Rhizarthrose : définition, symptômes, causes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteUne douleur profonde à la base du pouce vous gâche le quotidien ? C’est peut-être une rhizarthrose ou arthrose du pouce. Cette affection devient fréquente dans nos sociétés modernes notamment en raison d’une utilisation effrénée des téléphones portables. Qui et quand consulter ? À quel traitement s’attendre ? Explications avec le Dr Jérémy Maillet, rhumatologue.
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Définition : qu’est-ce que la rhizarthrose ?

La rhizarthrose aussi appelée arthrose trapézo-métacarpienne est une forme d’arthrose touchant la base du pouce. Elle se caractérise par une destruction du cartilage entre l’os du poignet (trapèze) et l’os du pouce (premier métacarpien). "Elle peut être unilatérale précominante sur la main dominante ou bilatérale en fonction de son origine. Elle entraîne une douleur et une perte de mobilité", selon le Docteur Jérémy Maillet, rhumatologue.

Pour rappel, l’arthrose est une atteinte articulaire qui se caractérise par une dégénérescence du cartilage. Elle n’a pas de cause infectieuse ou inflammatoire, mais résulte le plus souvent de l’usure des cartilages liée à l’âge ou à leur sollicitation excessive. Toutefois, d’autres facteurs de risques sont en cause.

Quelle est la fréquence de cette arthrose du pouce ?

L’arthrose est une maladie fréquente, touchant 3% des moins de 45 ans, 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans (1). La rhizarthrose est la seconde localisation de la maladie arthrosique (2) derrière l’arthrose de la colonne vertébrale (1). Elle est plus fréquente chez la femme après 40 ans (2).

Quels sont les symptômes de la rhizarthrose ?  

Les symptômes de la rhizarthrose sont :

  • la douleur à la base du pouce : elle est le principal et premier symptôme de la rhizarthrose. Elle est d’intensité variable pouvant aller de la simple gêne à une douleur intense. Elle est généralement profonde et aggravée par des gestes qui requièrent force, précision et qui sollicitent la pince « pouce/index » : écrire, ouvrir un pot, tourner une clé… Elle peut persister au repos et même apparaître la nuit ;
  • une perte de mobilité : elle est progressive. La personne atteinte réalise de plus en plus difficilement les gestes du quotidien. Certains professionnels ne peuvent plus travailler. À un stade plus avancé, l’espace entre le pouce et l’index se rétrécit et la pince paralysée n’est plus fonctionnelle : le patient ne peut plus saisir fermement les objets ;
  • dans des cas graves une tuméfaction peut apparaître à la base du pouce : "elle témoigne d’une luxation de l’articulation et de la reconstitution osseuse réactionelle (ostéophyte)", selon le praticien. 

Quelles sont les causes de la rhizarthrose ?

L’articulation trapézo-métacarpienne permet le mouvement du pouce et sa faculté de pince avec les autres doigts. Elle est formée par l’os du trapèze qui est un petit os du poignet et par un des os du pouce appelé métacarpe. Le cartilage qui sépare ces deux os facilite la mobilité du pouce en permettant le glissement de ces os l’un contre l’autre. La rhizarthrose est liée à une destruction du cartilage qui réduit la mobilité du pouce et provoque une douleur articulaire profonde. La cause de la maladie reste mystérieuse et les facteurs de risque sont nombreux.

Image : radiographie d'un cartilage touché par la rhizarthrose 

 Quelles sont les causes de la rhizarthrose ?© Creative Commons

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Quels sont les facteurs de risque de l'arthrose trapézo-métacarpienne ?

Les facteurs de risques de la rhizarthrose sont :

  • dégénératifs : elle débute généralement avec l’âge comme tous les types d’arthrose ;
  • mécaniques : une sollicitation excessive de cette articulation est en cause notamment chez les sujets pratiquant une profession est à risque ( radiologue, pianiste, écrivain, dessinateur, sportif …) ou manipulant exagérément leur smartphone ou la manette de jeux vidéo;
  • constitutionnels : une hyperlaxité;
  • génétiques : une rhizarthrose familiale;
  • hormonaux : la rhizarthrose intervient le plus souvent chez la femme ménopausée.
  • Traumatique : séquelles d'entorse, luxation ou fracture...

Quelles sont les personnes à risques ?

