbe.

Il faut donc éviter l’entrée des microbes par l’urètre.

Pour cela, une bonne hygiène est indispensable : ne pas utiliser le même papier hygiénique pour les selles et les urines. Chez une fille, essuyer de l’avant vers l’arrière.

Ne pas porter de pantalon ou sous vêtement trop serré, boire beaucoup et éviter la constipation.

Il faut savoir aussi que chez le garçon, un prépuce mal nettoyé est un risque d’infection (la circoncision diminue ce risque). Il faut décalotter le gland du petit garçon lors du bain.

Infection urinaire chez l’enfant : Examens

Le diagnostic d’infection urinaire est facile.

Une bandelette trempée dans les urines peut déceler des globules blancs altérés (synonyme de lutte contre des microbes) et des nitrites (produites par certaines bactéries).

La preuve est faite par l’examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) qui permet d’identifier le germe (dans les 48h).

Il permet aussi d’établir un antibiogramme (liste des antibiotiques spécifiquement actifs contre ce même germe) et de rechercher des protéines et des cellules rénales en quantité élevée pouvant témoigner d’une infection du rein.

Un prélèvement sanguin peut être nécessaire quand on suspecte une pyélonéphrite (présence de protéines de l’inflammation, globule blanc très nombreux, etc.).

Il n’en faut pas plus pour débuter le traitement antibiotique. Par la suite, après une première pyélonéphrite, d’autres examens de radiologie sont souvent réalisés afin de rechercher une cause.

Après le diagnostic, on recherchera d’éventuelles malformations des voies urinaires qui pourraient expliquer l’infection par une échographie du rein et de la vessie.

On réalisera aussi (surtout chez le garçon) une cystographie rétrograde pour rechercher un reflux.

Infection urinaire chez l’enfant : Traitements

En cas de cystite, un traitement par antibiotique pendant 3 à 7 jours est proposé.

Lorsque l’on soupçonne une pyélonéphrite, l’enfant est généralement hospitalisé, ce qui permet de faire les examens nécessaires et de démarrer un traitement antibiotique par voie veineuse.

Assez souvent, deux antibiotiques différents sont nécessaires en même temps.

Au bout de quelques jours, le traitement est donné par la bouche (en sirop ou comprimés) et dès que tout va bien l’enfant rentre à la maison avec son traitement.

Que devez-vous faire ?

Il faut insister sur la bonne hygiène locale :

- changer fréquemment les couches,

- nettoyer les fesses d’un bébé toujours en partant de l’avant vers l’arrière, jamais inversement (il s’agit d’éviter de ramener des germes de la région anale vers le méat urinaire),

- ne pas utiliser le même papier hygiénique pour les selles et les urines,

- apprendre à une fille à s’essuyer de l’avant vers l’arrière,

- ne pas porter de pantalon ou sous vêtement trop serré.

Au cours du bain, n’hésitez pas à décalotter le pénis pour mieux nettoyer le gland. Il faut apprendre ce geste essentiel à l’enfant qui, plus tard devra le refaire tout seul.

Août 2006

Pour en savoir plus : fiche sur les infections urinaires de l’enfant dans un site médical universitaire (Rennes)

Infection urinaire chez l’enfant : Evolution

Bien soignées, cystites et pyélonéphrites guérissent sans laisser de trace.

Mais une cystite non soignée peut devenir une pyélonéphrite. Et une pyélonéphrite aiguë non soignée peut abîmer le rein.

Publicité

Publicité

Ailleurs sur le Web

Publicité