Alimentation : elle protège la santé de vos petits-enfantsAdobe Stock
Sommaire

On le sait : ce que mange une femme pendant sa grosesse influence la santé de son enfant à naître. Ce que l’on ne savait pas jusqu’à présent et que viennent de découvrir des chercheurs de Université Monash de Melbourne, c’est que l’alimentation d’une femme pendant la grossesse pourrait également avoir un impact sur la santé de ses petits-enfants. Plus précisément, les femmes qui mangent régulièrement des pommes et des herbes au début de leur grossesse pourraient protéger la santé cérébrale de leurs enfants et de leurs futurs petits-enfants. Cette étude a été publiée le 3 août 2023 dans la revue Nature Cell Biology.

Pommes et herbes de Provence : bonnes pour le cerveau

Pour cette étude, les chercheurs australiens ont utilisé un type de ver, l’ascaride, connu aussi sous le nom de Caenorhabditis elegans, comme modèle génétique. Et pour cause : on retrouve beaucoup des gènes de ce ver chez l’humain. Étudier ce ver permet donc d’analyser les cellules humaines. Les auteurs de l’étude publiée dans Nature Cell Biology ont ainsi découvert qu’une molécule présente dans les pommes et dans certaines herbes et plantes (le basilic, le romarin, le thym, l’origan et la sauge) aident à diminuer le nombre de ruptures de fibres de communication nécessaires au bon fonctionnement du cerveau.

Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont analysé comment les neurones se connectent et communiquent les uns avec les autres via un réseau de fibres mesurant plus de 850 000 kilomètres. Ces fibres sont appelées axones. “Quand les neurones reçoivent ou envoient des messages, ils transmettent des impulsions électriques le long de l'axone”, explique la Fédération pour la recherche sur le cerveau. Pour que les axones puissent fonctionner et survivre, ils ont besoin que certains matériaux essentiels soient transportés le long d’une structure interne qui contient des microtubules.

Protéger le cerveau avec des produits naturels

Note : “les microtubules sont des assemblages dynamiques des cellules eucaryotes remplissant des fonctions vitales, par exemple dans la division cellulaire”, indique le CNRS. Quant aux cellules eucaryotes, elles font partie des deux grands types d’organismes cellulaires, procaryotes et eucaryotes. “Les procaryotes sont identifiés aux bactéries : la plupart vivent comme des organismes monocellulaires mais certaines bactéries s’associent en chaînette. Les procaryotes ont leur ADN dans le cytoplasme de la cellule. Les eucaryotes possèdent un noyau, compartiment séparé du reste du contenu cellulaire, qui contient l’ADN”, précise le site spécialisé Cours Pharmacie.

Comme l’explique l’auteur principal de l’étude, le professeur de biomédecine Roger Pocock, un mauvais fonctionnement fragilisant les axones entraîne une dysfonction cérébrale et une neurodégénération. Avec son équipe, il a utilisé un modèle génétique dont les axones sont fragiles et qui se brisent à mesure que le ver vieillit. “Nous avons tenté de comprendre si des produits naturels qu’on trouve dans l’alimentation pouvaient stabiliser ces axones et empêcher leur rupture”, développe le professeur Pocock.

Acide ursolique : la clé pour une meilleure santé cérébrale ?

L’équipe de chercheurs a donc identifié une molécule présente dans les pommes et certaines plantes et herbes, l’acide ursolique, qui réduit la fragilité des axones. Les scientifiques ont découvert que cet acide produit un certain type de graisse - les sphingolipides - qui protège les axones de la fragilité liée à l’âge et garantit de ce fait une meilleure santé globale. Les sphingolipides, d’après le professeur Pocok, voyagent des intestins de la mère à ses ovocytes, afin de protéger les axones de la future génération. Ces résultats doivent cependant être confirmés chez les humains.

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.