La rhizarthrose touche le plus souvent :

  • les femmes après 40 ans ;
  • les personnes âgées ;
  • les personnes utilisant excessivement leur smartphone ou la manette de jeux vidéo ;
  • les personnes pratiquant une profession ou un sport à risque (tel que le judo) ;
  • les personnes ayant des antécédents familiaux ou une hyperlaxité constitutionnelle.

Quelle est la durée de la rhizarthrose ?

Sans intervention chirurgicale, la rhizarthrose est une maladie chronique irréversible.

La rhizarthrose est-elle contagieuse ?

La rhizarthrose n’est pas une maladie contagieuse.

Quelles sont les complications de la rhizarthrose ?

Au bout d’environ 10 ans d’évolution, le pouce se déforme « en zig zag » ou pouce « en forme de Z ». Ce signe clinique révèle une hyperextension de l’articulation métacarpo-phalangienne. "À ce stade on constate une diminution nette de la douleur aux dépens d'une limitation fonctionnelle du pouce", souligne le rhumatologue. 

Qui, quand consulter ?

En cas de douleurs récurrentes à la base du pouce, il est recommandé de consulter un médecin ou directement un rhumatologue.

Quels sont les examens et analyses de la rhizarthrose ?

  • L’examen clinique  peut se suffire à lui-même. Le médecin peut pratiquer le « grinding test » qui oriente vers le diagnostic : la pression sur le pouce exacerbe la douleur. 
  • Les examens radiographiques permettent de confirmer le diagnostic et à évaluer le stade de la rhizarthrose.
  • Une échographie  permet de visualiser un éventuel, mais rare épanchement dans l’articulation ou à réaliser une ponction en cas de doute de diagnostique et de suspicion d'origine septique des symptômes. 

Quels sont les traitements de la rhizathrose ? 

Les traitements locaux :

  • le port d’orthèses thermoformées  :" outre leur fonction antalgique, les orthèses permettent d'immobiliser le pouce axé et d'éviter la perte de la pince pouce-index", selon le Docteur Jérémy Maillet. 
  • des exercices d'ergothérapie avec des exercices faisant travailler la dextérité ; 
  • la confection d'aides techniques pour faciliter l'ouverture d'une porte, d'un pot ou d'une bouteille...
  • les anti-inflammatoires topiques d’application locale ;
  • l’électrothérapie et les ultra-sons à visée antalgique ;
  • Les traitements médicamenteux : les antalgiques, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, les corticoïdes ;
  • Les infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique : "qui combinées permettent d'apporter une antalgie aux patients pendant plusieurs mois", selon le spécialiste. 

"Si ces traitements restent inefficaces ou ont une durée d'action trop limitée, la chirurgie est généralement pratiquée", ajoute l'expert. 

Le traitement chirurgical :

  • la trapezectomie-métacarpienne consiste à enlever le petit os du trapèze atteint. On pratique généralement la ligamentoplastie afin de stabiliser le pouce dont le ligament a été détruit en utilisant un ligament voisin proche. Il faut compter 4 à 6 mois de récupération. "Une perte de force et la luxation de la prothèse sont des séquelles possibles", prévient le Docteur Maillet ;
  • les prothèses en métal et polyéthylène : elles ressemblent à des mini-prothèses de hanche. Leur fixation peut se faire naturellement par reconstitution de l’os avec du ciment.

Comment prévenir la rhizarthrose ?

  • éviter de trop solliciter la pince « pouce/index » ;
  • avoir un téléphone de la taille de sa main ;
  • ne pas utiliser son téléphone ou les manettes de jeux vidéo toujours de la même main ;
  • laisser les doigts au repos ;
  • pratiquer une activité physique régulière.

Comment puis-je retarder la progression de la rhizarthrose ?

Réponse du Docteur Jérémy Maillet : 

" Il faut éviter la désaxation en portant des attelles de repos nocturnes. Il existe aussi des traitements qui peuvent avoir un interêt préventif comme les injections de plasma riche en plaquettes (PRP). Certains produits naturels comme le curcuma aident à ralentir la progression de la maladie."

Sites d'informations et associations

AFLAR (Association française de lutte anti-rhumatismale)

Stop arthrose  

Source(s):

Remerciements au docteur Jérémy Maillet, rhumatologue pour ses corrections ;

Rhizarthrose, institut français de la main ;

Atout santé, rhizarthrose

(1)   Arthrose, inserm ;

(2)   La Rhizathrose, service de chirurgie de la main et du membre supérieur, la Clinique La Châtaigneraie, Clermont-Ferrand.